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Cheikh Tidiane Gadio : « Expulser un africain d’un pays africain, est déshonorant pour tous les africains »…


La décision du gouvernement sénégalais d’expulser manu militari, le militant panafricaniste Kémi Séba de notre pays (un sanctuaire majeur du panafricanisme), a créé une vive émotion et consternation dans les cercles politiques progressistes et les mouvements citoyens du continent et de la Diaspora.

Rédigé par DakarFlash.com, le Samedi 9 Septembre 2017 || 750 partages || 0 commentaires

 

La patrie de Cheikh Anta Diop, Abdoulaye Ly, Abdoulaye Guèye, Léopold Senghor, Mamadou Dia, Majmouth Diop, Makhtar Mbow, Oumar Blondin, Abdoulaye Wade, Sembène Ousmane, Ousmane Sow, des hommes et femmes « porteurs de pancartes » et tant d’autres (avant et après eux), a toujours été un refuge sûr et sans compromis des grandes causes panafricaines et de tous les Africains persécutés pour leurs idées ou pour leur engagement politique.

 

Ce n’est pas au moment où le Rwanda et le Bénin suppriment le visa d’entrée aux africains dans leur territoire, où des Africains debout se battent pour la libre circulation des Africains partout dans ce continent qui est leur patrie, leur destin et leur futur radieux, que le Sénégal peut expulser un militant panafricaniste vers la …France, contre son gré et dans une précipitation blessante pour lui, sa famille et ses amis.
 

Notre parti, le MPCL, réitère sans ambages, son adhésion totale et entière à la création -dans un processus maitrisé et conduit par nos propres experts- d’une monnaie commune africaine, comme l’avait proposé le héros et leader panafricaniste Kwamé N’krumah, il y a plus de 50 ans.
 

Du reste, la Banque centrale africaine et la Zone monétaire africaine ont déjà été adoptées par les pays africains depuis l’année 2000, lors de la création de l’Union africaine (Art 19 de la Charte de l’UA). Ces institutions financières panafricaines pouvaient –si elles étaient réellement opérationnalisées- accélérer la mise en place de la monnaie commune africaine mais comme on le sait, elles restent tributaires de la volonté politique de nos dirigeants.
 

Or donc, la plupart de ces dirigeants donnent l’impression d’avoir le pied plus sur le frein que sur l’accélérateur de l’intégration économique africaine et de l’unité politique du continent. Peu d’entre eux croient aux États-Unis d’Afrique et au combat pour la Renaissance africaine. D’où la nécessité d’intensifier le combat pour l’émergence de leaders panafricanistes sincères à la tête de nos États et ceci dans les meilleurs délais.
 

En attendant, Kémi Séba doit bénéficier d’une mesure de clémence, lui permettant de pouvoir fouler à nouveau le sol du Sénégal, pays qu’il aime et où il a choisi de vivre et de dérouler en partie son combat panafricaniste.
 

À dire vrai, les Sénégalais, dans leur écrasante majorité, n’ont pas eu l’impression que leur pays était en danger et que l’ordre public était en passe d’être gravement perturbé par une seule personne dont l’unique arme brandie jusque-là, étaient sa langue et ses convictions. Nos institutions sont beaucoup plus solides que la perception que semblent en avoir les autorités qui ont pris cette regrettable décision.
 

Pendant la procédure de levée de l’interdiction de séjour, des règles du jeu peuvent être négociées avec Kémi Séba pour le respect de ses droits de « citoyen africain chez lui en terre africaine du Sénégal » et pour le respect des règles d’un Ètat moderne comme le Sénégal, qui protège ses intérêts et en même temps, garantit toutes les libertés y compris celle de se battre pour une monnaie commune africaine. Le Mouvement Panafricain et Citoyen « Luy Jot Jotna » qui s’est réuni à Dakar, le 7 septembre 2017, a vigoureusement l’expulsion du Sénégal de l’activiste panafricain, Kémi Séba.


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