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Des enfants réfugiés: "Je n'imaginais pas ne plus jamais revoir mes parents"


Rédigé par DakarFlash.com, le Dimanche 31 Janvier 2016 || 19 Partages

Des enfants réfugiés: "Je n'imaginais pas ne plus jamais revoir mes parents"

Des enfants réfugiés partagent leur histoire. Quelle est la sensation d'être livré à soi-même à un âge qui demande la présence des parents et de quitter sa terre natale au péril de sa vie? Des jeunes afghans fuyant les Talibans aux survivants juifs des "Kindertransport" de la Seconde guerre mondiale, The Guardian a ouvert ses colonnes à quatre réfugiés. Récit poignant.

"Je n'avais aucun avenir. J'étais formé pour rester derrière une machine à coudre". Mohamed Hajy, Syrie.

L'aventure de Mohamed Hajy, 15 ans, a failli s'arrêter dans les eaux glacées au large de la Grèce. L'embarcation de 39 personnes sur laquelle il se trouve a commencé à couler et failli interrompre ses rêves de vie nouvelle. Proche de l'hypothermie, équipé d'un faux gilet de sauvetage et sachant à peine nager, Hajy devra son salut à l'intervention in extremis des garde-côtes. Un destin à peine pire que celui qu'il a fui quelques jours plus tôt, expliquera-t-il plus tard. En Syrie, il avait le choix entre s'engager dans l'armée de Bachar al-Assad ou de répondre aux avances de l'Etat Islamique. Et lors de son arrivée en Turquie, où il a migré quelques temps, il a été enrôlé avec d'autres enfants pour travailler. Question de survie. 

À bord du bateau de sauvetage, le rescapé montre une vidéo de lui à l'usine, derrière une machine à coudre. "C'était mon quotidien, 14 heures par jour", expliqer-t-il. "Mon chef me criait sans cesse: plus vite, plus vite". Un forçat qui lui rapportait à peine 275 euros par mois, à peine de quoi payer le loyer, et en totale contradiction avec la Convention internationale relative aux droits des enfants. Dépourvus de droits en Syrie et en Turquie, Mohamed poursuit sa route naturellement vers l'Europe, seul et sans parents. "En Turquie, mon avenir était bouché. La vie était horrible. Ma scolarité, je la passais derrière des machines à coudre. Et je refusais imaginer de poursuivre le restant de ma vie".

Son cas n'est malheureusement pas unique. Il est l'un des 400.000 réfugiés syriens en âge d'aller à l'école à être déscolarisé en Turquie.  Une situation qui les expose aux pires dangers. "Échouer dans l'éducation des petits réfugiés syriens expose une génération entière à des risques élevés", soulignait un rapport d'Human Rights Watch en novembre dernier. "Sans l'espoir d'un avenir meilleur, les réfugiés syriens n'ont pour seuls choix que de rentrer à leur risque et péril au pays ou à s'engager dans un dangereux voyage vers l'Europe". Mohamed Hajy en est la preuve vivante.

© afp.

"Quand je vois le nombre de noyés, ça me rappelle ma propre histoire. J'en fais encore des cauchemars" Gulwali Passarlay, Afghanistan.

Gulwali Passarlay n'a que douze ans lorsqu'elle quitte l'Afghanistan il y a neuf ans, contrainte par sa mère de fuir après le décès de cinq membres de sa famille victimes de l'armée américaine. "Je menais une vie heureuse de berger, je passais mon temps dans les montagnes avec mes grands-parents. Mon père était médecin, mais malheureusement, tout a basculé. Les talibans ont voulu nous enrôler. Nous avons dû fuir". 

Embarcation en surcapacité
S'ensuit une année d'errance, seul, au Moyen-Orient et en Europe, trimbalé par des trafiquants d'être humain, et avec le secret espoir de retrouver son frère en Grande-Bretagne. L'an dernier, aux premières heures de la crise des migrants, il a revécu son histoire par procuration, en lisant le récit d'enfants obligés de fuir. "Je sais ce que l'on ressent de mener un voyage dangereux et risqué. Des enfants y laissent leur vie", traumatisés par la peur de l'inconnu. "J'ignorais ce qu'il se passait, ce qui m'attendait. J'ai vu des gens mourir, notamment lors de ma traversée de la Méditerranée", entassés à 100 sur un bateau limité à 50 passagers pendant 49 heures.

Tandis que l'embarcation prenait l'eau, des gens ont commencé à sauter. Impuissant, Gulwali s'inquiétait en cas de noyade que sa famille ne puisse jamais récupérer son corps. "Les reportages évoquant la mort de migrants, noyés, sont le reflet de ma propre histoire. J'en fais encore des cauchemars".À sa plus grande surprise, jamais, au cours de son périple, à l'exception de l'Italie, il reçut les égards réservés aux enfants. Tour à tour emprisonné en Turquie et en Bulgarie, il fut expulsé d'Iran. Et une fois arrivé à Calais, dans l'attente de monter dans un camion en direction de la Grande-Bretagne, les autorités françaises l'arrêtaient quotidiennement. 

"J'ai pensé au suicide"
"La police me privait de sommeil. Il n'était pas sans savoir que j'avais passé la nuit à scruter la moindre occasion d'embarquer dans un camion. Mais, ils arrivaient toujours au petit matin dans la petite tente que je m'étais fabriquée, me réveillaient, m'emmenaient, m'aspergeaient d'eau froide et m'interrogeaient".Il parvient à franchir la Manche à 13 ans (à l'arrière d'un chargement de bananes). Sans passeport, sans certificat de naissance. "La police ne voulait pas croire mon âge, ma nationalité. En fait, elle ne croyait rien. Je me sentais victimisé. Vu la tournure des choses, j'ai un moment pensé au suicide". 

Gulwali dénonce la technique des autorités pour éviter de se préoccuper des jeunes réfugiers. "Ils vous donnent 16 ans, de la sorte, ils ne doivent pas se préoccuper de vous, vous placer ou vous scolariser", précise-t-il. Il y six semaines, il a rendu visite à la Jungle de Calais, où les conditions se sont empirées. "La Grande-Bretagne et l'Europe devraient avoir honte. Les gens de là-bas disent: nous avons besoin de nourriture, d'eau et d'un refuge, mais ce qu'il manque, c'est surtout du respect et de la dignité".

Si, aujourd'hui, il a retrouvé son frère, ses problèmes restent présents. "Vous êtes entre des mains étrangères. Je n'ai pas vu ma mère depuis 10 ans. Ma bien-aimée grand-mère est morte en mon absence. Ma petite soeur aussi. Que signifient la sécurité, l'éducation et les opportunités que j'ai, si je ne peux être auprès de ma soeur et la tenir dans les bras?".

© afp.

"J'ignore combien de temps ce voyage a duré. J'ai vu la mort". Najeebullah, Afghanistan.

Najeebullah n'a que 13 ans lorsqu'il débarque, seul, en Grande-Bretagne après un long voyage depuis Jalalabad, en Afghanistan. "J'ignore combien de temps cela a duré", dit-il. "Je me souviens d'une forêt, d'une rivière, d'un bateau. Il nous est arrivé de marcher 24 heures sans discontinuer, dans la neige, à travers les montagnes. Les gens arrivaient, d'autres disparaissaient. Nous étions parfois dix, parfois cent. Je n'en connaissais aucun. J'ai vu la mort".

"Votre fils sera le prochain"
La décision de quitter sa terre natale fait suite à l'enlèvement d'un ami à la mosquée par les talibans, "pour en faire une bombe humaine, sans doute. J'ai arrête de fréquenter la mosquée. Ensuite, les tabilans sont venus chez nous et ont menacé mes parents: Votre fils sera le prochain. Du coup, ils ont vendu quelques terres pour me payer le voyage. Je n'ai pas eu le choix". 

Il passera "deux ou trois" mois dans la jungle de Calais. "J'avais tellement froid. Je ne pense pas avoir dormi plus d'une heure par nuit. Nous n'avions rien pour nous nourrir, rien pour nous laver". Jusqu'au jour où un homme est venu le voir et lui a ordonné de monter dans un camion. "Après une, deux heures, quand vous sentez que le camion a quitté le bateau, vous pouvez sortir. Vous êtes en Angleterre". 

Sans nouvelles de sa famille
Nous sommes en 2009. Après plusieurs ville, et plusieurs familles d'accueil ("elles étaient très gentilles avec moi") Najeebullah est placé à Ilford, comme de nombreux jeunes Afghans, et est scolarisé. "Les enseignants étaient incroyables. Nous avons ête très bien encadrés". Titulaire d'un diplôme et détenteur du statut de réfugier, le jeune homme d'aujourd'hui 19 ans, vient de mettre sa formation de plombier entre parenthèse pour économiser un peu d'argent en exerçant un métier de gardien.

De sa famille, il n'a plus de nouvelle depuis un appel effectué peu après son arrivée. "J'ai appelé un numéro que ma maman m'avait donné pour lui annoncer que j'étais vivant. Elle a pleuré. Mais depuis lors, le numéro est inaccessible. J'ai essayé d'obtenir des informations via la Croix-Rouge, mais c'est compliqué. J'ai peur que les choses tournent mal pour eux si je tente de les joindre, que cela fasse trop de bruit. J'espère qu'ils vont bien".

Les "Kindertransport" ont permis à des milliers d'enfants juifs de fuir la répression nazie. © ap.

"Je me suis souvent demandé ce qu'il se serait passé si les Kindertransport n'avaient jamais existé". Ernest Simon, Autriche. 

Les douze coups de minuit viennent à peine de sonner, ce 11 janvier 1939 quand Ernest Simon, huit ans, embarque dans ces trains baptisés "Kindertransport" à la Wien Westbanhof de Vienne. De ce jour, il se remémore un numéro de matricule accroché au cou et les au-revoir à ses parents et à son frère cadet. "Je ne comprenais pas les implications", se souvient-il sans pouvoir expliquer pourquoi il avait été choisi au lieu de son frère. "Je n'imaginais pas que je pourrais ne plus jamais les revoir. C'est impensable à huit ans. J'assimilais mon départ à une aventure. Tout ce que je savais, c'est que j'allais vivre avec une sympathique famille juive
en Angleterre". 

"Nuit de cristal"
Les Kindertransport avaient débuté un mois plus tôt, en réaction à la brutale "Nuit de Cristal". Le 14 mai 1940, jour du dernier trajet d'un Kindertransport, entre les Pays-Bas et la Grande-Bretagne, quelque dix mille enfants sans parents, âgés entre 3 et 17 ans, avaient accompli les deux jours de voyage depuis l'Autriche, l'Allemagne, la Pologne et la Tchécoslovaquie, vers une destination qui deviendra pour la majorité leur maison. La plupart des parents et de l'entourage laissés au pays tomberont sous les balles des Nazis. 

"Mes souvenirs de ce voyage sont diffus. J'ai dû dormir. Je me souviens avoir souffert du mal de mer. À mon arrivée à Liverpool, j'ai passé lé nuit dans un hôtel - chose que je découvrirai des années plus tard- et ensuite à Leeds".La tante de Simon était déjà présente. Elle s'est assurée, avant son arrivée, qu'il ait des papiers en règle et a même trouvé un couple intéressé d'employer les parents de Simon comme servants à demeure. Quelques semaines plus tard, le reste de la famille l'a rejoint. Quand la guerre a éclaté, Simon et son frère ont été évacués dans un village de Lincolnshire. 

Un fils à Bruxelles
"J'ai vécu dans une famille de fermiers qui ne parlait pas un mot d'Allemand. J'ai été obligé de parler anglais à tel point que lorsque ma mère m'a rendu visite, je lui répondais en anglais. Elle a fondu en larmes". Ernest Simon, qui a aujourd'hui 85 ans, vit désormais au nord-ouest de Londres avec son épouse. Ils ont un fils, qui réside à Bruxelles. Il n'est jamais rentré au pays. "Je me sens britannique à part entière. Quand je visite l'Autriche, je me sens un peu étranger. Je suis retourné plusieurs fois à Eisenstadt, ma ville natale, et me suis souvent demandé ce qu'il serait advenu sans l'existence des Kindertransport; une question à laquelle il est impossible de répondre".
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1.Posté par eva provok le 31/01/2016 11:37
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