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Exclusif : Pourquoi la BCEAO a porté plainte contre Kémi Séba


Une source au sein de la BCEAO (Banque centrale des États d’Afrique de l’Ouest) a confirmé à Jeune Afrique mardi que la banque était bien à l'origine de la plainte contre Kémi Séba, le président de l'ONG Urgences Panafricanistes arrêté à Dakar après avoir brûlé un billet de 5000 Fcfa. L'institution bancaire n'est pas hostile aux débats sur le Fcfa, mais ne cautionne pas la destruction de signes monétaires, a indiqué notre source.

Rédigé par DakarFlash.com, le Mardi 29 Août 2017 || 214 partages || 0 commentaires

Exclusif : Pourquoi la BCEAO a porté plainte contre Kémi Séba
L’arrestation de Kémi Séba, vendredi 25 août, à Dakar, fait bien suite à une plainte de la BCEAO, a confirmé à Jeune Afrique une source au sein de l’institution bancaire. « La banque n’a rien contre les débats autour du Fcfa, mais elle ne trouve pas acceptable qu’on s’en prenne à des signes monétaires. Il fallait envoyer un signal dissuasif pour ne pas inciter les gens à perdre leur argent avec ce type d’actions » a-t-elle ajouté.

Depuis que le président de l’ONG Urgences Panafricanistes a brûlé un billet de 5 000 Fcfa en public, nombre de photographies circulent en ligne montrant des billets de banque de la zone détournés ou détruits.


Dans le détail, c’est la direction des affaires juridiques de la banque qui a suggéré à ses avocats de déposer une plainte. La BCEAO prévoit de tenir un point de presse dans les prochains jours pour s’expliquer.

Incarcéré à la prison de Rebeuss, à Dakar, avec Bentaleb Sow, un autre membre (sénégalais) d’Urgences panafricanistes, le Franco-Béninois Kémi Séba  doit comparaître ce mardi 29 août devant le tribunal des flagrants délits.

En soutien à ses membres incarcérés, l’ONG a organisé des rassemblements pacifiques, ce mardi, dans plusieurs villes africaines, à savoir Dakar, Cotonou, Abidjan, Moursal au Tchad, Niamey, Ouagadougou et Bamako.


Celui qui ce définit sur sa page Facebook comme « résistant africain » et « penseur panafricaniste » avait été interpellé à son domicile dakarois, vendredi 25 août au matin.  Cette procédure fait suite à un rassemblement « contre la Françafrique » organisé par son ONG le 19 août sur la place de l’Obélisque, à Dakar, au cours duquel Kémi Séba avait publiquement brûlé un billet de 5 000 Fcfa pour dénoncer cette monnaie qu’il qualifie de « scandale économico-politique d’ordre colonial ».

Dans la nuit de jeudi à vendredi, avant son interpellation, l’activiste avait posté un message sur sa page Facebook, intitulé « Franc CFA : « La BCEAO porte plainte pour le billet colonial que j’ai brûlé », où il déclarait : « Je savais qu’en effectuant cet acte purement symbolique, la BCEAO, sans doute sur commande de la Banque de France, engagerait une procédure visant à me mettre en prison. Je le savais, et je suis prêt à en payer le prix du plus profond de mon âme. » La BCEAO n’avait, jusqu’ici, pas confirmé être à l’origine de la plainte.

L’article 411 du code pénal sénégalais prévoit que « quiconque aura volontairement brûlé ou détruit, d’une manière quelconque, des registres, minutes ou actes originaux de l’autorité publique, des titres, billets, lettres de changes, effets de commerce ou de banque, contenant ou opérant obligation, disposition ou décharge; (…) Si les pièces détruites sont des actes de l’autorité publique ou des effets de commerce ou de banque, la peine sera d’un emprisonnement de cinq ans à dix ans ».

RFI


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