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France : Le sénégalais Lamine Dieng décède lors de son interpellation


Rédigé par DakarFlash.com, le Dimanche 18 Juin 2017 || 1591 partages || 0 commentaires

France : Le sénégalais Lamine Dieng décède lors de son interpellation
Il connaissait Lamine Dieng, un robuste Franco-Sénégalais de 25 ans du quartier : « Pour nous, il était comme un grand frère, gentil avec les jeunes ». Le 17 juin 2007 vers 4h du matin, Lamine est interpellé devant un hôtel tout proche, accusé d’y avoir frappé une femme. Il résiste farouchement, selon les policiers qui l’immobilisent finalement sur le ventre, menotté dans le dos, pressé contre le sol par quatre à cinq agents, sur le trottoir puis dans un car de police. Il y décèdera vers 4h30.


Sa famille est sous le choc, et le quartier bientôt en proie à des manifestations contre cette « bavure ». Des voitures de police sont caillassées. Très vite, sur la base d’une première autopsie suggérant un décès par overdose de cocaïne, la police des polices (IGS) met hors de cause les policiers. La famille Dieng porte alors plainte contre X. « Il avait 25 ans, aucun problème de santé. Tout cela ne tenait pas », explique à l’AFP sa sœur, Ramata Dieng.


En novembre, une seconde autopsie conclut à une mort par « asphyxie » due à son maintien prolongé face contre terre lors de l’interpellation. Elle sera confirmée par une analyse complémentaire en 2010. « On était soulagé, on pensait que les policiers allaient être jugés, pour homicide involontaire ou autre », se souvient Ramata Dieng. Les années passent dans l’attente. Chaque année en juin, la famille organise une marche dans le quartier pour réclamer « justice et vérité ».


L’Association des chrétiens contre la torture (ACAT) et Amnesty international citent l’affaire Dieng dans leurs campagnes pour l’interdiction de plusieurs techniques d’immobilisation, dont le plaquage ventral, également accusé par la famille d’Adama Traoré, mort à l’été 2016 lors de son interpellation par des gendarmes. La Police ne communique guère sur ces sujets. En interne toutefois, elle préconise dans une note de 2008 que l’immobilisation en position ventrale soit « la plus limitée possible». En 2014, au bout de sept ans, la justice déclare un non lieu. Il n’y aura pas de procès.

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