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APR : les raisons d’une pagaille incurable


Rédigé par DakarFlash.com, le Lundi 15 Août 2016 || 61 Partages

Un fait s’impose et on ne peut rien contre les faits : le problème de l’APR est d’abord Macky Sall lui-même. Il la gère selon des rumeurs et des humeurs, avec un unilatéralisme qui engendre de silencieuses frustrations ou alimente de subtiles rebellions.

Il n’est pas disposé à une structuration démocratique du parti, manifestant une volonté d’y demeurer, comme le fut Wade avec le PDS, la seule constante.

Or, un parti sans structures organiques, qui ne tient pas de rencontres statutaires, ressemble plus à un ‘’Mbotay’’ où les batailles de légitimité sont inévitables qu’à un instrument de conquête et de conservation du pouvoir.

Macky est pris en otage par des proches influents même s’il clame être libre de ses actes et décisions. Il est mal informé sur le parti. Il ne découvre la pagaille qui y règne que dans la presse.

Il peine toujours à y instituer la discipline et la cohésion car le parti vit un désordre génétique en raison de sa nature sauce gombo.

Tout y est : libéraux, socialistes, satrapes, jocrisses, condottieri, trotskystes, néophytes, maoïstes, et militants congénitaux de pouvoir et rien que de pouvoir.

La pagaille y est donc incurable. Pire, l’APR vit l’illusion d’une puissance électorale. Ses militants et ses responsables ignorent ses limites et ses faiblesses. Malgré le décaissement régulier d’immenses fortunes de mobilisations, elle peine à s’imposer et les batailles pour le contrôle de prébende y fait rage.

Les tances et les remontrances ne peuvent y imposer ni une harmonisation des actions, ni une union des acteurs. C’est impossible.

Les responsables APR n’ont pas de magnétisme. Ils manquent de halo politique et certains parmi eux se singularisent par une suffisance, une arrogance et une condescendance qui ne rendent pas le parti attractif. Et ces responsables ont presque tous cheminé avec le PS, puis avec le PDS, avec des intervalles dans d’autres partis pour certains. Ils ne croient donc qu’au pouvoir et à l’avoir. C’est une calamité.

Les pionniers, les nouveaux adhérents et les transhumants ont oublié que l’électorat a voté Macky au 2nd tour en 2012 pour son statut d’alors de victime d’une injustice. Mais, ils ne sont pas enchantés par l’APR qui se voit obligée de passer par une coalition pour gouverner.

La ruée de certains vers le parti, la transhumance et l’émergence de routiers du jeu politique ne s’expliquent que par la détention du pouvoir par Macky Sall. Les responsables ne militent que pour l’accès à une sinécure à conserver et non pour la défense honnête et sincère d’un idéal absolu.

Aucun parmi eux ne croit en Macky Sall pour voir en lui un traceur de destin. C’est encore un problème de l’APR car tous le prennent pour le simple détenteur du pouvoir dont ils épient une généreuse attention. Ils croient seulement au pouvoir qu’il détient et aux opportunités qu’offre un militantisme énergique qui rend visible.

Les regards sont uniquement posés sur les enjeux électoraux avec les investitures qui permettent d’être élu et non sur ce que doit être le Sénégal d’ici 2019. C’est une des plaies du parti.

Déjà pour le HCCT, la guerre est piteuse. Dans la perspective d’un remaniement, chacun fomente une combine pour être maintenu ou être nommé.

Pour les Législatives, le tiraillement est déjà atroce. Chacun surveille chacun et contrôle tout le monde. Et «  tuer ou être tué » y est la seule règle militante, imposant, en conséquence, une pagaille congénitale naturellement incurable.

REWMI


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