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Fallou Fall, Député-Maire AFP et Maire de Mbirkilane parle de sa suspension


Rédigé par DakarFlash.com, le Lundi 18 Avril 2016 || 35 Partages

Fallou Fall, Député-Maire AFP et Maire de Mbirkilane parle de sa suspension

Suspendu pour avoir appelé à voter « NON » lors du dernier référendum et pour « être soupçonné d’être proche de Malick Gakou » du Grand Parti, le député Fallou Fall, membre du Comité directeur de l’AFP n’entend pas se plier à cause de la nullité de la décision ».

Vous venez d’être suspendu par le Comté ad hoc de l’Alliance des Forces de progrès  (AFP) pour trois (3) mois pour avoir appelé à voter NON au référendum du 20 mars dernier. Quel est votre commentaire ?

Je considère cette décision comme nulle, non avenue, injustifiable, et totalement en porte à faux avec les règlements et fonctionnement de l’Alliance des Forces de progrès (AFP). C’est une décision de la haine et de la dictature que je ne saurais ni accepter ni tolérer.

Pourquoi dites-vous que la décision est illégale ?

En plus du fait que cette décision est illégale, elle est aussi illégitime, d’autant plus que le seul organe du Parti habilité en matière disciplinaire à la mise en place d’un Comité ad-hoc, c’est le Bureau politique. Et je vous apprends que le Bureau politique de l’AFP ne s’est plus jamais réuni depuis sa fameuse réunion du 10 mars 2014, annonçant le soutien à la candidature de Macky Sall pour la présidentielle de 2017.

Si le Bureau politique ne se réunit pas, comment votre parti fonctionne-t-il ?

À l’heure actuelle, le Parti est dirigé par un Comité Stratégie et Action (CSA), dirigé par l’ancien député socialiste Khaly Séye. Ce comité remplace illégalement le Bureau politique et ses décisions ne peuvent en aucun cas engager le Parti. Selon les différents articles de presse que j’ai lus, c’est ce même Comité qui a entériné la proposition de sanction du Comité ad-hoc contre ma personne.

Comment avez-vous appris votre suspension ?

À la radio comme tout le monde. Cela aussi est une preuve du manque de respect notoire de ce CSA face aux responsables que nous sommes. C’est pourquoi au-delà de répondre par le mépris, je suis prêt à engager le combat.

Qu’allez-vous faire maintenant que vous êtes suspendu ?

Je combattrai toujours la pensée unique qui est antidémocratique. J’attends sereinement la notification de cette décision que j’espère recevoir assez vite pour engager le combat et certainement en relation avec mes autres camarades pour la valorisation de la démocratie interne au sein de l’AFP et le rejet total de la dictature rampante qui a fini de désagréger le Parti. De même  je me situe sur les hauteurs et en ma qualité de député du Peuple sénégalais et maire de Mbirkilane, j’exprimerai mon action politique pour mon pays et mon terroir dans le sens strict de la défense de leurs intérêts.

Qu’est-ce qui vous a donc poussé à voter NON ?

Au sein de l’AFP, aucune discussion, aucune concertation dans aucune instance et particulièrement au sein du Bureau politique, seul habilité en la matière, ne s’est tenue pour débattre du référendum. En tant que député et maire, je n’ai jamais été convoqué à une réunion de cette nature. J’ai donc considéré la position du CSA légitimant le OUI d’illégale et d’irrespectueuse envers les militants que nous sommes. C’est pourquoi, beaucoup de camarades dans l’AFP qui auraient pu dire OUI si la concertation s’était établie, ont décidé de voter NON pour marquer notre désapprobation  en ce qui concerne la manière dont le Parti est géré depuis le 10 mars 2014 et l’exclusion du Numéro 2, Malick Gakou, de la Présidente des Femmes, Mme Mata Sy Diallo, de Malick Guéye, responsable national des jeunes du Parti et d’autres membres du Bureau politique qui sont aujourd’hui dans le Grand Parti.

Justement, on vous accuserait d’accointance avec le Président du Grand Parti. Selon nos sources, la direction de l’AFP vous reprocherait votre proximité avec Malick Gakou.

Au sein l’Assemblée nationale, je ne suis pas le seul député proche de Malick Gakou de même qu’au sein des instances actuelles du parti. Cela tout le monde le sait. Pour ma part, je tiens à préciser que Malick Gakou restera toujours mon petit frère et ami. Je suis d’ailleurs fier d’être le grand frère d’un petit frère si prestigieux et si engagé pour le Sénégal. Si c’est le délit d’amitié que ce fameux comité veut sanctionner, que la direction du Parti veut sanctionner, je leur dis tout de suite que c’est une perte de temps et une mesure sans fondement.

On vous accuserait de travailler dans l’ombre pour le Grand Parti et de ne pas démissionner pour ne pas perdre votre mandat de député…

Je suis un homme libre et mon engagement dans la politique restera toujours guidé par l’expression de cette liberté. Le jour où je déciderai de militer dans un parti autre que l’AFP, je le ferai savoir librement puisque pour moi, la politique a deux mamelles qui sont l’éthique et la morale. Par rapport à toutes ces affabulations, je me situe sur les hauteurs et laisse les cœurs noirs ruminer leur haine.

Serez-vous candidat pour le renouvellement de votre mandat de député?

Je rends grâce à Dieu et aux populations du Département de Mbirkilane d’avoir fait de moi un député. Je crois, durant ma mandature, avoir totalement accompli ma mission de représentant du Peuple. Le moment venu, je m’adresserai aux populations de mon Département et je resterai à leur écoute avisée sur la question des élections législatives de 2017. Nous sommes sur le terrain en phase avec la population pour essayer de répondre à leurs attentes. Dieu merci les projets ambitieux naissent et se réalisent avec succès pour le plus grand bonheur. 

Quels sont vos projets dans le court, le moyen et le long terme ?

Nous avons pour ambition d’embellir, de construire et de développer Mbirkilane dans le cadre d’un vaste programme de réalisation d’infrastructures de base, pour renforcer notre offre sociale à travers l’amélioration systématique des conditions de vie des populations. Malgré les moyens très limités dont nous disposons, nous avons entrepris avec la coopération internationale le poumon du développement agricole et de l’élevage dans la région de Kaffrine. La position géographique carrefour de notre Commune sera sollicitée pour valoriser les potentialités de notre Département. Toutes les couches de la population, particulièrement les femmes et les jeunes sont visés par notre approche du développement intégré de notre Département.

Quelle est la nature de vos relations avec le groupe parlementaire Benno Bokk Yakaar ?

Le président du groupe gagnerait à renforcer la démocratie au sein du groupe où l’expression de la pluralité des idées doit prévaloir systématiquement.

Le renforcement des pouvoirs de notre Assemblée devrait permettre à notre groupe de jouer plus efficacement son rôle dans l’articulation des ambitions que nous avons pour le Sénégal. Bien évidemment, je milite pour une Assemblée efficace au service de la Nation et non d’un parti politique et d’un quelconque intérêt personnel. 

Quelles appréciations faites-vous de la situation économique du pays au regard des ambitions du PSE ?

Si le Pse dans son ensemble pouvait se réaliser, ce serait une bonne chose. Je suis de ceux qui pensent que c’est un programme ambitieux et courageux. Seulement au train où vont les choses, il n’atteindra jamais ses objectifs à temps. On nous bombarde de milliards alors que la réalité est tout autre sur le terrain. La précarité prédomine de même que la pauvreté, c’est limite si la majeure partie des Sénégalais ne vit pas dans la misère.  Il faut que l’État pense à créer de petites unités de fabrication et de transformation dans le monde rural pour désencombrer Dakar, rendre plus attractif le monde rural et ainsi retenir les ruraux...

Quelles sont vos relations avec le mouridisme ?

Je suis le représentant de Wa Keur Serigne Fallou en France depuis 1989, année de la mort  de mon père. Depuis cette date, j’organise le Magal de « Kassurajab » à Paris Touba Aulnay. Je tiens à rappeler même que c’est à ce titre et en ma qualité de mouride responsable, membre fondateur et trésorier de la fédération des mourides de France d’alors que j’ai été envoyé pour rencontrer le président Moustapha Niasse en 1996 quelques jours après l’appel du 16 juin. Depuis ce jour on entretenait de très bonnes relations fraternelles et amicales. On se rencontrait très régulièrement jusqu’au 10 mars 2014. Depuis cette date, je ne le vois plus très engagé comme avant et cela pose problème.

Pour ce qui est du mouridisme, c’est ma toute vie et présentement je me prépare à aller à Paris pour organiser, s’il plait à Dieu, le Magal de Serigne Fallou du 4 mai 2016. Cela sous le ndigguel de Serigne Abo Fallilou Mbacké. Étant très lié aux talibés de la diaspora, je profiterai de l’occasion pour aller leur rendre visite en Italie et en Espagne.


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