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Diop Fall, comédien : «Si je n’avais pas divorcé, j’en serais (...), Le théâtre est inné en moi ...Dieu a fait que je sois en phase avec beaucoup d’artistes-comédiens, notamment Kombé, Méless qui....»


Le commerce facile, Diop Fall, artiste-comédien, tonne et détonne par son sens de l’humour. Il crève la petite lucarne et s’impose comme l’un des comiques les plus talentueux du moment…

Rédigé par DakarFlash.com, le Samedi 24 Septembre 2016 || 3583 Partages

Diop Fall, comédien : «Si je n’avais pas divorcé, j’en serais (...), Le théâtre est inné en moi ...Dieu a fait que je sois en phase avec beaucoup d’artistes-comédiens, notamment Kombé, Méless qui....»
Par son fou rire qui déchire la petite maisonnée des Fall, posée à côté de la grande mosquée de El Hadji Amadou Baro Ndiéguène, sur la route de Saint-Louis, Diop Fall charrie la joie de vivre dans son entourage. No stress ! Tout est occasion, pour lui, de faire rire les siens. Le sens de l’humour en bandoulière, Diop Fall tonne, cartonne et détonne. Son quotidien est parsemé de scènes comiques. A la maison, dans la rue, il joue du théâtre, fait le clown. Grimaces, gestuels, mimiques, envolées lyriques meublent son vécu. «Le théâtre est inné en moi. Je ne m’en rends même pas compte quand j’accompagne mes paroles de gestuels de théâtre». Cela ne surprend guère les Thiessois qui connaissent ses parents. Son père, un gendarme assez comique à la retraite, a ce don d’égayer la famille. Sa mère, apparentée à la grande cantatrice Kiné Lam, était la chanteuse attitrée de la défunte ministre socialiste sous Abdou Diouf, Mantoulaye Diène.

 

Griot de souche

Marié et père de plusieurs enfants, Diop Fall a connu d’abord un premier mariage qui n’a duré que le temps d’une rose. «Si je n’avais pas divorcé, j’en serais à ma seconde épouse. Celle avec qui je suis aujourd’hui est exceptionnelle. Je l’aime à mourir», dit-il. Né le 15 janvier 1975, Diop Fall a été élevé par une mère cantatrice. Et la petite maisonnée des Fall était le point de convergence des précurseurs du théâtre dans la Cité du Rail. «Je suis né dans le milieu du théâtre. Notre maison familiale était le lieu de rencontre de beaucoup d’artistes-comédiens. Je peux citer Jean Ndiaye (artiste décédé) qui a joué dans le film «Guélewar» (de Ousmane Sembène), Mbaye Sylla, Diaga Diack… Ils animaient une grande troupe théâtrale chez nous», confie-t-il. L’une des épouses de son père, Khady Diop Thiossane, était membre de ladite troupe. Diop Fall se souvient de cette époque où, perché sur ses 10 berges, le théâtre était une véritable représentation scénique qui s’accompagnait de tam-tams, de danses, de ballets, de chorégraphies, de chants etc. «Je suis issu d’une famille griotte. Et je suis fier d’être griot. J’ai donc le rythme et la danse dans le sang», s’enorgueillit-il. Malgré qu’il soit issu d’une famille griotte, le pater souhaitait à son fils une vie loin des planches. Mais Diop Fall qui était loin d’être un esprit brillant à l’école, abandonnera prématurément ses études en classe de Cm2.

 

Le théâtre dans le sang

Après avoir quitté l’école, il a exercé plusieurs métiers sans succès, notamment la menuiserie métallique, la couture, entre autres. Mais à chaque fois, il est attiré par le théâtre. «Le théâtre est inné en moi. Tout ce que je peux dire, si un décret était tombé pour interdire le théâtre, je serais chanteur. Si on interdit le chant, je vais devenir batteur de tam-tam. S’il est interdit de battre du tam-tam, j’investirai la danse. Je suis griot, cette vie de théâtre, de danse, de chant est mon destin», soutient-il. Haut du formulaireBas du formulaireHaut du formulaireSa carrière commence véritablement en 2006. Il joue le rôle de l’oncle dans la pièce «Azou le beau», un jeune aux manières efféminées, avec la troupe «Gëstou xam-xam» de Bargny. Ensuite, il commence une série d’expériences avec Kajoor téléfilm de Cheikh Guèye Niang. Il réalise «Galu Kadjor», «Serigne Mbalax man», «1 million de dollar»… Sa tronche de guignol commence à être familière dans la petite lucarne. Toutefois, Diop Fall ne verse pas dans l’autosatisfaction ou l’autoglorification. Le succès étant éphémère, l’artiste-comédien veut garder la tête sur les épaules, à l’image de ses idoles, notamment Makhouradia Guèye, Babou Faye et Baye Peulh qui l’inspirent.

 

Le langage grossier, un héritage culturel lébou

En 2012, le décès de sa mère l’anéantit. En plein tournage de la pièce «Korou Dialgaty», son téléphone sonne. Il décroche, au bout du fil, sœur lui annonce le décès de sa mère. Malgré cette annonce fatale, il décide de poursuivre la scène. «J’ai voulu continuer, mais c’était difficile. Je transpirais fortement. Et finalement, il m’était même impossible de soulever le pied.» Depuis, de l’eau aura coulé sous les ponts. Et Diop Fall continue d’accumuler les succès. Le langage grossier, Diop Fall heurte parfois certaines sensibilités. «Je présente mes excuses aux téléspectateurs. Seulement, j’ai grandi dans le milieu des Lébous. Entre un père lébou et son fils, il lui arrive de lui dire : «Je vais te casser la gueule» (en wolof «dina la gnousse»). Lors des tournages, il m’arrive de dire souvent : «Tu mens» (en wolof «y a mana fène»). Cela peut choquer, mais je m’excuse. C’est juste culturel», explique-t-il. Quand il est en action, il ne sait plus se retenir.

 

250 000 FCfa, son plus petit cachet actuellement

L’homme vit du théâtre, son métier. «Aujourd’hui, si on me propose un salaire mensuel de 250 000 FCfa dans la Fonction publique ou ailleurs, je refuserai. Je gagne plus avec le théâtre. Cette somme est le plus petit cachet que je perçois lors de mes prestations. Il nous arrive de jouer plusieurs programmes dans le mois. Je touche du bois», dit-il. Et Diop Fall partage tout ce qu’il gagne avec sa famille et ses proches qui l’ont vu naître et grandir. Leurs prières l’accompagnent. Les portes de la chance s’ouvrent partout. Et aujourd’hui, des télévisions, comme la Tfm, acceptent tous les produits qu’il leur propose. L’homme fait son bonhomme de chemin. Toutefois, il aurait souhaité l’accompagnement des pouvoirs publics. «Comme les lutteurs, les artistes-comédiens doivent être valorisés, en termes de formation et d’accompagnement. Au lieu de les diaboliser, ils méritent respect et considération, parce qu’ils exercent un noble métier», dit-il. Diop Fall rêve d’avoir une belle voiture, une belle maison, de mieux soutenir son père et sa famille.

 

«Père» de Kombé et Méless

Dans le théâtre, il a connu les deux facettes de la vie : le malheur et le bonheur. C’est en pleine répétition qu’il a appris le décès de sa mère, puis de sa sœur. C’est dans ces mêmes circonstances qu’on lui a annoncé la naissance de son fils Mouhamed. De commerce facile, Diop Fall entretient de bons rapports avec ses pairs artistes-comédiens. «Dieu a fait que je sois en phase avec beaucoup d’artistes-comédiens, notamment Kombé, Méless qui me considèrent comme leur ‘’père’’. J’ai d’excellentes relations avec les membres de la troupe ‘’Soleil Levant’’.»

 

«1 kilo de gris-gris contre les coups mystiques»

Dans cet univers où il lui arrive de recevoir des coups… mystiques, Diop Fall se blinde. «J’ai entendu un marabout dire que, si on ne trouve pas plus d’un kilo de gris-gris sur un corps sans vie, c’est que la victime s’est suicidée. Je ne ménage rien (poudre et potion magique, gris-gris…) pour ma protection. C’est nos réalités de nous blinder en tout temps et en tout lieu», signale-t-il. De son nom à l’Etat-civil, Mouhamed Diop Fall, par respect au vénéré Prophète (Psl), les siens se contentent de ses deux noms Diop Fall et souvent, on lui colle l’étiquette «Mbeuk». Avec sa grosse tête, bon joueur de foot, il marque beaucoup de buts de la tête. «Et quand je me bagarre, lorsque je donne un coup de tête, j’arrache au moins 2 dents à mon adversaire», lance-t-il. Mais Diop Fall, ambassadeur de la paix, cherche avant tout à faire plaisir à tout le monde. En atteste le mot qu’il articule souvent sur scène : «Wa Salam (la paix)»…


L'Obs


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