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Barack Obama à Dallas, au chevet d'une ville meurtrie


Barack Obama a rendu mardi à Dallas un hommage ému aux cinq policiers abattus par un tireur embusqué, assurant que les Etats-Unis ne sont pas "aussi divisés" que les apparences peuvent le laisser croire dans un climat de tensions raciales et d'incidents avec les forces de l'ordre.

Rédigé par DakarFlash.com, le Mardi 12 Juillet 2016 || 254 Partages

Barack Obama à Dallas, au chevet d'une ville meurtrie
"Je suis ici pour dire que nous devons rejeter le désespoir. Je suis ici pour insister sur le fait que nous ne sommes pas aussi divisés qu'il y parait", a déclaré le président américain lors d'une cérémonie œcuménique à l'issue d'une semaine qui a secoué l'Amérique.

George W. Bush présent
Accompagné de Michelle Obama, vêtue d'une robe noire, le président américain, visage fermé, a rejoint en début d'après-midi la cérémonie oecuménique, où son prédécesseur George W. Bush prendra également la parole.

Micah Johnson, ancien combattant noir américain de 25 ans qui avait notamment servi en Afghanistan, a affirmé qu'il voulait tuer des policiers blancs en réponse à la mort de deux Noirs la même semaine sous les balles des forces de l'ordre en Louisiane et dans le Minnesota. Les vidéos amateur de ces deux homicides, très largement relayées sur les réseaux sociaux, ont choqué le pays.

Au début de la cérémonie au Meyerson Symphony Center, dans le centre de la ville, le maire démocrate de Dallas, Mike Rawlings, a appelé à ne pas céder à la panique ou à une vision fataliste de la société américaine. "La douleur de Dallas est la douleur de tout le pays", a-t-il affirmé, lançant un appel à l'unité, "unité entre la police et les citoyens, unité entre les responsables politiques". "C'est l'occasion de construire un nouveau modèle pour notre communauté, notre ville, notre pays", a-t-il lancé.

Coup de fil aux familles des victimes
M. Obama est en permanence à la recherche d'un équilibre entre gestes de soutien aux forces de l'ordre et appui aux militants des droits civiques qui dénoncent les excès de ces derniers. Lors du vol à bord d'Air Force One qui le menait à Dallas, il a appelé la familles d'Alton Sterling, abattu par la police à Baton Rouge, en Louisiane, et celle de Philando Castile, abattu dans sa voiture par la police sous les yeux de sa compagne et de la fillette près de Saint Paul (Minnesota).

Les deux morts coup sur coup d'hommes noirs sous les balles de policiers sont le symbole d'un "grave problème" dans la société américaine, avait-il assuré vendredi depuis Varsovie où il participait à un sommet de l'Otan, avant d'apprendre la tuerie de Dallas. Déplorant le fait que son pays avait vécu "trop de fois des tragédies" comme celles-ci, le premier président noir des Etats-Unis avait appelé la police à entreprendre des réformes.

Vision plus optimiste
Il rassemblera mercredi à la Maison Blanche des représentants des forces de l'ordre, des militants des droits civiques, des universitaires et des élus locaux pour "dégager des solutions concrètes", selon les termes de l'exécutif, face à la méfiance et la crainte qui dominent dans de nombreuses communautés. S'il reconnait que d'énormes progrès restent à accomplir, M. Obama veut aussi essayer de faire passer une vision plus optimiste de le société américaine.

Pour mieux illustrer son propos, il devrait rencontrer à Dallas un homme qui s'est imposé en quelques jours comme une figure à la fois rassurante et chargée d'espoir. David Brown, chef de la police de la ville, homme noir à la tête d'une des polices les plus importantes du pays, a trouvé un ton et un message qui ont résonné bien au-delà des frontières du Texas.

Dès vendredi, cet homme qui a vécu, depuis la fin des années 1980, la mort de son ancien coéquipier, de son frère et de son fils, tous tués par balles, a appelé à combler le fossé entre police et citoyens et à renouer les fils du dialogue. "Nous n'allons pas laisser un lâche qui a pris par surprise des policiers changer notre démocratie. Notre ville, notre pays, valent mieux que cela."

Il y a un an, à Charleston (Caroline du Sud), M. Obama avait appelé l'Amérique à la lucidité, sur le racisme comme sur les armes à feu, après une fusillade dans laquelle neuf noirs avaient péri sous les balles d'un jeune partisan de la suprématie blanche.

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