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El Hadji Diouf, ancien joueur de Liverpool (2002-2004) : «La chance de Sadio…»


Rédigé par DakarFlash.com, le Mercredi 29 Juin 2016 || 51 Partages

 

Après avoir éclaboussé la Coupe du Monde 2002 de son immense talent, El Hadji Diouf avait rejoint les rangs du mythique club de Liverpool. Mais l’aventure s’est révélée difficile pour le double ballon d’or africain. Qui, fort de cette expérience, prodigue de sages conseils à son frangin, Sadio Mané, qui vient de déposer ses valises à Liverpool.

 

El Hadji, c’est maintenant officiel ; Sadio Mané vous succède à Liverpool, vous y étiez arrivé en 2002 avec Salif Diao. A-t-il fait le bon choix.

«C’est une très belle chose pour le football sénégalais et africain de manière générale. L’équipe nationale doit en tirer profit. Sadio va jouer des matches de haut niveau, parce que Liverpool n’est pas         Southampton, c’est une des meilleures équipes du monde. En allant là-bas, il franchit un cap. Le caractère et le vécu qui font les grands joueurs, il les aura à Liverpool.

En allant à Liverpool après deux saisons à Southampton et au moment où les Reds sont en reconstruction, Sadio a-t-il une chance que vous, vous n’aviez pas en 2002 ?

Sadio et moi, ce n’est pas la même époque. Quand je signais à Liverpool, je ne parlais même pas la langue. Deuxièmement, je ne connaissais pas du tout le pays. Au club, il y avait des gens qui ne voulaient pas des blacks ou de fortes personnalités. Il n’y avait pas deux ou trois, mais 15 joueurs, solidaires, qui voulaient me pourrir la vie. Je ne l’avais pas accepté. Même Salif Diao, les gens ne l’aimaient pas. La différence entre lui et moi, c’est que je ne me laisse pas faire, lui a tendance à pardonner trop vite.

Sadio a eu la chance d’évoluer en Angleterre pendant deux ans avant de rejoindre Liverpool. Venir au moment où l’équipe est en pleine reconstruction, c’est un avantage et une chance pour lui. Déjà il parle la langue, c’est un atout quand on rejoint un aussi grand club.

Pour avoir connu le vestiaire et l’environnement du club, quel conseil donneriez-vous à Sadio ?

Il doit se dire que c’est le football qui l’amène à Liverpool et qu’il est aussi talentueux que les autres. Ce n’est pas pour rien qu’ils l’ont recruté. Il doit se donner les moyens de jouer et d’être un digne représentant de son pays. Sadio est assez talentueux, assez intelligent aussi pour tirer son épingle du jeu. Qu’on lui donne sa chance dès le début ou pas, c’est à lui de la saisir. Les grands clubs ont un effectif de 33 joueurs et tous sont appelés à jouer tous les samedis. Il suffit d’une blessure pour perdre sa place. C’est le quotidien des grands clubs : il faut être rigoureux et avoir de l’ambition. Il faut être un grand pour prétendre boxer dans la cour des grands. Liverpool est différent de tous les autres clubs du monde. On y digère très mal les défaites. La pression est au quotidien.

Les vestiaires des grands clubs ont la particularité d’être peuplés de fortes personnalités. Comment gagne-t-on sa place dans un vestiaire comme celui de Liverpool ?

Réussir dans un grand club, c’est avant trouver sa place dans le vestiaire. Liverpool n’est pas Southampton, Blackburn ou Sunderland, où tu as envie de former une équipe. Arsenal, Manchester, Liverpool, c’est avant tout de très fortes individualités. S’ils te disent qu’ils sont tes potes, ce n’est pas vrai. Chacun essaie d’émerger, pense à lui-même d’abord avant de penser aux autres. En venant dans un grand club, il faut se faire petit. Mais tout le monde n’a pas ce caractère. El Hadji Diouf ou Ibrahimovic, tu les prends comme ils sont. Et la vie continue. A Liverpool, Sadio trouvera des mecs qui maîtrisent le vestiaire, le club et les supporteurs. A lui de voir comment se faire adopter. Il y a des gens qui sont dans les vestiaires, qui s’entendent très bien avec l’entraîneur, ou qui peuvent lui pourrir la vie. C’est à lui de maîtriser tous ces facteurs et d’apprendre très vite. Sur le plan purement footballistique, je n’ai pas peur pour lui.

Qu’entendez-vous par apprendre vite ?

Ça veut dire qu’il y aura beaucoup d’obstacles. Il doit être en mesure d’anticiper sur les événements et ne pas attendre que ça lui tombe dessus pour réagir. Dans ces clubs, on n’attend pas. Il faut être prêt. On a vu le cas de Mario Balotelli. Il est allé là-bas pour une somme exorbitante. Il doit apprendre de tout ça. Y compris de moi-même qui suis son grand frère. A un moment donné, je ne me suis pas laissé faire. Je n’ai pas passé beaucoup de temps à Liverpool, parce que j’ai affronté les ténors qui voulaient me marcher dessus. Est-ce que cela a été une erreur de ma part ? Non, jamais. A Sadio de prendre du plaisir sur le terrain, il est dans un grand club.

 

ÉTAPES D’UNE ASCENSION : Sadio, un palier tous les deux ans

Quatre ans ont suffi à Sadio Mané pour s’offrir le gratin du football mondial. Formé à l’Académie Génération Foot, le joueur révélé par le Fc Metz a posé hier avec la tunique de Liverpool. Cela, en étant fidèle à son tableau de marche : un palier tous les deux ans. Arrivé à Metz en 2010, il s’est offert en 2012 le troisième plus gros transfert de l’histoire du club, en allant à Salzbourg, pour 4 millions d’euros (2,6 milliards FCFA). Deux ans après, il quitte l’Autriche pour rejoindre Southampton, en 2014, pour une durée de 4 ans, moyennant 15 millions d’euros (9 milliards 750 millions FCFA). Aujourd’hui, il rejoint Liverpool. Cette belle progression, Olivier Perrin, son formateur à Metz, s’en félicite : «La vie est beaucoup plus fluctuante qu’avant, surtout quand le joueur a du talent. C’est la vie économique du football qui veut qu’il y ait des changements. Après, c’est aussi le niveau des joueurs. Sadio a un niveau qui s’améliore régulièrement. Tant mieux pour lui.»

igfm


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