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Déesse Major met les pieds dans le plat : «J’assume ! Je suis sexy, vulgaire, mais…»


Chacune de ses apparitions est escortée par des salves de critiques. Déesse Major est ainsi ! Personnage polémique et personnalité incomprise du mouvement Hip-Hop, elle s’est construite une notoriété dans la controverse. Après l’épisode de la danse en «slip» lors d’un show au stade, une nouvelle vidéo qui la met en scène dans des positions suggestives, circule sur le net. Devant le prétoire de L’Obs, elle en parle et assume son style, jugé sexy et vulgaire. Mieux, elle demande à ses détracteurs de ne pas la juger qu’en apparence. En chanson, ça donne «Wakh ko sa gars yi». Interview-vérité…

Rédigé par DakarFlash.com, le Jeudi 19 Mai 2016 || 561 Partages

Vous venez de lancer sur le marché un nouveau clip : «Wakh ko sa gars yi», dans lequel vous vous en prenez à vos détracteurs. Pourquoi en avez-vous senti le besoin ?

Je suis rappeuse et le Rap me le permet. Je peux dire tout ce que pense, ce que je ressens, sans tabou. Effectivement, le single «Wakh ko sa gars yi» est disponible depuis le mois de décembre. Le clip a naturellement suivi. J’ai décidé à travers cette chanson, de parler à mes détracteurs, à ceux qui n’essaient pas de voir plus loin que mon accoutrement sexy, mon look atypique. Ces gens-là ne cherchent même pas à aller en profondeur dans mes textes, à écouter mes chansons. Ils portent des jugements sur moi, sans me connaître. Ils ne veulent même pas reconnaître que je suis une jeune artiste talentueuse, qui maîtrise son art et est respectée par ses pairs rappeurs. Je suis en train de tout mettre en œuvre pour amener loin le «Hip-Hop Galsen», le plus loin possible. Au lieu de m’encourager, on me met plutôt des bâtons dans les roues. J’entends toutes sortes d’insanités sur mon compte. C’est de tout cela que je parle dans la chanson, qui est également un «egotrip». Un style musical qui me permet de me mettre en valeur, de flatter mon ego, de vanter mes qualités musicales. Maintenant, je suis tout à fait consciente que les rumeurs et autres jugements de valeur sont le lot quotidien des gens célèbres. C’est le revers de la médaille. Je l’accepte. En plus, je l’avoue, j’ai un style tape-à-l’œil, qui ne passe pas inaperçu, qui choque et donc les controverses ne vont pas manquer. Ma philosophie est que toutes ces critiques font de moi l’artiste que je suis. De toutes les manières, je suis d’avis qu’un véritable artiste doit être incompris, un mythe…

 

On peut être incompris sans pour autant choquer ?

Je suis d’accord, mais dans mon cas, c’est mon accoutrement qui choque. C’est normal.

 

Pourquoi avoir choisi un style qui frise l’indécence et la vulgarité?

Je suis une artiste et j’ai choisi de mettre en avant ce style-là. Cela ne gâche en rien mon talent. Il faut savoir dissocier le style du talent.

 

Certains disent que vous êtes vulgaire…

Je suis d’accord, mais il faut aussi dire que je suis très classe. J’assume carrément cette étiquette qu’on me colle. Je suis sexy, vulgaire, mais classe. Ces trois mots me qualifient parfaitement, c’est totalement moi.

 

Au final, les critiques de vos détracteurs sont donc fondées. N’avez-vous pas peur, à la longue, de vous mettre à dos le public sénégalais ?

Les gens exagèrent toujours les choses. Au jour d’aujourd’hui, je peux dire que j’ai beaucoup changé par rapport à mes débuts. J’ai revu beaucoup de choses dans ma garde-robe. D’ailleurs, mon dernier clip, que j’ai tourné à Paris, le démontre à suffisance. Je me suis habillée avec des vêtements très classe, différents de ce que portais avant. Même lors de mes dernières sorties, on peut s’en rendre compte. N’empêche, j’assume mon côté libre et extraverti, que j’exprime à travers mon style vestimentaire. J’insiste sur la fait qu’il ne faut pas non plus perdre de vue que je suis une artiste.

 

«La personne que je suis, en réalité, est loin de mon image d’artiste».

 

Vous vous cachez derrière votre statut d’artiste pour légitimer ce que d’aucuns qualifient de dérapages. Ne pensez-vous pas que vous passez à côté de l’essence même de l’art, qui est d’éduquer, de porter des messages, de servir des modèles aux jeunes, tout en joignant l’utile à l’agréable ?

Mes vrais fans, ceux qui prennent le temps de m’écouter, savent à quel point mes textes sont engagés. Les morceaux «Mou nice», «Geum sa bopp», le démontrent. Les Sénégalais ont tendance à ne s’arrêter qu’à la surface des choses. Dans mon cas, ils se limitent juste à mon profil et ne s’intéressent pas à ma musique. De plus, je n’invite personne à me suivre, à copier mon style. J’incite plutôt les jeunes à suivre le droit chemin. J’essaie de les éduquer. Ceux qui me côtoient savent quel genre de personne je suis. Je respecte profondément mon statut d’artiste. La personne que je suis, en réalité, est loin de mon image d’artiste.

 

Dans ce cas, on peut dire que votre apparence ne vous rend pas service ?  

Non je ne le perçois pas ainsi. Seulement, chacun à sa manière de voir les choses. Je suis une personne très ouverte d’esprit, qui n’a pas des idées arrêtées. Je suis artiste, je crée et j’innove. Je ne peux pas empêcher les gens de se faire leurs propres idées sur moi. En revanche, je sais qui je suis, d’où je viens et où je vais…

 

Pourtant, ce n’est pas ce que vous semblez véhiculer. En témoigne votre nouvelle vidéo, qui circule sur le net et dans laquelle vous vous livrez à une danse très suggestive…

C’est une vidéo que j’ai faite dans mon intimité. Il n’y a rien de mal, je suis seulement en train de danser dans mon salon…

 

Que dites-vous de votre tenue, ultra sexy, qui laisse apparaître certains de vos attributs ? C’est comme de l’exhibition…

C’est un short sous fesses que j’ai porté avec un débardeur. Je m’apprêtais à aller à la plage. J’estime que c’est une tenue très adaptée à la circonstance et je ne suis pas la seule à la porter. Après m’être filmée en dansant, j’ai posté la vidéo sur «snapchat», sans aucune arrière pensée. Je dansais tout simplement…

 

«Il n’y a rien de méchant dans la vidéo, je ne faisais que danser»

 

Mais on a comme l’impression que vous simuliez des positions…

Non, pas le moins du monde ! C’était une danse et rien de plus.

 

Vous avez certainement dû avoir des retours par rapport à cette vidéo ?

Je suis souffrante et alitée depuis avant-hier. Je n’ai pas allumé mon téléphone et donc je n’avais pas accès aux commentaires. Mais ça ne me surprendrait pas qu’on en fasse un tollé. Toutefois, Je n’aurais jamais pensé que cette vidéo allait se retrouver sur les sites en ligne. En la postant, je ne pensais pas à mal, je voulais juste partager une partie de mon quotidien avec mes fans. Je pensais que «Snapchat» était sécurisé et que personne ne pouvait avoir accès à mes vidéos.

 

Toujours est-il qu’en postant la vidéo sur un réseau social, vous vous doutiez qu’elle ne serait plus privée, puisque vos amis et ceux qui vous suivent y auraient accès…

Bien entendu ! Mes fans et les milliers d’amis qui me suivent y ont eu accès…

 

Ne pensez-vous pas qu’il y avait mieux, comme image à envoyer à vos amis et fans ?

Justement, je poste souvent des vidéos de moi et pas seulement de ce genre. Il y en a qui sont très instructives. Je publie différentes choses sur «Snapchat». Mais les gens ne retiennent et ne publient que ce qui les intéresse. Les actions humanitaires que je mène ne les intéressent guère. La presse en ligne ne retient que ce qui est sensationnel.

 

Quel était l’objectif de cette vidéo ?

C’était un délire, un moment d’évasion…

 

Et si les associations et autres organisations islamiques portent à nouveau plainte contre vous ?

La première plainte, je peux comprendre, puisqu’on me reprochait de m’être exhibée en tenue indécente dans un lieu public. Mais celle-ci est différente. Je l’ai filmée chez moi, en toute intimité. Si ces organisations portaient plainte, je saurais alors qu’elles ont un problème avec moi et ne sont nullement guidées par les intérêts des Sénégalais, comme elles le prétendent.

 

Ne craignez-vous pas une répercussion de vos actes sur votre vie future ?

Il n’y a rien de méchant dans la vidéo. Il s’agit juste d’une artiste qui a porté un short et un débardeur et qui danse sur un morceau. Toutes les filles s’habillent comme ça en allant à la plage et j’allais justement à la plage. Cela fait longtemps que j’ai soigné mon image et ma mise. Mes enfants sauront que leur maman était une artiste et qu’elle n’avait aucunement l’intention de mal faire en posant un tel film.

 

Comptez-vous vous marier un jour ?

Bien sûr !

 

Comment vos collègues rappeurs vous jugent-ils ?

Ils me respectent. Ils savent que j’ai du talent et que je suis de forte personnalité.

 

N’avez-vous pas eu à recevoir des propositions indécentes ?

Non ! Jamais ! Je n’ai jamais eu à faire face à de telles propositions. J’ai du caractère et je ne me laisse pas faire. Les gars me considèrent comme une «gansta».

 

Est-il facile d’évoluer dans le milieu hip-hop en étant une femme ?

Quand on est dans ce milieu, il faut se battre pour exister. Ce n’est pas évident, mais j’y arrive. Ce n’est pas facile. Je me suis battue toute seule et je ne compte sur personne pour y arriver. Les gens me voient avec mes tenues sexy, mais ils ne peuvent que s’en limiter à cela. Ils ne peuvent s’attendre à rien d’autre de ma part.

 

Comment votre famille vit-elle le tumulte qui escorte votre carrière ?

Ma famille est toujours présente à mes côtés. Elle m’assiste dans tous les actes que je pose. Je suis majeure et j’adore ma famille. Mes parents m’ont bien éduquée. J’ai toujours été correcte et ils savent jusqu’où je veux aller avec la musique. Ma famille a confiance en moi et certains commentaires ne l’ébranlent guère.

 

Comment voyez-vous votre avenir dans la musique ?

J’ai sorti mon premier single en 2013. Je n’ai pas encore d’album. Je compte porter haut et loin le hip hop sénégalais. Là, je reviens d’une tournée en France où j’ai parcouru plusieurs villes et joué dans des salles mythiques, qui accueillent souvent des ténors de la musique. Je suis aussi en pleine préparation de mon album, dont la sortie est prévue pour la fin de l’année 2016…

PAR MARIA DOMINICA T. DIEDHIOU

 


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