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Accusé par son père pour violence à ascendant, sa mère prend sa défense


Rédigé par DakarFlash.com, le Lundi 8 Août 2016 || 652 Partages

Ass Malick Bâ va bientôt boucler un séjour de 2 mois à la citadelle du silence de Saint-Louis. Il y a atterri à la suite d’une plainte, portant violence à ascendant, déposée par son propre père. Son procès, tenu hier au tribunal de grande instance, a servi de cadre à un «règlement de comptes» entre le plaignant et son épouse qui a pris la défense de leur fils qui risque 2 ans de prison.

Le tribunal de grande instance de Saint-Louis a accueilli hier devant sa barre des hôtes assez singuliers. Il s’agit d’un père de famille, son épouse et leur fils, poursuivi par son pater du délit de violence à ascendant. Entre son époux et son fils, l’épouse n’a pas hésité. Elle a choisi de défendre son enfant. La mère protectrice ne s’est pas limitée à se faire avocate de son garçon aux dépens de son mari, Madame Dia a aussi étalé les défauts de son époux et même exhumé le linge sale déjà lavé en famille, il y a bien des lustres.
«Mon mari, fort de son sale caractère, n’avait pas hésité à jeter à la rue une de nos filles qui était en état de grossesse avancé… Il crée tout le temps des problèmes dans la maison», a martelé la dame. Poursuivant son déballage, elle va même jusqu’à douter de l’équilibre psychique de son mari, avec qui elle a partagé une bonne partie de sa vie. A l’opposé, elle a dépeint son fils, Ass Malick Bâ, exempt de tout reproche. Mieux, elle trouve même des justifications aux dérives de celui-ci qui lui ont valu, dans un passé relativement récent, deux condamnations à des peines de 3 mois et 15 jours, pour détention de chanvre. «On l’a accusé à tort…», a-t-elle dit au tribunal. Et c’est d’ailleurs la drogue qui a été la pomme de discorde entre le père et le fils. Abou Bâ ne voulait plus que sa maison soit un lieu de trafic du chanvre. Cela n’a pas plu à Ass qui s’en est pris à son père. A la barre, Abou Bâ (70 ans) tenait sur deux béquilles.

Le père réplique et enfonce le clou
Le cœur meurtri par le comportement désobligeant de son enfant envers lui, Abou Bâ livre sa part de vérité. «Je lui ai demandé de ne plus vendre du chanvre chez moi. Après cette remarque, il m’a asséné un coup et je me suis retrouvé à terre», a expliqué le père qui s’est retrouvé avec des blessures qui lui ont occasionné 7 et 60 jours d’Incapacité temporaire de travail (Itt). Des accusations rejetées en bloc par le prévenu. «C’est mon père, je ne peux pas le contredire, mais je ne l’ai pas frappé», a confié Ass Malick Bâ. Sa maman abonde dans le même sens : «Il n’y a jamais eu affrontement entre les deux. C’est Abou Bâ qui s’est blessé tout seul, en se laissant tomber.» Défendant son rejeton, la dame Dia explique : «A plusieurs reprises, il a eu à dénoncer son enfant aux forces de l’ordre. Je ne pouvais plus supporter les menaces, les attaques physiques. Il fallait que je mette fin à cela.»

Pour le parquet, rien ne prouve qu’Ass Malick, écroué depuis le 11 mai dernier, a proféré des menaces de mort à son père. Concluant son réquisitoire, le parquet a requis 2 ans ferme. L’affaire a été mise en délibéré par le tribunal de grande instance qui statuait hier en matière correctionnelle.

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