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« Beaucoup de sites sont détruits parfois au vu et au su des autorités en charge » Ibrahima Thiaw archéologue


Les sites inscrits sur la liste du patrimoine national et sur celle du patrimoine mondial ne jouent pas véritablement leur « rôle social », a soutenu l’archéologue sénégalais, Ibrahima Thiaw, déplorant l’absence d’une « politique de valorisation ».

Rédigé par DakarFlash.com, le Mercredi 8 Novembre 2017 || 37 partages || 0 commentaires

 

« À l’échelle nationale, nous avons une politique qui manque de cohérence. Nous avons beaucoup de sites inscrits sur la liste du patrimoine national et sur [celle] du patrimoine mondial qui n’ont pas impact direct et réel sur la vie des populations », a-t-il déploré dans un entretien avec l’APS

« C’est comme si c’était pour de la propagande que ces sites ont été classés » sur la liste du patrimoine national et sur celle du patrimoine mondial, a estimé Pr Thiaw, le responsable du laboratoire d’archéologie de l’IFAN-Cheikh Anta Diop de Dakar.

« Les informations sur les sites inscrits sur la liste du patrimoine national et sur celle du patrimoine mondial ainsi que l’inventaire national qui avait été fait, ne sont pas utilisés dans les politiques de développement », a expliqué Ibrahima Thiaw, également président de l’Association panafricaine d’archéologie (PAA, en anglais).

Il a également déploré l’absence d’espaces aménagés pour servir à des fins pédagogiques et ludiques. « On ne voit pas assez souvent ces formes de valorisation, ce qui fait qu’il y a beaucoup de destruction dans le cadre de l’aménagement du territoire », a-t-il encore noté.

« Beaucoup de sites sont détruits parfois au vu et au su des autorités en charge de la gestion de ce patrimoine. Des sites qui représentent des choses importantes dans la mémoire collective », a-t-il ajouté, citant le cas de l’île de Gorée située aux larges de Dakar qui, selon lui, est « constamment victime d’agressions ».

L’archéologie a également évoqué le site Nder, un village du Nord du Sénégal, où il s’est rendu récemment qui, dit-il, « est devenu un champ de culture ». Cette localité est devenu célèbre pour le courage de ses femmes qui, un mardi du mois de novembre 1819, se sacrifièrent collectivement pour ne pas tomber entre les mains d’esclavagistes maures.

 

Pr Thiaw a déploré la dégradation causée par l’érosion du site des amas coquilliers de Diorom Bou Mack et Diorom Bou Ndaw, dans le delta du Saloum, inscrit sur la liste du patrimoine mondial. Selon lui, « il n’y a pas d’aménagement qui permette aux visiteurs de profiter de ce site-là ».

« On ne voit pas de politique de valorisation se mettre en place et le classement [sur la liste du patrimoine national et sur celle du patrimoine mondial, on dirait que c’est à des fins de propagande politique] », a encore fustigé, Ibrahima Thiaw, responsable du Laboratoire d’anthropologie et d’ingénierie culturelle (LAIC) de l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar.

« Nous souhaitons qu’il y ait une politique culturelle qui vise beaucoup plus à faire de ces espaces-là des lieux de rencontres, de dialogues, et qu’il puisse y avoir un impact sur l’économie des localités » abritant les sites archéologiques, a-t-il préconisé.

APS

 

 

 

 


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