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Centrafrique: la grande insécurité complique le travail des humanitaires


Au Centrafrique, le deuil national décrété par le président Faustin Touadéra n'aura été que de courte durée. Alors que le pays était encore meurtri par l'attaque d'un camp de déplacés de Kaga-Bandoro par des hommes armés le 12 octobre dernier, hier samedi une nouvelle flambée de violence a frappé le pays dans la localité de Ngakobo proche de la ville de Bambari. Treize personnes ont été tuées dont un enfant, et une dizaine d’autres blessées. C'est dire si le climat sécuritaire se dégrade et cela a aussi des conséquences dramatiques sur le travail des humanitaires qui opèrent dans le pays.

Rédigé par DakarFlash.com, le Dimanche 16 Octobre 2016 || 786 Partages

Modou Diaw, le directeur pays de l'ONG IRC, revient tout juste d’une visite express dans la ville de Kaga-Bandoro où 37 personnes ont été tuées mercredi dernier. Visite express mais visite quand même car il a fallu échanger avec les équipes, constater les dégâts et surtout évaluer les réponses d'aide aux populations civiles. Et tout cela, malgré la réduction de l'accès des organisations humanitaires aux populations nécessiteuses. 
  
Nous avons constaté une situation très difficile, explique à RFI Modou Diaw. « A peu près 10 000 personnes ont fui leurs habitations et le site de déplacés où ils se trouvaient pour se réfugier à côté de la Minusca. Cette population, qui avait pu au fil des années, rassembler quelques biens personnels a tout perdu. Ils sont vraiment dans une situation de besoin total, dans une situation humanitaire très préoccupante ». 
  
Depuis le début de l’année, plus de 300 incidents ont été comptabilisés sur le personnel des ONG et trois humanitaires sont morts assassinés. « C’est vraiment l’insécurité, poursuit Modou Diaw, et les incidents se multiplient. Depuis quelques mois, le personnel humanitaire est parfois ciblé ». 
  
Une partie des acteurs humanitaires, qui avaient dû être évacués en raison de la tension, étaient revenus à leur postes mais les incidents de mercredi dernier ont de nouveau changé la donne, poursuit Modou Diaw. 
  
« Réduction de l’espace humanitaire, ça veut dire tout simplement que les humanitaires ne sont plus libres d’accéder aux populations qui sont dans le besoin parce que leur sécurité est directement menacée et ils ne peuvent plus faire leur travail », conclut Modou Diaw.
 
 
 
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