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Au moins 86 morts dans trois attentats de l'EI à Bagdad


Au moins 86 personnes ont été tuées et une centaine blessées mercredi dans trois attentats à la voiture piégée à Bagdad, dont l'un a visé un marché bondé. Il s'agit de la journée la plus meurtrière dans la capitale irakienne depuis le début de l'année.

Rédigé par DakarFlash.com, le Mercredi 11 Mai 2016 || 233 Partages

Au moins 86 morts dans trois attentats de l'EI à Bagdad
Les trois attentats ont été revendiqués dans des communiqués mis en ligne par le groupe djihadiste sunnite Etat islamique (EI) qui a affirmé que trois kamikazes les avaient perpétrés.

Les chiites visés
L'attaque la plus sanglante a eu lieu à une heure d'affluence, à 10H00 (09H00 HB), dans une zone de marché dans le quartier chiite de Sadr City, dans le nord de Bagdad. Au moins 64 personnes ont péri et 82 ont été blessées, selon des sources médicales et de sécurité. L'incendie s'est rapidement propagé à des échoppes, dont les devantures ont volé en éclats.

Deuxième attaque
Quelques heures plus tard, deux nouveaux attentats à la voiture piégée ont frappé le quartier chiite de Kazimiyah et celui mixte (sunnite-chiite) de Jamea à Bagdad, selon la police. A l'entrée de Kazimiyah, un quartier sous haute sécurité dans le nord-ouest de la capitale, l'attaque a coûté la vie à au moins 14 personnes, selon des sources hospitalières. Plusieurs membres des forces de sécurité font partie des victimes.

Troisième attaque
Dans celui de Jamea, dans l'ouest de Bagdad, huit personnes ont péri et 21 ont été blessées par l'explosion de la voiture piégée, selon un responsable du ministère de l'Intérieur.

Ennemi de l'EI
Le groupe EI, qui occupe de vastes pans du territoire irakien, prend fréquemment pour cible la communauté chiite, majoritaire en Irak, accusée d'être hérétique. A Sadr City, des dizaines d'Irakiens ont manifesté leur colère et leur exaspération après l'attentat en dénonçant l'inaction du gouvernement et des politiciens face à l'EI.

Grave crise politique
L'Irak est secoué depuis des semaines par une grave crise politique. Plusieurs partis s'opposent aux plans du Premier ministre Haider al-Abadi de mettre en place un gouvernement de technocrates par peur de perdre certains de leurs privilèges. Excédés par ce blocage politique, des milliers d'Irakiens -partisans du dignitaire chiite Moqtada Sadr pour la plupart- ont organisé ces dernières semaines des sit-in et des manifestations antigouvernementales qui ont culminé avec l'entrée par la force dans la Zone verte ultrasécurisée de Bagdad et l'occupation durant plusieurs heures du Parlement.

Sommet de l'Etat
Les postes clés au gouvernement sont depuis des années partagés sur la base de quotas politiques et confessionnels et Moqtada Sadr, comme le Premier ministre, souhaite une nouvelle équipe gouvernementale composée de technocrates, capable de mener de manière plus efficace des réformes cruciales contre la corruption.

Inquiétude américaine
La crise est suivie avec inquiétude par les Etats-Unis qui craignent qu'elle "ne détourne" les autorités irakiennes de la lutte contre l'EI. Washington a accru son soutien militaire à Bagdad pour aider l'armée irakienne à reconquérir les vastes territoires tombés aux mains des djihadistes depuis 2014.

L'EI en Irak
L'EI a perdu plusieurs villes, dont Tikrit et Ramadi, reprises par les forces irakiennes soutenues par les frappes aériennes de la coalition internationale sous commandement américain. Mais les jihadistes conservent des places fortes, dont Mossoul, la deuxième ville du pays, et gardent la capacité de frapper à Bagdad ou dans les régions majoritairement chiites.

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