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Bombardier - Rocky Balboa, le piège est dans la couronne !


Jamais dans l'histoire de cette discipline, un lutteur ne s'est pas hissé au sommet sans passer par les catégories intermédiaires. Rocky Balboa a réussi la prouesse. Pour son premier combat, le lutteur basé en Suisse défie l'actuel roi des arènes, Bombardier. Suffisant pour hériter du trône en cas de victoire ? La règle qui veut que le vainqueur du roi devienne roi, pourrait être mise à rude épreuve. Un cas d'école qui devrait bien plaire au docteur Alioune Sarr, qui a toujours dénoncé les critères d'attribution de cette distinction honorifique.

Rédigé par DakarFlash.com, le Samedi 7 Novembre 2015 || 37 Partages

Bombardier - Rocky Balboa, le piège est dans la couronne !

A mesure que les saisons passaient et que les défaites s’accumulaient (Gris Bordeaux le 22 juillet 2007, Yékini le 1er janvier 2011, Tapha Tine le 24 juin 2012), s’envolait l’espoir d’un retour du B52 au sommet. Le Mbourois semblait ne plus être ce lutteur fabuleux des années 2000 (voir palmarès), celui qui balayait tout sur son passage. Un ressort s’était cassé. Bombardier qui faisait tomber ses adversaires les uns après les autres était passé de l’ivresse des sommets à la panade. Mais le roi tombé du podium, étrangement apathique face à Tapha Tine, a retrouvé tout son mordant devant Balla Gaye 2 comme face à Modou Lô. Et son vrai niveau. Celui que les amateurs lui connaissaient et attendaient de lui. Technique raffinée, inspiration et sens du combat, le roi a signé son retour de la meilleure des manières et doit désormais s’employer à éviter les pièges que ne manqueront pas de lui tendre ses adversaires, au rang desquels, surgi du néant de l’arène, un certain Rocky Balboa. Ce lutteur que l’arène ne connaît pas, se croit investi d’une mission : escalader les montagnes pour s’installer au trône de roi des arènes, haut perché à Mbour. «Je tenais vraiment à commencer au Sénégal par le sommet, parce que je suis un homme de défis, disait le lutteur basé en Suisse. Je veux affronter un vrai «lion» pour montrer qui je suis. Aujourd’hui, les gens posent le débat sur ma carrière. On dit que je devais faire mes preuves avant d’affronter quelqu’un comme Bombardier. C’est un faux débat.»  Balboa disait aussi dans nos colonnes : ««Mon heure a sonné.» Pour être roi des arènes en cas de victoire sur Bombardier ? Sur un seul combat ?

«Une défaite de Bombardier serait une catastrophe»

Suivant la jurisprudence qui sacre le tombeur du roi, Rocky peut-il nourrir des rêves de roi? La réponse de Kaïré est sans équivoque : «Par la force des choses, on ne pourra pas lui dénier le titre de roi s’il parvenait à battre Bombardier. Même si c’est seulement un tapage médiatique qui lui a permis de lutter contre le roi. Dans les normes, il devait passer par certaines étapes. Mais Bombardier lui a tendu la perche. Il a certainement accepté ce combat pour des raisons financières, mais sportivement, Balboa n’a rien prouvé pour mériter ce challenge. Conséquence, face à un lutteur sorti de nulle part, il aura l’obligation de défendre dignement son titre. Une défaite serait une catastrophe, non seulement pour Bombardier, mais aussi pour le monde de la lutte sénégalaise.» Et le recordman de victoires en lutte avec frappe, actuellement à la retraite, d’enchaîner : «Au sortir de ce combat, il faudra tirer les leçons et s’organiser pour voir comment redéfinir les critères d’attribution du titre de roi des arènes. Le Cng, structure habilitée, doit chercher les moyens nécessaires et réfléchir sur l’organisation d’un tournoi au sortir duquel le roi sera désigné.» Ambroise Sarr, lui, avait vu venir. Au mois d’avril 2015, l’entraîneur de l’équipe nationale disait : «on ne peut pas attribuer ce titre honorifique à un lutteur, simplement parce qu’il a terrassé celui qui le détenait. C’est trop facile. Le titre de roi des arènes doit refléter le parcours du lutteur.» Avant lui, le président du Cng s’est toujours élevé contre cette distinction, arguments à l’appui : «Si quelqu’un (Yékini) pendant 10 ans bat tout le monde et que sur un combat, il perd sa «couronne», il y a matière à réflexion. On ne peut être roi sur un seul combat.» Alioune Sarr a longtemps prêché dans le vide. Le combat Bombardier-Rocky Balbao fera encore résonner sa voix. Comme celle de Ngagne Diagne. Le chroniqueur de lutte de la Rfm, qui place ce combat dans un contexte particulier, refuse toute idée de voir le challenger de Bombardier au sommet de l’arène, en cas de victoire.  «Je ne pourrais pas le considérer comme un roi. Ce combat est plus une vitrine internationale pour la lutte nationale. C’est plus pour vulgariser la lutte. La communication a permis à Rocky d’accéder au sommet. C’est la presse qui l’a mis là où il est. Dans ce combat, Rocky a tout à gagner, rien à perdre. Il va avoir de l’argent et intégrer directement le cercle des Vip. Après Bombardier, il aura la légitimité pour défier n’importe quel lutteur dans l’arène. En plus du gabarit, il est en règle au Cng.  Pour son adversaire, l’enjeu n’est pas sportif, mais financier. Ce combat, c’est du business pur pour Bombardier.» Mbour confirme : «les promoteurs refusent de payer plus de 100 millions. Personne n’est venu nous faire une proposition. Devons-nous refuser un bon cachet sous prétexte que nous sommes le roi des arènes ? Je ne le pense pas. On ne mange pas les couronnes.»

 

Source : L'Observateur

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