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Coups et blessures volontaires : Le maître coranique, la mort suspecte du talibé et le rapport d’autopsie


Rédigé par DakarFlash.com, le Mercredi 9 Mars 2016 || 335 Partages

Coups et blessures volontaires : Le maître coranique, la mort suspecte du talibé et le rapport d’autopsie

Maître coranique de son état, Mouhamadou Moctar Lô, âgé de 26 ans,  est dans de beaux draps. Le jeune enseignant poursuivi par le Tribunal d’instance de Louga pour  coups et blessures volontaires (Cbv) sur un enfant mineur de moins 15 ans, a été attrait hier devant la barre de cette juridiction. Très serein, le prévenu a tenté de nier (partiellement) les chefs d’inculpation retenus contre lui.  Les faits ayant valu à Oustaz Lô cette comparution devant le Tribunal remontent à la date du 06 février passé. Ce jour-là, tout avait démarré quand  un médecin officiant au centre hospitalier Amadou Sakhir Mbaye  a reçu en consultation l’enfant Cheikh Aw (9 ans), qui présentait  des lésions à divers endroits de son corps. La blouse blanche, qui n’a pas pu traiter son patient, décédé 24 heures après son hospitalisation, fait état dans le certificat de décès établi à cet effet, d’un «obstacle médico-légal». Ce qui laisse supposer aisément que la mort du jeune talibé est suspecte. Avisé, le commissariat urbain de Louga, pour tirer au clair cette affaire, a requis le médecin légiste,  Dr Ibrahima Diabaté, pour une autopsie. Dans son rapport, l’homme de l’art renseigne que le jeune Cheikh Aw est atteint d’un syndrome infectieux généralisé, avec une anémie sévère sur fond de maltraitance. Munis de cette information, les hommes du commissaire Waly Camara ont approfondi leur enquête, en auditionnant les autres pensionnaires de l’école coranique. Ces derniers, comme ils se sont passé le mot, ont tous avoué que leur maître coranique les battait  de manière régulière avec un câble de couleur noir. D’ailleurs, l’un d’eux a fugué pour retourner chez ses parents, ne supportant plus les sévices corporels qu’il subissait. Devant la gravité de l’accusation portée contre le sieur Lô, les policiers, qui ont retrouvé le câble évoqué par les enfants dans la chambre du maître coranique à la suite d’une perquisition, l’ont arrêté avant de le déférer au parquet, au terme de la durée légale de sa garde à vue.

Les charges des témoins

Attrait hier devant la barre du Tribunal d’instance de Louga, le prévenu Mouhamadou Moctar Lô, a certainement été pris au dépourvu par le médecin légiste, Ibrahima Diabaté, qui a fait défiler sur son téléphone portable  des planches photographiques où apparaissent sur le corps du défunt «des  lésions longilignes au niveau des fesses, de la cuisse, des bras et  au dos. Ces blessures, d’après lui,  seraient causées par un objet «contondant et uniforme».  Très prudent, M. Diabaté, qui est d’avis que ces traces pourraient être occasionnées par un châtiment corporel,  n’a pas cependant attesté que la mort du jeune mendiant est due  aux  lésions multiples constatées sur son corps. «Il fallait procéder à des analyses pour déterminer les vraies causes de la mort et cela n’a pas été fait», clarifie Dr Diabaté. Les témoignages des deux pensionnaires du «Daara» n’ont pas été non plus favorables au prévenu. Ils ont tous avoué que le sieur Lô les tabassait sauvagement quand ils ne maîtrisaient pas leur leçon. Interrogé, le prévenu s’est défendu, soutenant qu’il frappait ses élèves avec une tige s’ils commettaient une bévue. Toutefois, il a relevé que le défunt souffrait d’une maladie qu’il avait contractée avant sa venue à Louga. Dans son réquisitoire, le parquet a démonté cet argumentaire et  a laissé entendre que le délit de coups et blessures volontaires sont suffisamment établis. «C’est constant, Mouhamadou M. Lô tabassait souvent ses élèves. Cheikh Aw, qui souffrait d’une maladie, ne pouvait pas supporter les coups. Donc nous ne pouvons pas de manière péremptoire affirmer  que les coups reçus ont entraîné sa mort, mais ils ont peut-être aggravé sa maladie», a argumenté le parquetier, qui a requis une peine de 5 ans dont 2 mois ferme à l’encontre du sieur Lô. La défense assurée par Ababacar Sadikh Nam, a plaidé la relaxe. «Mouhamadou Lô traitait bien ses talibés. Le défunt est son neveu. Il souffrait d’une maladie qu’il traînait depuis longtemps. Rien ne prouve qu’il est l’auteur des lésions notées sur le corps du défunt. Et puis, si les coups étaient à l’origine de la mort du jeune talibé, les médecins allaient le dire clairement», plaide Me Nam. L’affaire est mise en délibéré au 22 mars prochain.

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1.Posté par mousseul le 09/03/2016 19:05
Les châtiments corporels sont interdits dans les écoles publiques. Et pourquoi pas dans les écoles coraniques ? Bon sang, quand l'Etat va - t-il légiférer pour réprimer sévèrement la maltraitance des enfants ? L'islam ne recommande pas d'apprendre le Saint Coran par la brutalité et la maltraitance des enfants.

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