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Au Venezuela, des élections test avant la présidentielle de l’an prochain


Quelque 18 millions de personnes sont appelées à voter dimanche 15 octobre pour les élections régionales. Il s’agit d’élections de gouverneurs dans 23 Etats du pays. L’espoir, pour l’opposition au président Maduro, d’une recomposition du paysage politique vénézuélien. Des élections locales qui ont valeur de test national.

Rédigé par DakarFlash.com, le Vendredi 13 Octobre 2017 || 35 partages || 0 commentaires

Au Venezuela, des élections test avant la présidentielle de l’an prochain
 

Pour bien comprendre, il faut revenir quelques temps en arrière. Ce scrutin se tient après des mois de manifestations cette année à l’appel de l’opposition pour demander le respect entre autres du calendrier électoral et le départ de Nicolas Maduro. L’opposition, qui était majoritaire à l’Assemblée nationale depuis 2015, s’est vu ravir ses attributions cet été par une Assemblée nationale constituante, dont les membres sont uniquement issus du parti au pouvoir. Ce scrutin au niveau des régions aurait normalement dû se tenir l’année dernière.

Et ce n’est pas la seule entorse à la Constitution, explique José Antonio Gil Yepez, directeur de l’institut de sondage Datanalisis à Caracas.

« C’est la première fois, dans l’histoire des élections régionales, que les députés des parlements régionaux ne seront pas élus en même temps. C’est une violation flagrante de la loi. Parce que si un membre de l’opposition est élu gouverneur, il aura tout le parlement régional contre lui. Et puis la campagne électorale a été raccourcie sur une décision inconstitutionnelle de l’Assemblée nationale constituante. Ce qui a donné très peu de temps aux nouveaux candidats pour se faire connaitre.»

Pourquoi l’opposition a-t-elle choisi de participer, malgré ces violations ?« Parce que c’est la seule manière d’avancer! », répond ce spécialiste de la politique vénézuélienne.

Participer pour occuper le terrain donc, même si les gouverneurs n’ont pas beaucoup de pouvoir car le Venezuela reste un pays centralisé. L’opposition voit plutôt ce scrutin comme une première étape dans sa reconquête du pouvoir.

L’enjeu de la participation

L’idée, tout au long de cette campagne assez courte, a donc été de remobiliser les électeurs. Et ce n’était pas simple. Déjà parce que les régionales n’attirent jamais les foules, le taux de participation se situe en général autour de 50%. En outre, la latitude se ressent clairement chez les électeurs. Résultat : les primaires, déjà, n’avaient pas vraiment rassemblé. Et une frange de l’opposition, plus radicale, appelle même à s’abstenir dimanche.

« On ne peut pas simplement dire: « Maduro va-t-en! Maduro va-t-en! ». Ok! Mais comment on fait? Il faut choisir la voie électorale. Il faut voter pour le faire partir. Ce que nous préparons, c’est une majorité avant l’élection présidentielle l’année prochaine », explique José Manuel Olivares, candidat de l’opposition dans l’Etat de Vargas, dans le nord du pays.

« Dis-le avec ton vote »… c’est LA chanson officielle qu’on a beaucoup entendue lors de cette campagne de l’opposition. L’objectif étant d’inciter les électeurs à se rendre dans les bureaux de vote pour une sorte de référendum pour ou contre le gouvernement.

Une opposition morcelée

Pour l’instant, les instituts de sondage estiment que l’opposition va remporter de nombreux Etats. « Aujourd’hui, l’opposition détient 3 postes de gouverneurs et le gouvernement en a 20,détaille José Antonio Gil Yepes, pour Datanalisis. Avec les élections de dimanche, le gouvernement va en conserver 6… 7… peut-être 8. Il va conserver les Etats les plus pauvres, isolés, les plus petits Etats du pays, mais il va perdre les plus gros. Il va aussi falloir observer le total national des votes: si on est dans un rapport de force du type 60% pour l’opposition mais réparti entre une trentaine de partis, et 40% pour le pouvoir, mais avec un seul parti fort… Que va dire le gouvernement? C’est un angle de communication national et international spectaculaire pour lui! »

Dans les médias officiels, les estimations sont plutôt inversées. « Les actes de violence de ces derniers mois ont renforcé la cohésion des différentes franges du chavisme. La projection que je ferais, c’est plutôt la victoire de 17 gouverneurs chavistes », estime Juan Carlos Valdez, un journaliste de la télévision publique vénézuélienne.

Les bureaux ouvrent dimanche à 6h du matin, heure locale. Et les résultats devraient connus rapidement dans la soirée.

 

rfi.fr


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