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En Gambie, l'état d'urgence accélère l'exode


Des dizaines de milliers de Gambiens continuent de fuir vers le Sénégal voisin après que le président sortant Yahya Jammeh a déclaré l’état d’urgence, mardi. Selon Reuters, des troupes sénégalaises rejoignent la frontière.

Rédigé par DakarFlash.com, le Mercredi 18 Janvier 2017 || 1484 partages || 0 commentaires

En Gambie, l'état d'urgence accélère l'exode
Des touristes sont évacués de Gambie et les habitants continuent de fuir par dizaines de milliers, mercredi 18 janvier, vers le Sénégal voisin, au lendemain de la proclamation de l'état d'urgence par le Pr sortant Jammeh, qui invoque "un niveau d'ingérence étrangère exceptionnel et sans précédent" dans le processus électoral du pays, et exigeant des forces de sécurité de maintenir l'ordre.
Banjul, la capitale gambienne, a les allures d'une ville en sommeil : moins de véhicules circulaient et des denrées alimentaires commençaient à manquer dans plusieurs quartiers, selon des journalistes de l'AFP et des témoins.
"Dans le centre de Banjul, les rues sont presque désertes, les boutiques sur le marché central sont pour la plupart fermées, et beaucoup parmi la population semblent attendre avec inquiétude de voir comment vont se dérouler les prochaines heures et jours. Certains craignent que des violences aient lieu", annonce à France 24 Patricia Huon, journaliste indépendante présente à Banjul.
Des départs sont aussi enregistrés parmi les touristes, en majorité des Britanniques et des Néerlandais attirés par les plages de sable fin de ce petit pays anglophone d'Afrique de l'Ouest. Le voyagiste britannique Thomas Cook a annoncé le rapatriement à partir de mercredi d'un millier de Britanniques en vacances en Gambie et va affréter quatre vols charter supplémentaires "dans les prochaines 48 heures". Il a également contacté 2 500 autres clients dans ce pays pour leur proposer un retour anticipé vers la Grande-Bretagne. Le géant du tourisme international TUI compte rapatrier également "environ 800" clients. "C’est une situation qui risque d’avoir de lourdes conséquences sur l’économie gambienne, qui dépend en grande partie du tourisme", commente Patricia Huon.
Les prochaines heures sont cruciales pour le sort de la Gambie, plongée dans une grave crise depuis que Yahya Jammeh, en place depuis 22 ans, a annoncé le 9 décembre qu'il ne reconnaissait plus les résultats de la présidentielle du 1er décembre. Son mandat expire mercredi à minuit, mais il refuse toujours de quitter le pouvoir. Reuters et la BBC relaient une information de la télévision d’État annonçant l’adoption par l'Assemblée nationale, mercredi, d’une résolution prolongeant de trois mois sa présidence. Selon Reuters, qui cite des habitants et une source gouvernementale, des troupes sénégalaises se déplacent mercredi vers la frontière gambienne.
Le Pr Barrow, sauf revirement, doit prêter serment jeudi à Banjul. Il se trouve actuellement au Sénégal en attendant son investiture.
De "sérieuses conséquences"
La Communauté économique des États d'Afrique de l'Ouest (Cédéao) tente depuis plusieurs semaines de préparer une transition pacifique, sans exclure la force si le président sortant refuse d'accepter le verdict des urnes et de quitter le pouvoir. "Une décision a été prise. Elle prévoit qu'il ne demeure pas président à la fin de son mandat", a indiqué mardi une source militaire nigériane à l'agence Reuters. Cette stratégie a reçu l'aval des Nations unies et de l'Union africaine, ajoute la même source.
Seidik Abba, journaliste, écrivain et fin connaisseur des questions africaines, estime sur France 24 que l'intervention des armées sénégalaises et nigérianes pourrait "en quelques heures" forcer Yahya Jammeh à quitter le pouvoir.

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