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Affaire Aicha Diallo – L’hôpital public, ce grand malade


Rédigé par DakarFlash.com, le Vendredi 27 Octobre 2017 || 137 partages || 0 commentaires

 

Sur Internet, dans les gran’places, les chaumières, l’affaire Aïcha Diallo (12ans), décédée dans des circonstances sombres, à l’hôpital de Pikine, a fait pleurer. Les cœurs ont saigné de peine quand les témoignages de sa maman ont inondé les médias. Puis la réplique des professionnels de la santé de Pikine ne s’est pas fait attendre. Mais une chose est sûre dans ce corps-à-cri de gens qui hurlent à la négligence et d’autres qui disent le contraire : Aïcha Diallo s’en est allée à jamais. Mais au delà de l’émotion que cette affaire charrie, du dégoût que ça peut susciter parfois, «L’Obs» fait un diagnostic des maux du système de santé au Sénégal. Sans s’arrêter sur le sempiternel problème lié à la prise en charge dans les urgences. L’on s’est intéressé aux goulots d’étranglement qui empêchent le système dans les hôpitaux de fonctionner convenablement. Syndicalistes, professionnels du secteur …se sont penchés sur le patient. Puis la parole a été donnée à Safiatou Thiam (voir ailleurs), l’ancien ministre de la Santé et de la prévention sociale (sept2007-avril2009).

 

Aïcha Diallo, fine fleur de l’innocence, est décédée dans des conditions tragiques, victime, selon sa mère, d’une mauvaise prise en charge à l’hôpital de Pikine. Ce que réfute l’hôpital de la banlieue dakaroise. Une vie perdue, une jeunesse brisée. Aïcha, l’insouciance incarnée, a voulu vivre. Elle qui était pleine de vie, répétait à l’envi à sa mère qu’elle ne pouvait mourir, qu’elle ne voulait mourir. Malheureusement, elle a rendu l’âme dans des conditions douteuses. Depuis, sur sa tombe fraîche, s’amoncellent les cris d’orfraie et d’indignation contre les hôpitaux et les blouses blanches accusées de négligence coupable, de légèreté fautive…Aïcha Diallo, énième victime de l’hôpital malade de son service et de ses Hommes. Au delà de ce cas qui a ému l’opinion et qui charrie la tristesse d’une famille meurtrie par le décès brutal d’une jeune fille qui ne demandait qu’à vivre et qui est passée de vie à trépas, à cause d’une bêtise humaine, ou presque, le Sénégal se regarde dans le miroir et se rend compte qu’il est malade de sa santé. Un grand corps malade qu’il traîne. Et du coup, son système est loin d’être immunisé contre les microbes et mouches qui bourdonnent bruyamment autour de son chevet. Pour cause, les goulots d’étranglement qui étouffent le système de santé ne sont en rien rédhibitoires. Sédhiou et Matam réclament en vain un pédiatre. Sur l’axe Sédhiou, Ziguinchor et Kolda, il n’y a pas l’ombre d’un neurochirurgien. Dans certaines régions du Sénégal, nombre de spécialistes se font encore désirer. Les médecins chefs de région qui ont fait face dernièrement, au ministre de la Santé, Abdoulaye Diouf Sarr, ont regretté n’avoir aucune maîtrise sur la gestion du personnel. Les affectations et réaffectations étant confinées au niveau central. Docteur Mouhamed Lamine Ly, blouse blanche, stéthoscope autour du cou, fait un diagnostic sans complaisance de l’état fébrile du patient. «Les autorités sanitaires sénégalaises, suivant en cela l’orientation générale du Gouvernement, sont adeptes du découpage administratif itératif, (par la création irréfléchie et intempestive de nouvelles régions médicales et de nouveaux districts sanitaires) et de la création de nouvelles infrastructures hospitalières onéreuses à vocation exclusivement curative. Tout cela induit un besoin accru en personnels soignants, dont le déficit est estimé par les syndicats, à près de 3 000 agents, au moment même où il y a 1 500 sages-femmes, 2 000 infirmiers et 400 médecins en chômage. Confrontés à cette pénurie de ressources humaines, certains responsables de structures sanitaires des districts se voient obligés de contractualiser, par le biais de leurs comités de santé, avec des techniciens de santé, en vue d’assurer la continuité d’un service public de qualité.»

Un gros coup dans la fourmilière qui a le mérite d’attirer l’attention des autorités sur ce mal persistant. Mais, ce n’est pas le seul symptôme détecté dans le secteur de la santé. Mballo Dia Thiam qui a blanchi sous le harnais du syndicalisme, dirige le Syndicat unique des travailleurs pour la santé (Sutsas) et égrène un chapelet de maux, les uns plus cruels que les autres. Il dit : «Il y a des problèmes de financement, de ressources humaines, d’équipements, de financements et même d’informations en direction des populations. Parce que tant que nous avons un financement holistique, systémique et inclusif, nous aurons ces problèmes-là. Il faut qu’on parvienne à disposer d’un système qui fait que les malades ne paient pas directement. Et là aussi, c’est par rapport à un dispositif d’assurances.»

De façon globale, le problème est plus grave que ça. A l’hôpital Fann, ce jour-là, M. Diagne traîne son âme en peine dans les couloirs du service de Neurologie. Cet ouvrier dans une entreprise de bâtiment, vêtu d’un boubou blanc traditionnel, a du mal à acheter l’ordonnance de son fils malade. Il dispose d’une somme modique de 3 000 FCfa et doit payer une ordonnance de 35 000 FCfa. Il ne peut faire face à cette dépense. «Je suis incapable d’acheter cette ordonnance. Là, je vais rentrer chez moi, chercher de l’argent pour revenir et pouvoir soigner mon fils», débite-t-il, pressé de retrouver son rejeton dans une salle où il est en observation. Dans ce centre hospitalier universitaire, les services sont parfois de qualité, mais des populations démunies ont du mal à faire face aux moindres dépenses. L’examen sur scanner souvent requis pour des moindres pépins liés en neurochirurgie, est de 80 000 FCfa, dans certaines cliniques et de 40 000 FCfa ou plus, dans le public, et parfois, les accompagnants de malades sont obligés de laisser tomber, parce que dans l’indigence de pouvoir honorer leur facture.

«Personne ne peut payer les soins de santé»

Dans son bureau XXL du Comité de lutte contre le Sida (Cnls), Safiatou Thiam, ancien ministre de la Santé, drapée d’une robe basin bleu, garde toute l’élégance de ses fonctions, mais la gravité dans l’analyse. «Ce qu’il faut, c’est régler le problème de santé des populations. Ici, personne ne peut payer les soins de santé. C’est difficile, c’est lourd. Quand c’est un palu, c’est facile, mais quand tu as un cancer du sein ou du col de l’utérus ou une maladie au long cours, il faut avoir un tiers payant. Quelqu’un qui paie, mais pour avoir ce quelqu’un qui paie, il faut l’organiser avant. C’est en payant une assurance, en adhérant à une mutuelle, comme la Couverture maladie universelle. Comme c’est le cas en France, il y a une couverture de base pour tout le monde, tu prends ta carte vitale et tu vas à l’hôpital, tu seras reçu. Cela règle plusieurs problèmes, parce que ça démonétarise les relations entre les patients et les gens qui sont à l’hôpital.»

A ce niveau, la Couverture maladie universelle (Cmu), l’un des programmes phares de la politique sociale du Président Macky Sall, peine à entrer dans les mœurs des Sénégalais. Pourtant, elle vise à apporter une couverture de santé aux travailleurs évoluant la plupart du temps, dans le secteur informel, sans aucune protection sociale. Seulement, trois ans après sa mise en œuvre, la Cmu a certes couvert l’ensemble du pays, mais elle n’a pas encore atteint sa vitesse de croisière et dans certains cas d’ailleurs, elle plombe certaines structures de santé ; ce que des syndicalistes de la santé ont dénoncé, à maintes reprises, pour tirer la sonnette d’alarme. Mais, il ne faut pas jeter le bébé avec l’eau du bain. Le défunt directeur général de la Cmu, Aboubaker Mbengue, a contre vents et marées, essayé de porter la bonne parole de sa structure dans les coins les plus reculés du Sénégal. «Aujourd’hui, près de 2 200 000 personnes sont dans les mutuelles. De l’autre côté, plus de 6 millions de cas d’enfants de moins de 5 ans ont été pris en charge, depuis le 1er janvier 2014. Je parle de cas, parce qu’il peut y avoir des enfants qui sont passés trois ou quatre fois. Plus de 40 000 femmes ont bénéficié de la césarienne, depuis le 1er janvier 2014 et près de 525 000 personnes du troisième âge, de gratuité du plan sésame, en plus des 600 personnes bénéficiant de la dialyse. Je rappelle que le Sénégal est le seul pays au sud du Sahara où la dialyse est gratuite», se félicitait-il. Tout de même, du chemin reste à faire, lui a déjà rempli sa part du contrat. Mais le chantier est encore vaste.

Les limites de la réforme hospitalière

Surtout que la réforme hospitalière est venue s’inviter, s’inspirant des principes du management participatif, avec pour ambition de combiner l’exigence du service public incarnée par les administrations avec l’esprit d’entreprise rattaché au service privé.

On est en 1998, la baisse continue de la qualité des services et des soins dans les centres hospitaliers inquiète l’ancien régime en place. Alors, le Gouvernement Diouf fait voter à l’Assemblée nationale, la loi portant réforme hospitalière et la loi relative à la création, à l’organisation et au fonctionnement des établissements publics de santé. 19 ans après, les Sénégalais sont unanimes à reconnaître que la réforme hospitalière n’a pas aidé à hisser la qualité des soins dans les hôpitaux. Pis, la réforme hospitalière a montré ses limites dans la prise en charge insuffisante de la Santé mentale et des Grands brûlés. Dans son livre «La Santé au Sénégal de 1960 à 2010, thérapie de choc pour un hôpital malade», le médecin-colonel Massamba Diop trouvait qu’il y a beaucoup de personnes au Sénégal qui souffrent de dépression, en particulier en milieu scolaire, à l’approche des examens de fin d’année, d’autres de bouffées délirantes ou de jeunes femmes, après les premiers accouchements, qui souffrent de psychose puerpérale qui peut se traduire par des drames, si elles ne sont prises en charge. Quid des Grands brûlés ? Rien à se mettre sous la dent. Puisque selon le colonel Massamba Diop, à ce jour, en dehors de l’hôpital Principal de Dakar, aucun hôpital n’est suffisamment outillé pour faire face à ce genre de drame. A l’occasion du Daaka de Médina de Gounass, de grands brûlés ont souffert le martyr, pour n’avoir eu des personnels qualifiés à leur disposition et du matériel adéquat…Même si l’Etat est en train d’achever un grand bâtiment pouvant abriter les Grands brûlés à l’hôpital Fann. Aïcha Diallo est partie à jamais, mais pour que sa mort ne soit vaine, le doigt doit être mis dans la plaie et aider les membres du personnel de santé à bien remplir leur mission.

MOR TALLA GAYE

Encadré

«Madame le Ministre, recrutez-moi à l’hôpital, je peux vendre des tickets»

La clientèle politique sans formation requise envahit les hôpitaux. Dans les structures de santé au Sénégal, les paiements de salaires des personnels engloutissent l’ensemble du budget. Le constat ne suffit plus. Dans le centre de santé El Hadj Abdoul Aziz Dabakh aux Parcelles, à l’Hôpital général de Grand-Yoff et dans d’autres structures hospitalières, la clientèle politique assiège les guichets et s’adonne à des tâches subalternes, à environ 80% des effectifs. L’anecdote est racontée avec humour par l’ancien ministre de la Santé, Safiatou Thiam. Parfois des gens s’amusaient, quand elle était en fonction, de lui réclamer une planque dans les structures de santé. Et elle demandait le profil de chacun d’entre eux et personne ne disposait d’un bon Cv pour travailler dans les hôpitaux. Et eux disaient de façon désinvolte : «Madame recrutez-moi, je pourrai vendre ou distribuer des tickets.» Aujourd’hui, ça ne s’arrête pas. L’Etat et les Collectivités locales restent les principaux employeurs recrutant en priorité des personnels provenant de leur clientèle politique. Au grand dam des responsables des structures sanitaires du niveau opérationnel qui traînent une grosse frustration.

M.T.GAYE

DOCTEUR SAFIATOU THIAM, ANCIEN MINISTRE DE LA SANTE

«Le mal de l’hôpital sénégalais, c’est l’argent»

 

L’affaire Aïcha Diallo ne révèle-t-elle pas en toile de fond, le problème des Sénégalais avec leur système de santé ?

Permettez-moi d’abord de porter différentes casquettes pour parler. En tant que mère et femme, c’est une affaire très douloureuse, je voudrais présenter mes condoléances à la famille de Aïcha Diallo, mais en tant qu’experte de la santé, ce sera très difficile, parce que je n’ai pas tous les éléments du dossier. Je me pose quand même des questions. Qu’est-ce qu’elle avait ? On ne le sait pas de façon claire. Apparemment, il y a eu une urgence et ça a abouti à la mort de la jeune fille. L’un dans l’autre, je comprends les deux parties. Maintenant, l’Etat doit tirer au clair cette histoire, tirer les leçons. Seulement, à travers un problème, on peut analyser les différentes étapes que la fille a franchies. Est-elle allée directement à l’hôpital ? C’est une question qu’on se pose. Je pense qu’elle a cherché des soins ailleurs avant de venir à l’hôpital. C’est vrai que quand il y a un problème, on peut le décomposer et voir les défaillances dans notre système. Je pense qu’il y a plus un problème d’organisation dans le cas de Aïcha Diallo, d’organisation de communication. Ça c’est quelque chose que je dois dire à mes confrères et consœurs médecins, il faut communiquer. C’est vrai que parfois, ils sont tellement submergés qu’ils n’expliquent pas. Mais dans d’autres contrées, on vous explique tout. A la maman de la fille, on devait expliquer et même lui dire les risques encourus. Il faut prendre le temps de parler aux parents. Maintenant, si on est un seul médecin parmi une foule de patients qui attendent… Un médecin qui est fatigué qui est en garde depuis toute la journée (…), la situation est grave. Vraiment elle est très sérieuse. Parce qu’il y a eu la mort d’une fille.

Quel est aujourd’hui le mal de l’hôpital sénégalais, n’est-ce pas un défaut sénégalais ?

Le mal de l’hôpital, c’est l’argent, ensuite ce sont des comportements que nous avons à l’hôpital. L’incivisme de nous autres sénégalais dans les transports, sur la route, c’est nous en tant qu’individu. Ce sont nos comportements qu’il faudrait revoir. Il faut aider et relever encore les plateaux techniques et former les personnels qui sont à l’hôpital.

Aujourd’hui, Matam et Sédhiou n’ont pas de pédiatre, certaines régions n’ont pas de spécialistes, les besoins sont énormes comment faire pour les résorber ?

Les besoins sont énormes, l’Etat fait énormément et c’est ça le paradoxe. Il y a des questions à se poser. Quand j’entends dire qu’on a recruté 500 agents et si dans ces 500, il y a 100 chauffeurs, 50 filles de salle qui n’ont pas de formation… Et ça se passe souvent comme ça. Parce que la politique des ressources humaines de la santé, c’est un programme à lui seul. Normalement au ministère, il devrait y avoir un tableau de bord pour voir la répartition des populations. Dans ce plan de développement des ressources humaines, il doit y avoir un plan de motivation du personnel qui n’est pas seulement une motivation financière, si vous voulez avoir un personnel d’un certain niveau dans certaines contrées. Mais dans ces contrées, il faut avoir de bonnes écoles pour que le médecin qui y va, puisse avoir ses enfants bien scolarisés. Il faut des infrastructures, des routes, il faut lui donner des moyens. Mais vous verrez que beaucoup de femmes ne veulent pas aller à l’intérieur du pays, parce que pour la femme, c’est encore plus difficile. J’ai vécu cela au ministère de la Santé, vous affectez une femme, elle va chercher à rester à Dakar ou simplement démissionner. Donc les personnes qui acceptent de partir, il faut les motiver, il faut qu’elles aient un intérêt à partir. La contradiction, c’est qu’il faut recruter des médecins, mais il y a aussi des médecins qui chôment, des pédiatres qui chôment.

Le budget de l’Education fait doublement celui de la Santé, n’y a-t-il pas un effort à faire pour améliorer sensiblement le budget de la Santé ?

D’après les normes, le budget de la Santé doit représenter 15% du budget national. Je pense qu’il n’y a pas de comparaison avec le budget de l’Education, parce que c’est lié à la masse salariale des enseignants. Et je pense que l’éducation est importante aussi, parce que des personnes éduquées s’organisent pour avoir une bonne santé. C’est vrai qu’il faut un effort pour augmenter le budget de la Santé, mais également il faut un effort pour dépenser ce budget là où il faut. On dit que le budget c’est prévisionnel, les 9 ou 10% sont-ils exécutés à 100%. Donc avant de demander plus, il faut voir nos dépenses, si elles sont vraiment efficaces ? Donc ça également, ce sont des analyses qui sont faites. Mais font-ils le feed-back au secteur de la santé ?

Le budget a-t-il été un facteur de blocage pour vous ?

Non le budget n’a jamais été un facteur de blocage, la maîtrise du budget si. Mais ce n’est pas en termes de budget insuffisant ou non. Chaque fois, on a fait l’effort d’augmenter le budget, déjà quand j’étais ministre de la Santé et maintenant, il y a 50 milliards de FCfa de plus ; à l’époque, il y avait 100 milliards de FCfa, l’Etat fait des efforts et doit continuer à faire des efforts, comme le budget augmente. Il faut garder ce pourcentage et essayer d’atteindre les 15% fixés dans le cadre de l’atteinte des objectifs internationaux.

Quelle thérapie de choc préconisez-vous pour soigner ce grand malade qu’est la santé dans ce pays ?

Va-t-on refaire les assises de la Santé ? Certainement ! Parce que je pense qu’il y a un besoin de dialoguer. Qu’on se parle, qu’on explique comment on s’organise, qu’on écoute les populations. Cela ne peut se faire qu’à travers un dialogue. Il faut que la Cmu devienne une réalité, parce que pour moi, c’est encore une fiction. La Couverture maladie universelle est la clé d’un accès à des services de qualité dans la santé.

Tout ça ne traduit-il pas l’échec de la réforme hospitalière ?

La réforme hospitalière en elle-même était une bonne chose. J’avais organisé une évaluation de la réforme hospitalière, appuyée par la Banque mondiale et la Coopération française. Mais je me demande si les gens lisent ce document. Je pense que depuis qu’on est parti, c’est dans les tiroirs. Et c’est à partir de cette évaluation qu’on avait sorti les 14 mesures pour sortir les hôpitaux du trou. Je pense que la réforme hospitalière a été mal appliquée. Le problème, ce n’est pas la réforme, mais ceux qui l’ont appliquée, biaisée et détournée de ses objectifs. Et comme ils disent aujourd’hui, il faut réformer la réforme hospitalière.

«Il faut une haute autorité pour réguler la santé»

Le nouveau ministre de la Santé, Abdoulaye Diouf Sarr, a du boulot ; que lui conseillerez-vous ?

Ce n’est pas un conseil au nouveau ministre. Mais je suis de plus en plus convaincu qu’il faut deux choses qui manquent dans notre pays. D’abord, séparer la gestion des hôpitaux de ce que fait le ministère de la Santé. Il faut une Direction nationale ou une Agence pour gérer les hôpitaux et le ministre serait leur tutelle technique. Parce que les hôpitaux ont deux tutelles et ça crée un problème : la tutelle du ministère des Finances et celle du ministère de la Santé. Donc quelqu’un qui veut échapper peut aller au ministère de la Santé ou un autre pour échapper aller au ministère des Finances. Il faut une agence pour la gestion des hôpitaux. Ensuite, il faut dans notre pays, une haute autorité pour réguler la santé. Quand le Président sort une directive, on sait par exemple, que la Couverture maladie universelle est au cœur du programme du Président Macky Sall ; s’il le réussissait, il réussit son mandat. Je pense qu’entre le Président, le ministre de la Santé, il y a une troisième entité qui manque et qui doit contrôler pour rendre compte au Président.


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