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Dialogue du 28 mai ; Parfum de deal entre les libéraux et les apéristes


Rédigé par DakarFlash.com, le Mardi 31 Mai 2016 || 41 Partages

Dialogue du 28 mai ; Parfum de deal entre les libéraux et les apéristes
Le parti démocratique sénégalais qui s’est, jusque-là, singularisé par une farouche opposition au régime de Macky Sall, a pris le contre-pied de ses alliés qui ont profusément sué pour la libération de Karim Wade. En prenant part au dialogue dit national, les libéraux semblent avoir deviné que la libération de leur candidat est toute proche. 

Il avait été dit que l’emprisonnement de Karim Meissa Wade était une demande sociale. Faut-il maintenant un dialogue national pour décider de son élargissement, voire de son blanchiment ? Me El Hadji Diouf, qui n’est pas loin de porter la parole officieuse de Macky Sall, a déjà campé le décor en ces termes : «Un président doit avoir le culte du pardon. Monsieur le Président, on vous assure que vous êtes le roi des arènes, vous êtes le plus puissant. Le procès de Karim est fini. Donc, je vous demande de le gracier. Ceux qui vous disent que quand il sortira, il va vous créer des problèmes, se trompent. Karim est un Sénégalais comme les autres centaines de Sénégalais que vous avez graciés. De deux, il est un fils unique d’un couple de vieillards, sa femme est décédée et n’a que des gamins comme enfants. Je vous demande de le grâcier». Un discours aussi flatteur qu’émouvant, qu’aucun responsable du Pds ou de l’Apr ne saurait tenir. Et qui connaît le tonitruant avocat sait qu’il n’est pas du genre à lâcher le morceau aussi facilement. 

Si le deuxième épisode du dialogue venait à être déroulé, le député reviendrait très probablement en charge. A défaut de pouvoir réduire le dialogue dit national à cette porte à ouvrir à Karim Wade, Me El Hadji Diouf pourrait bien l’inscrire à l’ordre du jour. 

Les libéraux au garde-à-vous 

Cet élargissement décidé dans un contexte de dialogue dit national, ne mécontenterait absolument pas Macky Sall. L’ancien ministre d’Etat Karim Wade a déjà bouclé la moitié de la peine que la Cour de répression de l’enrichissement illicite (Crei) lui a infligée. Rien ne s’oppose, aujourd’hui, à ce qu’il fasse prévaloir ses droits en vue de sortir de prison. Pour Me Khoureichi Bâ, que nous avons joint au téléphone, il suffit à Karim Wade d’obtenir un quitus attestant de sa bonne conduite en prison pour que les portes de celle-ci s’ouvrent grandement. Et, pour Macky Sall, vaudrait mieux faire sortir le fils de Wade avant qu’il ne le fasse tout seul, renforçant ainsi sa carapace d’opposant.   

Si cette voie, le présentant comme un président ayant le culte du pardon, enchante le chef de l’Etat, elle ne présente pas moins d’embûches pour les libéraux. Et ceux-ci n’ont absolument pas l’intention de griller leur candidat qui aura bénéficié de la magnanimité de Macky Sall pour se tirer d’affaire. Ce que les libéraux cherchent, en se présentant au dialogue de celui qu’ils ont passé quatre ans à vilipender, ne s’appelle pas «grâce présidentielle». Et comme l’a précisé Me Bâ, une grâce ou une liberté conditionnelle au profit de Karim Wade ne signifie nullement absolution des «pêchés» listés par la Crei. Alors qu’avec une loi d’amnistie, ce serait l’apothéose pour ces libéraux qui ont longtemps clamé l’innocence de Wade-fils. Le prédécesseur de Macky Sall avait, après un peu plus de quatre ans passé à la tête du pays, sorti la Loi Ezzan. Ce texte avait institué une amnistie pour tous les auteurs et commanditaires de crimes et délits en relation avec les élections de 1993 à 2004. Et si une loi avait fait table rase sur l’assassinat du magistrat Me Babacar Séye, une autre loi pourrait bien multiplier par zéro la traque aux biens mal acquis. Le président Macky Sall qui le sait bien pour avoir été le Premier ministre quand cette loi fut votée, peut bien tirer de son chapeau un projet de loi allant dans ce sens que les parties prenantes au dialogue s’approprieraient. 

Seulement, pour que ce scénario puisse prospérer, les libéraux se devaient d’occuper les sièges qui leur avaient été réservés à la présidence de la République le 28 mai dernier. Et, sans doute, se montrer aussi peu chevaleresque que l’a été Ousmane Faye qui a la particularité d’être un des responsables de l’opposition les moins prolixes quand il s’agit de descendre Macky Sall en flammes. 

Et, après avoir mis le Pds dans sa poche, qu’est-ce qui empêcherait au président Macky Sall d’enclencher la procédure devant permettre la prorogation du mandat des députés ?
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