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Esclavage en Mauritanie: «La gangrène» sévit toujours malgré les lois abolitionnistes


Ils sont 13 à comparaître devant la cour d’appel lundi 14 novembre. Des militants anti-esclavagistes condamnés par la cour criminelle de Nouakchott à des peines allant jusque à 15 ans de prison pour rébellion. Un procès qualifié de mascarade par le chef du mouvement abolitionniste mauritanien. Biram Dah Abeid s’est confié à Géopolis. Il dénonce le sort réservé «aux damnés de la terres».

Rédigé par DakarFlash.com, le Lundi 21 Novembre 2016 || 683 partages || 0 commentaires

Esclavage en Mauritanie: «La gangrène» sévit toujours malgré les lois abolitionnistes
Officiellement, l’esclavage a été aboli en Mauritanie en 1980. Il est même considéré aujourd’hui comme un crime contre l’humanité. De la poudre aux yeux, selon Biram Dah Abeid, qui dénonce une pratique largement soutenue par la communauté arabo-berbère. 
«Toutes ces lois n’ont jamais été mises en application. Elles sont exhibées dans les forums internationaux. Les lois qui ont criminalisé l’esclavage et qui prévoient une peine de trente ans pour les esclavagistes ne sont que de la poudre aux yeux. Rien n’a été fait malgré les centaines de crimes d’esclavage que notre organisation a portées devant les tribunaux, malgré les centaines de criminels d’esclavage avérés que nous avons dénoncés aux autorités. C’est plutôt nous qui partons en prison.» 

Biram Dah Abeid décrit un système particulièrement rodé qui continue d’asservir des centaines de milliers de Mauritaniens privés de liberté. Esclaves, anciens descendants d’esclaves et toute la communauté noire sont logés à la même enseigne. 

«Chez nous, les esclaves représentent 20% de la population. Ce sont des personnes qui naissent propriété d’autres personnes. Elles n’ont pas de papiers d’état civil. Elles n’ont pas le droit à l’éducation. Elles travaillent sans repos, sans salaire, sans soins et subissent des châtiments corporels.» 

Et de préciser que la codification de l’esclavage a totalement consacré l’inégalité entre les communautés dans son pays. Le noir est synonyme d’esclave dont le sort dépend de la volonté de son maître, affirme-t-il.«Le maître a le droit de castrer son esclave quand il est beau et qu’on peut craindre une aventure sexuelle entre lui et les filles du maître ou les femmes du maître. 

Ces codes autorisent qu’on castre cet esclave. Ces codes précisent que tout propriétaire d’esclaves peut disposer sexuellement de toutes les femmes qui sont ses esclaves quel que soit leur âge. C’est pourquoi parmi les fillettes esclaves que nous libérons, certaines ont été violées dès l’âge de 7 ans. Déjà à l’âge de 12 ans, 13 ans, elles ont des enfants. 

Elle disent avoir été régulièrement violées par leurs maîtres, par les fils de leurs maîtres ou leurs cousins». Biram Dah Abeid a choisi de mener une lutte pacifique pour arriver à ses fins. Il refuse de cautionner la violence contre le pouvoir mauritanien qu’il accuse de pratiquer un apartheid sans nom. 

Mais, il met en garde les autorités de Nouakchott contre un aveuglément dont les conséquences pourraient être dramatiques.Biram Ba Abeid compte sur le soutien de l’Europe, des Etats-Unis et des Nations Unies pour «ramener les autorités mauritaniennes à la raison». 

Et pour la première fois, il vient d’effectuer une tournée de sensibilisation en Afrique. Il reproche aux gouvernements africains d’avoir longtemps fermé les yeux sur l’esclavagisme qui sévit dans son pays. La Commission africaine des droits de l’Homme a adopté en octobre 2016 une résolution condamnant l’Etat mauritanien «pour connivence avec les milieux esclavagistes». 

leral avec geopolis.francetvinfo

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