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Burkina Faso : l’armée demande aux putschistes de déposer les armes


Rédigé par DakarFlash.com, le Lundi 21 Septembre 2015 || 8 Partages

Burkina Faso : l’armée demande aux putschistes de déposer les armes
Les militaires disent vouloir désarmer «?sans effusion de sang?» les soldats de l’unité du président déchu Blaise Compaoré. L’armée du Burkina Faso a annoncé lundi que des unités loyales au gouvernement de transition convergeaient vers Ouagadougou à la suite du coup d’Etat de la semaine dernière, et a appelé les putschistes de la garde présidentielle à déposer les armes. 
Dans un communiqué signé par plusieurs chefs de l’armée, les militaires disent vouloir désarmer «?sans effusion de sang?» les soldats du Régiment de sécurité présidentielle, l’unité d’élite du président déchu Blaise Compaoré.

Le RSP, unité d’élite forte de 1.300 hommes, a renversé le régime de transition qui préparait la tenue d’élections générales prévues le 11 octobre. L’ancien commandant du RSP et bras droit du président Compaoré, le général Gilbert Diendéré, a pris la tête des putschistes. «?Nous leur demandons de déposer immédiatement les armes et de se rendre au camp Gal Sangoulé Lamizana?», une caserne de la capitale Ouagadougou, est-il expliqué dans le communiqué, qui promet aux putschistes que leur sécurité et celle de leurs familles seront assurées.

«?Risque de guerre civile?»

Les médiateurs régionaux ont annoncé dimanche soir qu’un projet d’accord avait été rédigé pour mettre fin à la crise politique ouverte par le coup d’Etat du 17 septembre. Mais cet accord, qui prévoyait notamment une amnistie pour les putschistes et la possibilité pour les anciens partisans de Blaise Compaoré de se présenter aux prochaines élections, a été aussitôt rejeté par la société civile et l’opposition. Interrogé sur RFI, le président par intérim Michel Kafando s’est dit lundi «?très réservé?» sur ce projet de sortie de crise, produit à l’issue de discussions auxquelles il dit n’avoir pas été associé.

Des manifestants hostiles au général Diendéré et à l’accord élaboré par le président sénégalais Macky Sall ont érigé des barricades et brûlé des pneus dans plusieurs quartiers de Ouagadougou, lundi. Des manifestations ont également eu lieu dans d’autres villes du pays, faisant craindre une flambée du conflit. «?Il y a un risque de guerre civile désormais. Si [Diendéré] reste au pouvoir, la population va se soulever?», estime Rinaldo Depagne, directeur pour l’Afrique de l’Ouest de l’organisation International Crisis Group.

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