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Deuxième élimination d'affilée au CHAN : Le profond sommeil du football local sénégalais


Rédigé par DakarFlash.com, le Jeudi 29 Octobre 2015 || 18 Partages

Deuxième élimination d'affilée au CHAN : Le profond sommeil du football local sénégalais

L’élimination au Chan Rwanda 2016 samedi par la Guinée repose le débat sur la valeur du football local qui souffre du manque de moyens. C’est vrai que depuis sa première année en 2008-2009 beaucoup de choses ont été faites dans l’organisation interne des clubs mais il reste encore une montagne à peindre et à fasciner. Depuis trois saisons, on assiste aux départs des meilleurs joueurs dans ce championnat dans le Maghreb ou les pays scandinaves à des prix parfois dérisoires. Ces derniers ne parviennent pas à s’intégrer correctement dans ces champions et effectuent d’interminables va-et-vient.

L’échec face à la Guinée (0-2, 3-1) trouve son justificatif dans cette  saignée. En moins de deux mois, l’équipe nationale locale a perdu ses titulaires qui ont permis au Sénégal de franchir le premier tout face à la Gambie (3-1, 1-0). Et Moustapha Seck n’a pas eu le temps de rebâtir un groupe soudé avec les mêmes automatismes. Sur son 11 de départ au premier tour, il ne lui reste que six joueurs : Bamba Thioub (gardien), Alioune Ndiaye, Matar Kanté, Ousseynou Thioune, Boubabar Cissokho et Abdoulaye Bâ. Il s’est contenté de mettre des U23, certes des joueurs locaux, mais qui n’ont pas eu le temps de prendre leur marque. Titulaires indiscutables, Augustin Ndiaye, Mamadou Niang, Mohamed W. Ndoye, Ousmane Mbengue et Pape Amadou Touré, sont partis monnayer leur talent à l’étranger et dans des pays comme le Maroc, où les clubs ne respectent pas leurs engagements.

L’absence de politique

Pourtant, il y avait une possibilité de les retenir au Sénégal si les clubs étaient financièrement forts, la Ligue professionnelle et la Fédération soucieuses des enjeux du futur et ne voulant pas couper la bonne progression des résultats enregistrés depuis la Coupe du monde U20 et le sacre des U23. La Fsf pouvait proposer des contrats d’objectifs aux joueurs en leur payant un salaire tout au long de l’exercice 2015-2016 pour permettre au Sénégal de se qualifier au Chan. Ce qui serait une bonne chose pour les joueurs mais aussi pour leurs clubs qui aimeraient encore garder leurs éléments pour relever les défis de la nouvelle saison. Cela demande d’abord une organisation parfaite des ressources et des infrastructures de base. Des choses qui font défaut à notre cher Sénégal où les clubs se démerdent de gauche à droite pour payer les salaires des joueurs et répondre aux nombreuses attentes. La faute à une Ligue impuissante et qui tire le diable par la queue. Pendant presque sept ans, le sponsor leader de la Ligue professionnelle, Orange ne verse qu’un milliard cent cinquante millions. Alors que la structure inonde le championnat professionnel avec ses produits. Elle ne peut même pas mettre une connexion de qualité dans les différents stades. Des choses tellement basiques… Les clubs refusent presque à chaque finale de coupe de la Ligue de mettre les maillots du sport qui ne sont pas de bonne qualité, bref à l’image de son réseau. Dans cette situation, Orange n’est pas l’unique responsable mais c’est la Ligue de football qui manque d’ambitions et cela plombe l’essor du football local qui doit être repensé. Le Sénégal a tout ce qu’il faut pour avoir un championnat de qualité, mais il souffre de sa désorganisation chronique. Il faut que toutes les parties composantes du football se retrouvent pour dégager les voies et moyens pour offrir aux joueurs nationaux un championnat digne. Le rôle de l’Etat est aussi important car depuis 2009 la Ligue fonctionne avec ses propres moyens. Au Gabon, l’Etat injecte près de 12 milliards chaque an dans le football professionnel. On nous parle d’émergence au Sénégal alors qu’on peine à copier les bonnes choses.

La Dtn, le problème majeur…

Le football d’un pays ne peut pas reposer simplement su l’équipe nationale A. Des efforts sont faits dans la prise en charge des petites catégories, mais c’est insuffisant. Et c’est là qu’intervient le rôle du Directeur technique national qui doit développer la politique fédérale. Mais, cette commission ressemble à une coquille vide. Le patron ne s’occupe que l’équipe senior. Il est aussi comptable que la fédération et les coaches des échecs des équipes. Est-il le meilleur ou c’est juste un choix de complaisance ?  C’est difficile pour un Dtn qui est entre deux avions de suivre correctement l’évolution du football local et d’aller dans les profondeurs du Sénégal pour dénicher les perles rares. Cela demande une présence sur le terrain et aussi une bonne politique. Les équipes nationales sont formées par des joueurs venus de centres comme Diambars, Génération Foot, Case, Aspire et autres, des produits  finis. Tous les coaches virés dans les différentes sélections essaient de développer la politique de direction technique nationale de Mayacine Mar.

C’est encore le temps des regrets et des si…si… et on oublie l’essentiel. A ce rythme, on va rater d’autres éditions du Chan et s’arrêter encore pendant des années aux tours préliminaires des compétitions des clubs, si aucune solution n’est trouvée pour créer des infrastructures de qualité, renforcer les moyens des clubs, afin  retenir les joueurs et réorganiser la Dtn qui multiplie les hors-jeux.

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