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Boy Nar, de retour dans l’arène : «Je n’ai jamais abandonné la lutte»


La lutte avec frappe est sevrée, depuis trois ans, du feeling Boy Nar. Des pas de danse de ce mastodonte au gabarit d’un combattant de sumo. L’homme qui s’était fait rare jusqu’à récemment, lors de la pose de la première pierre de l’arène nationale, a laissé un vide pour ses amateurs. L’Observateur a retrouvé le Prince de l’arène. Au marché Dior (Parcelles Assainies) dans son autre monde, celui du business, Boy Nar a encore de l’estime. Le temps de cet entretien, une foule s’est vite construite autour du nouveau pensionnaire de l’écurie les Diambars. Boy Nar revient sur son absence, ses relations avec Balla Gaye 2 et son retour qu’il veut extraordinaire.

Rédigé par DakarFlash.com, le Mercredi 4 Mai 2016 || 373 Partages

Boy Nar, de retour dans l’arène : «Je n’ai jamais abandonné la lutte»

Ca faisait longtemps qu’on ne vous avez pas vous dans les manifestations de lutte. Qu’est-ce qui explique cette absence ?

Permettez-moi de rendre grâce à Dieu et de prier sur le Prophète (Psl). Mes salutations vont à toute la population sénégalaise. Il n’y a rien derrière mon absence. C’est Dieu qui a notre destin. Ma dernière sortie, c’était en juin 2013, lors de mon combat contre Juan qui devait se tenir à Bercy (Paris). Le combat était ficelé par «Tiger Production» qui, à un certain moment, a eu des problèmes et l’a cédé à «Badiane Production», l’organisateur de l’événement du 8 juin à Bercy. Quand on est arrivé à Bercy, il y avait un malentendu et le combat n’a finalement pas eu lieu. Quelque temps après notre retour de Bercy, je suis retourné en France, à Cannes. C’était pour des soins médicaux, parce que j’avais fait un accident avec mon scooter. C’est la Croix-Rouge qui m’avait pris en charge pour ce traitement à Cannes pendant trois mois. Quand je suis revenu, Moustapha Guèye devait reprendre le combat. Il était même convenu que le combat se tienne en Espagne. On avait même les visas et tout. Juan et moi devions même nous retrouver pour un face-à-face à Zénith (Paris) en marge de la présentation du combat Balla Gaye 2-Tapha Tine. Malheureusement, Juan n’est pas venu. C’est par la suite que le Cng a fait une déclaration pour dire que le combat Boy Nar-Juan n’existe plus. Ce combat contre Juan m’a beaucoup retardé. Trois promoteurs ont essayé, chacun, de l’organiser, mais personne n’y est parvenu. D’abord, c’était Aziz Ndiaye, puis Tapha Guèye et enfin «Badiane Production». C’était mon idée d’organiser ce combat en aller et retour entre Dakar et les Îles Canaries. J’ai par la suite voulu prendre un peu de recul pour mieux voir.

 

Pourquoi ce recul ?

Entre-temps, j’ai eu une deuxième femme. Je me suis presque terré à Guédiawaye. Mes fans qui sont aux Parcelles Assainies ont réclamé avec insistance mon retour. Maintenant, je suis rentré à la base, aux Parcelles Assainies. J’ai repris le travail. J’ai eu pas mal de propositions pour des combats, mais rien ne s’est concrétisé. Je devais lutter contre Juan à Kaolack le jour du combat Baboye-Baye Mandione. Là encore, Juan a eu une blessure et n’a pas pu venir. Je devais aussi affronter Khadim Ndiaye 2 le week-end passé, mais il y a eu désaccord avec «Manga Production».

 

Il se disait que vous avez mis fin à votre carrière de lutteur et que vous êtes dans la dibiterie ?

Je n’ai jamais abandonné la lutte ou arrêté ma carrière. J’ai choisi la lutte comme métier. C’est la lutte qui m’a donné ma notoriété. Je m’appelle Cheikh Ahmet Tidiane Niang. C’est un nom que seuls mes camarades d’écoles connaissent. J’ai fait mon cursus à l’école privée Charles Baudelaire. J’ai toujours été parmi les 5 meilleurs élèves de ma classe. A l’époque, les 5 meilleurs étaient choisis parmi ceux qui participent au défilé du 4 avril. Si je deviens lutteurs aujourd’hui, c’est parce que c’est mon destin. J’ai débuté ma carrière en 2006. J’ai fait ma première apparition en marge du grand combat Baye Mandione-Mbaye Diouf. J’ai enchaîné les victoires, dont des Ko. Je suis devenu populaire et aimé par tous les amateurs. Donc, je ne peux pas laisser tomber la lutte. Par contre, à côté de la lutte, je suis dans le business des téléphones portables, des terrains, des voitures… Mais c’est la lutte mon métier. C’est le sport qui m’a rendu populaire. Je n’attends qu’un combat pour marquer mon grand retour. Je suis l’un des lutteurs, sinon le seul qui a un problème d’adversaire dans la lutte avec frappe. Souvent, je demande aux promoteurs qui veulent mon combat de négocier d’abord avec l’adversaire à qui il souhaite m’opposer. Je fais partie de la crème des lutteurs. J’ai fait feu de tout bois à Dakar. Visitez mon palmarès et vous vous rendrez compte que je n’ai jamais perdu un combat à Dakar. Mes rares défaites, c’est hors de Dakar. Je suis invincible à Dakar. Que mes supporters sachent que je suis là. Je prépare un retour extraordinaire. Je vais revenir avec l’ambiance et tout ce qui fait mon charme. Je serai en vogue dès mon retour.

 

A un moment donné, vous étiez presque basé à Guédiawaye. Et c’était plus votre amitié avec Balla Gaye 2 que votre carrière qui vous y avait conduit ?

Ce que les gens ne comprennent pas, c’est que je suis un lutteur sans frontière. Je suis l’ami de tous les lutteurs. Mais entre Balla Gaye 2 et moi, c’est plus qu’une amitié. Je suis exceptionnel parmi les lutteurs. Je suis le seul lutteur qui peut fréquenter Guédiawaye, Pikine, Parcelles Assainies…, sans sens interdit. Boy Sèye, Ama Baldé, Balla Gaye 2, Tyson, Yékini et tant d’autres ont dit, quand l’occasion s’est présentée, que je suis leur lutteur préféré. Ça arrive. On peut faire l’unanimité dans son milieu. C’est un don de Dieu. J’incarne la non-violence et l’amitié entre les lutteurs. Ma philosophie est que le sport ne divise pas, mais réunit. J’ai créé pas mal de choses pour faire l’ambiance et les lutteurs ont suivi. Pour vous dire que je suis un exemple dans ce milieu, l’argent que je gagne dans les tribunes, après mes combats, dépasse le cachet qu’on me paye. Lors de mon premier combat, ma mère a immolé deux moutons. Moussa Gningue avait pris la parole pour dire que c’est la première fois de l’histoire de l’écurie Fass que ça arrive. J’ai peut-être une vision que les autres n’ont pas. Je suis le seul lutteur qui ne va pas chez le marabout pour gagner un combat. Pour moi, le maraboutage n’a pas sa place dans le sport. Je suis unique dans mon genre. C’est naturellement que j’ai atterri à Guédiawaye. Le hasard a fait que, très souvent, je luttais le même jour que Balla Gaye 2. Et on gagnait tous les deux. A un moment donné, Balla Gaye 2 a voulu m’affronter. J’ai dit non. Je lui ai dit que je préfère être son grand frère et le mettre sur les rails, parce que j’avais vu très tôt qu’il a un talent fou. Quand je disais à Balla Gaye 2 qu’il deviendrait un champion, même lui ne pouvait le croire. A l’époque, Balla Gaye 2 évoluait dans les tournois de lutte simple. Ce jour-là, j’ai arbitré son combat contre Sa Cadior. C’est par la suite que notre amitié est venue naturellement. Sa mère me considère comme son fils. La mère de ma deuxième épouse est la sœur de Boury Bathily, la femme de Balla. C’est chez Balla Gaye 2 que j’ai rencontré ma deuxième femme. C’était le jour du combat Balla Gaye 2-Tapha Tine. Je suis tombé sous son charme et je l’ai demandée en mariage à mon retour de Bercy.

 

Que devient votre relation avec Balla Gaye 2. On ne vous voit plus ensemble ?

Entre lui et moi, on ne parle plus d’amitié, mais de fraternité. Balla Gaye 2 est mon jeune frère. On a fait beaucoup de choses ensemble. Je lui ai fait découvrir beaucoup de choses de la vie. Parfois quand il dérape, je le mets sur le droit chemin. Maintenant, nous sommes une même famille. Je ne cesserai de prier pour Balla Gaye 2. Je l’encourage. C’est ça le sport. Il reviendra au-devant de la scène. J’ai aussi de bonnes relations avec les autres lutteurs. Lors de la pose de la première pierre de l’arène nationale, Yékini m’a tenu par le bras et déclaré que je suis son lutteur. Eumeu Sène et Boy Niang ont dit la même chose. Yékini a résumé en disant que «Boy Nar est le lutteur de tout le monde alors». C’est extraordinaire. J’en remercie Dieu. Tous les lutteurs me vouent un grand respect. Khadim Gadiaga, président de l’Association des lutteurs en activité, m’a nommé porte-parole et en même temps ambassadeur de cette structure. Aujourd’hui, je suis un exemple dans la lutte. D’ailleurs, j’ai un appel à lancer : le week-end dernier, la violence s’est invitée après le gala de lutte qui s’est tenu à Iba Mar Diop. Il faut que les supporters comprennent qu’en sport, la violence n’a pas sa place. Ce n’est pas avec ces images négatives que nous pouvons exporter la lutte. Je profite aussi de l’occasion pour féliciter le président de la République, Macky Sall. C’est grâce à lui que le monde de la lutte aura enfin son arène nationale.

 

A quand le grand retour de Boy Nar ?

Mes inconditionnels voulaient me voir à l’œuvre cette fin de semaine. On me réclame de partout. Les amateurs ont ma nostalgie. J’en suis conscient. J’espère bien ce grand retour pour la saison prochaine. Je travaille très dur en silence. Mon retour va être extraordinaire.

 

Sauf que vous avez un problème d’adversaire…

C’est clair que j’ai un problème d’adversaire. Mais tous les lourds peuvent être mes potentiels adversaires. Récemment, j’ai entendu Ness dire qu’un promoteur démarche son combat contre moi et que j’ai refusé. Qu’il sache que je n’ai jamais retourné une avance sur cachet. Le seul adversaire qu’on m’a proposé récemment, c’était Baye Mandione qui a refusé, parce que le promoteur n’était pas prêt à payer ce qu’il demande. Je ne peux pas cibler un adversaire. Je suis exceptionnel. Boy Nar, ça reste Boy Nar. C’est un feeling. C’est naturel. Les gens m’aiment. Je ne suis pas là par hasard. Il faut connaître mon parcours pour se rendre compte de ce que je représente.

 

Quel est votre parcours ?

J’ai découvert la lutte avec celui qui a été le roi des arènes, Manga 2. On habitait le même quartier. Je fréquentais son fils, Paul. A l’époque, on jouait au football. J’étais le meilleur joueur de mon quartier. J’étais un attaquant très adroit devant les buts. Chaque jour, après les matchs de foot, Paul m’invitait à lutter contre lui. Il me terrasser à chaque fois. Un jour, j’ai pris la décision de m’entraîner. J’ai commencé la musculation. J’allais à la plage. C’est là-bas que j’ai connu Tyson et Baboye. Ces derniers m’ont aussi poussé à devenir lutteur. Tout ce que je regrette, c’est que si j’avais très tôt pris la décision d’être lutteur, peut-être qu’aujourd’hui j’allais être plus dangereux. Je suis devenu lutteur sur le tard, en 2006. C’est quand j’ai eu à poser des problèmes à Paul que j’ai commencé à croire en mes qualités de lutteur. Un jour, nous sommes partis voir un combat entre Manga 2 et Daouda Fall, le père de Less 2. Il n’y avait pas de combat spécial. Dans la foulé, Paul m’a demandé de lutter. J’ai terrassé mon adversaire et encaissé 75 000 FCfa. C’est de là qu’est partie ma carrière. Mais quand je suis devenu véritablement un lutteur, Paul était déjà en France. Aujourd’hui, il est fier de moi. Lors de mon récent séjour en France, j’étais chez lui pendant trois mois.

 

De 75 000 FCfa, Boy Nar pèse combien de millions aujourd’hui ?

(Rire) les millions importent peu pour moi. Le plus important est ce que je gagne dans la lutte : l’estime des gens. Je suis resté plus de 4 ans sans combat, mais je parviens à entretenir mes deux femmes et mes enfants. Mieux, je gâte mes enfants comme je l’ai été par mes parents. Je rends grâce à Dieu. Tout cela est le fruit de mon aura dans la lutte. Mes supporters continuent de me soutenir. Ma chance, c’est de savoir maintenir les relations humaines. Je suis à l’abri du besoin grâce à des gens comme Malick Sène, Baïdy Souleymane Ndiaye… A un certain moment, je voulais arrêter la lutte, mais mes inconditionnels ne méritent pas ça.

 

C’était quand et pourquoi ?

C’était quand mon combat contre Juan n’arrivait pas à avoir lieu. Quand je suis parti en France, ma famille voulait que j’y reste, mais c’est à Dakar que je me sens le mieux. Je ne me sentais plus dans la lutte. Mais à mon retour de la France, les réclamations ont fusé de partout. Mon téléphone n’arrête pas de sonner depuis mon apparition, le week-end dernier. Je viens de recevoir un appel qui me touche au cœur et qui va me booster davantage. C’est celui de Abdou Karim Sall, actuel directeur de l’Artp. Voilà quelqu’un qui me donne de l’argent depuis longtemps, alors que je ne le connaissais pas. Ça a commencé alors que je gagnais mes petits combats. Après mes victoires, il m’arrivait de recevoir beaucoup d’argent, dont 1 000 euros. Je ne savais pas de qui venaient les 1 000 euros. Je viens de découvrir que cet argent venait de Abdou Karim Sall. Il m’a appelé avant-hier pour me dire qu’il est content de mon retour. C’est à cause des gens comme lui que je vais me tuer pour revenir plus dangereux qu’avant.


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