Menu
DakarFlash
DakarFlash.com



Au Burkina Faso, les avoirs du général Diendéré gelés par la justice


Rédigé par DakarFlash.com, le Samedi 26 Septembre 2015 || 29 Partages

Après la dissolution du régiment de sécurité présidentielle et l’ouverture d’une enquête sur les infractions liées au coup d’Etat, une nouvelle mesure punitive frappe les putschistes. La justice burkinabé a ordonné, samedi 26 septembre, le gel des avoirs de 14 personnalités et de quatre partis politiques proches de l’ancien président Blaise Compaoré.

Premier visé par cette décision, le général Gilbert Diendéré, l’ancien bras droit de M. Compaoré qui a mené le putsch avorté contre le régime de transition burkinabé. Le Congrès pour la démocratie et le progrès (CDP), le parti du président renversé par un soulèvement populaire en 2014, est également concerné.

Les avoirs de la femme du général, Fatou Diallo Diendéré, ex-députée du CDP, sont gelés, ainsi que ceux de Djibril Bassolé, ancien ministre des affaires étrangères. Homme fort du régime Compaoré, il souhaitait se présenter à l’élection présidentielle prévue le 11 octobre pour mettre fin à la transition mais avait été exclu de la compétition par une loi du Parlement intérimaire. Parmi les personnalités concernées figurent encore Sidi Pare, ministre délégué à la sécurité de la transition, destitué de ses fonctions vendredi car soupçonné de collusion avec les putschistes, ainsi que Léonce Koné, l’un des responsables du CDP qui n’avait pas condamné le coup d’Etat.

 

Diendéré devant un tribunal militaire ?

Vendredi, le gouvernement intérimaire a déjà annoncé la dissolution du régiment de sécurité présidentielle (RSP), l’ancienne garde prétorienne de Blaise Compaoré – des informations contradictoires circulaient toutefois sur la réalité du début du désarmement de l’unité la mieux équipée du pays.

Le procureur général a lui annoncé l’ouverture d’une enquête « sur les infractions liées aux actes qui ont été posés sur le territoire depuis le 16 septembre ». C’est à cette date que des soldats du RSP ont interrompu le conseil des ministres, prenant en otage le président intérimaire, Michel Kafando, le premier ministre, Isaac Zida, et deux autres membres du gouvernement. Les autorités ont enfin annoncé la création d’une commission d’enquête pour « situer les responsabilités et identifier les auteurs, complices, militaires et civils impliqués dans la tentative de coup d’Etat », qui devra rendre ses conclusions d’ici trente jours.

L’avenir du général Gilbert Diendéré et des principaux officiers et sous-officiers qui ont constitué le noyau dur de la junte a donc de fortes chances de s’écrire devant un tribunal militaire. Le chef de l’éphémère Conseil national pour la démocratie avait affirmé le 23 septembre, peu après la cérémonie de réinstallation des autorités de transition : « Je n’ai pas peur d’affronter [la justice]. Je répondrai aux questions qu’on me posera. Je ne vais pas nier qu’il y a eu des morts. » Selon le bilan officiel, la répression des manifestations s’est soldée par la mort de 11 personnes et 271 ont été blessées.



 

Dakarflash2



Nouveau commentaire :


Dans la même rubrique :
< >