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Burkina Faso - Me Assane Dioma Ndiaye : «Nous nous réjouissons de l'embargo de l’Ua contre les putschistes»


Rédigé par DakarFlash.com, le Samedi 19 Septembre 2015 || 6 Partages

«Avec ce putsch au Burkina Faso, c’est l’Afrique qui renoue avec ses démons. C’est cette impunité qui a toujours régné dans notre continent et qui a toujours permis que ce genre de choses puissent arriver. Et pourtant c’est des choses qui n’arrivent jamais en Europe depuis la révolution de 1789. En tout cas dans l’Europe occidentale vous ne verrez jamais une rupture dans la marche de l’ordre constitutionnel d’un pays. Donc si des officiers, des groupuscules se permettent à des moments donnés d’interrompre la marche constitutionnelle d’un Etat, c’est justement parce qu’ils sont assurés que rien ne pourra leur arriver», a réagi Me Assane Dioma Ndiaye qui a donné un point de presse cet après-midi chez lui à Diourbel.
 De l’avis du président de la Ligue sénégalaise des droits de l’homme, «chaque fois que des coups pareils se produisent, l’objectif n’est pas de les sanctionner mais plutôt de négocier avec ces putschistes qui s’aménagent un temps plus ou moins long pour rester au pouvoir, et la communauté internationale se satisfait d’une sortie de crise qui pourrait aboutir dans les deux voire trois ans à venir. Pendant ce temps, on aura bouleversé toute la marche démocratique de ce pays visé».

Suffisant au défenseur des droits humains pour marquer toute son approbation de la démarche entreprise pour l’Union Africaine. « C’est pourquoi pour la première fois nous nous réjouissons de la position ferme adoptée par l’Union Africaine (Ua) qui même sans attendre d’éventuelles négociations, a décrété la suspension des putschistes et le gel de leurs avoirs. Nous avons besoin de ces positions fermes car on ne peut pas laisser les populations servir de chairs à canons et en même temps trouver des solutions complaisantes cataloguées de solutions de sorties de crise qui ne servent qu’à cautionner des coups de force. Lesquels coups de force encouragent demain la répétition de tels actes ». 
 Poursuivant; Me Ndiaye déclare : «aujourd’hui la communauté internationale doit être ferme, le conseil de sécurité des Nations unies, la communauté européenne, la communauté américaine, bref tout le monde doit se joindre à cette décision courageuse de l’Union Africaine pour qu’un embargo soit décrété contre ces putschistes en veillant que les populations civiles n’en souffrent pas. Ils doivent savoir que leur coup ne saurait prospérer et qu’aucune négociation ne puisse être une sorte de cautionnement même temporaire. Parce que leur permettre d’exercer le pouvoir pendant six mois ou un an c’est cautionner leurs actes».


Et d’ajouter : « si l’Union Africaine ne fléchit pas, si la Cedeao qui tente des négociations se range cette position de l’Ua, si la communauté internationale reste ferme et se conforme à cette même décision, avec la résistance qui s’organise au niveau de la société civile du Burkina Faso, s’il y a une démarche cohérente de toutes ces parties ces militaires vont céder. Ce sera un test grandeur nature parce qu’il faut qu’à partir de ce qui se passe au Burkina Faso, qu’on ait désormais une jurisprudence qui ne pourra plus jamais être remise en cause. Et de la gestion que nous ferons de cette crise, dépendra l’avenir de ces coups de force anticonstitutionnels en Afrique ».

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