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Burundi : plusieurs morts lors des opérations de ratissage ordonnées par le pouvoir


Rédigé par DakarFlash.com, le Lundi 9 Novembre 2015 || 21 Partages

Le feu couve au Burundi, où les échauffourées se multiplient. Au moins deux civils ont été tués et un policier blessé lundi 9 novembre au matin, lors d’une opération de police  dans la capitale Bujumbura, selon une source policière et des témoins. « Des criminels arm és » ont lancé une grenade sur une patrouille qui a répliqué, a justifié un officier ayant requis l’anonymat.

Les Burundais et la communauté internationale craignent une reprise des affrontements entre partisans du gouvernement et opposition qui ont fait 200 morts et 200 000 réfugiés depuis la fin du mois d’avril dans le pays. Les adversaires du président Pierre Nkurunziza lui reprochent notamment d’avoir brigué un troisième mandat, de manière contraire, selon eux, à la Constitution et à l’accord d’Arusha ayant mis fin à la guerre civile.

Le chef de l’Etat, réélu en juillet, avait lancé à ses  opposants un ultimatum, les appelant à déposer  les armes en échange d’une amnistie. Après son expiration dimanche, les autorités burundaises ont lancé une vaste opération de fouille dans l’un des principaux quartiers contestataires, Mutakura, dans le nord de la capitale. La police a présenté à des journalistes une dizaine de fusils et des grenades.

Les recherches se sont passées dans un calme relatif, mais des troubles avaient éclaté quelques heures plus tôt, dans la nuit. Neuf personnes sont mortes dans l’attaque d’un bar d’une zone supposée hostile au régime. « Ils leur ont tiré dessus froidement, c’était vraiment une exécution », a déclaré le maire de Bujumbura, Freddy Mbonimpa. Des témoins ont affirmé que les tueurs« étaient en tenue policière », accusant « des agents de police et des Imbonerakure (ligue des jeunes du parti au pouvoir) d’être responsables de ce massacre ».

Discours incendiaires du pouvoir

La présidence a tenté samedi de rassurer  la communauté internationale, inquiète des risques d’escalade après les discours incendiaires aux connotations ethniques de certains durs du pouvoir.« Il n’y aura pas de guerre ni de génocide » au Burundi, a martelé Willy Nyamitwe, influent conseiller  du chef de l’Etat. Le Conseil de sécurité de l’ONU doit se réunir  dans la journée de lundi pourexaminer  la situation.

L’histoire  du pays d’Afrique  centrale, voisin du Rwanda, a été marquée par des massacres entre Hutu et Tutsi et une longue guerre civile qui a fait 300 000 morts entre 1993 et 2006, ruinant l’économie du pays, essentiellement agricole.
 

Pris de panique, les habitants des quartiers de Mutakura et Cibitoke, hauts lieux  de la contestation antigouvernementale et où l’on recense chaque jour plusieurs morts, ont fui à l’arrivée des forces de l’ordre ces derniers jours. « Nous qui sommes restés sur place avons peur, car le quartier est totalement vide », a confié un habitant à l’AFP.

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