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Dix combattants partis en Syrie ont perdu leur droit de séjour


Rédigé par DakarFlash.com, le Samedi 17 Octobre 2015 || 27 Partages

Dix combattants partis en Syrie ont perdu leur droit de séjour
Une dizaine de combattants partis de Belgique vers la Syrie ont perdu leur droit de séjour en Belgique au cours des mois passés, a confirmé le secrétaire d'Etat à l'Asile, Theo Francken (N-VA), au député N-VA Koen Metsu. Les décisions sont assorties d'une interdiction de 10 ans d'entrer sur le territoire belge.
Au total, 10 à 15% des combattants partis de Belgique en Syrie n'auraient pas la nationalité belge, explique Metsu. Un certain nombre d'entre eux sont éligibles à cette mesure, dans ce cas leur dossier est examiné au cas par cas pour déterminer quelles sont les possibilités juridiques. 

"Nous sommes vigilants et veillons à ce que chaque dossier soit examiné avec soin et lorsque c'est nécessaire que les procédures légales et juridiques soient entamées", a répondu M. Francken.

Absence de réintégration
Le groupe de travail des Nations Unies, qui s'est rendu cette semaine en Belgique afin de se pencher sur le phénomène des combattants étrangers dans le pays, a présenté vendredi ses premières recommandations au terme de sa visite. Les représentants onusiens soulignent notamment le manque de programmes de réintégration et de réhabilitation structurés pour les rapatriés en Belgique. Il a également dressé un profil type des personnes parties combattre en Syrie et en Irak.

Les experts de l'ONU ont d'abord félicité les différents acteurs belges pour avoir pris des initiatives pour faire face à la problématique des combattants étrangers. "Il s'agit d'une première réponse, dont nous devrons encore étudier l'impact. Mais il est déjà très positif que ces initiatives soient prises", explique l'experte Elzbieta Karska. Le nombre total de combattants belges à l'étranger tourne donc autour de 500. Parmi eux, 128 personnes sont rentrées, 77 sont mortes et 62 ont été empêchées de partir. 

Recommandations
Quelque 30.000 combattants étrangers sont dénombrés en Irak et en Syrie. Le groupe onusien a émis plusieurs recommandations à la Belgique, dans le cadre des douze mesures prises par le gouvernement en janvier dernier. Il demande ainsi que les droits de l'homme soient davantage respectés, en particulier en ce qui concerne les droits au respect de la vie privée, à la liberté d'expression et de mouvement et les droits à une nationalité. Ensuite, les experts ont dénoncé le manque de programmes de réintégration et de réhabilitation structurés pour les rapatriés. 

"Nous recommandons l'application de pratiques de mentorat, comme le modèle Aarhus au Danemark, dans les communes comme celle de Vilvorde et la communauté francophone", ont-ils souligné. Les profils des combattants étrangers sont divers, mais le groupe a toutefois tenté de dresser un portrait approximatif: "on peut affirmer que leur âge moyen se situe aux alentours de 23 ans et moins. Les femmes sont également de plus en plus nombreuses à partir. Par rapport à l'année dernière, les jeunes hommes sont aussi moins nombreux à partir."

 

Les projets de la Belgique inquiètent
Le Haut Commissariat aux Réfugiés (HCR) des Nations unies a exprimé vendredi son inquiétude à propos des projets du gouvernement en matière de droits des réfugiés. Il épingle en particulier la restriction du regroupement familial envisagée par l'équipe fédérale. Si un réfugié introduit une demande de regroupement familial dans l'année qui suit la reconnaissance de son statut, il ne doit pas apporter la preuve qu'il dispose d'un logement suffisant, d'une assurance-maladie pour les membres de sa famille et de revenus stables, réguliers et suffisants. Le gouvernement envisage de réduire ce délai à mois d'un an, a indiqué le secrétaire d'Etat à l'Asile, Theo Francken, le 24 septembre. 

Or, beaucoup de réfugiés ont perdu la trace de leur famille et constituer un dossier peut dès lors leur prendre beaucoup de temps, sans tenir compte des coûts de procédure (180 euros par personne, légalisation et traduction de certains documents, production de certificats médicaux). Quant aux conditions matérielles imposées ensuite, elles peuvent être "particulièrement difficiles à remplir", vu les circonstances dans lesquelles ont fui de nombreux réfugiés, selon le HCR. 

Longue séparation
L'organisation craint dès lors que la plupart des réfugiés ne reste longtemps séparés de leur famille qui souvent se trouve dans une situation dangereuse. "Cela peut conduire des personnes à s'adresser à des trafiquants, à passer par des routes maritimes dangereuses et recourir à des formes d'immigration illégale", avertit-elle.

"La crise actuelle des réfugiés ne peut être résolue que grâce à des procédures de regroupement familial plus flexibles, des visas humanitaires ou autres et des programmes de réinstallation étendus comme le propose la Commission européenne. Le regroupement familial est une condition essentielle de l'intégration. Nous ne pouvons pas attendre des réfugiés qu'ils s'intègrent bien s'ils doivent constamment se faire du souci pour leurs enfants et leur conjoint et les situations de danger potentielles dans lesquelles ils se trouvent", a expliqué le représentant du HCR pour l'Europe de l'ouest, John Frederikson.

Le HCR demande à la Belgique de ne pas imposer des tels délais dans les procédures de regroupement familial des réfugiés.

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