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Gambie: la tension reportée au 16 janvier, Jammeh continue de quadriller Banjul


Attendue en ce début d’après-midi, la sentence de la Cour Suprême de Banjul, sur la suite réservée aux résultats de l’élection du 1 décembre 2016 ne tombera, finalement, pas ce 10 janvier.

Rédigé par DakarFlash.com, le Mardi 10 Janvier 2017 || 1983 partages || 0 commentaires

Gambie: la tension reportée au 16 janvier, Jammeh continue de quadriller Banjul

Les Juges Nigérians, Ghanaens et Sierra Léonais, choisis par le maître de Banjul, ont fait faux bond au Babiili Mansa, annonçant ne pas pouvoir être disponibles avant mai et novembre.

Une période de non droit est ainsi ouverte, permettant à Yahya Jammeh de s’imposer au pouvoir. « Un vide juridique inacceptable » pour le camp du Président élu, Adama Barrow, qui reste persuadé qu’il va se proclamer président de la République de Gambie le 19 janvier. En  exclusivité pour Kéwoulo.info il « a demandé aux occupants de la State House de libérer les lieux ». Et a certifié que « Jammeh partira par tous les moyens, c’est une nouvelle Gambie qui est née. Et elle a décidé. »

En l’absence de la Cour suprême, les magistrats gambiens ont demandé aux protagonistes de patienter jusqu’au 16 janvier pour connaître le sort de ces résultats contestés par le camp de Yahya Jammeh: le temps de donner la chance aux médiateurs de la CEDEAO attendus demain dans la capitale gambienne.

Mais, dès les premières heures de cette matinée, les supporters de l’APR ont envahi la Cour Suprême et scandé leur victoire, invitant « le Sénégal à s’occuper de ses propres affaires » et à laisser « le sort de la Gambie entre les mains des fils de la Gambie qui ont choisi Yahya Jammeh. » Constitués de jeunes habillés en vert, la couleur du parti de Yahya Jammeh, ces militants ont déclaré leur détermination à soutenir Alahadji Doctor jusqu’au bout.

De leur côté, les partisans de Adama Barrow ont respecté les consignes donnés par le parti, en restant cloîtrés chez eux, dans l’attente du 19 janvier pour accompagner leur leader à la présidence.

Craignant des troubles, les commerçants ont baissés les rideaux. Les propriétaires de voitures de luxes installés à Senegambia et dans les zones hôtelières ont parqués leurs biens dans les garages à défaut de pouvoir les planquer au Sénégal. Et les checks points ont été renforcés autour de Talinding, Birkama, Kéréwan, Yundunm, Sérékunda et de toutes les grandes villes gambiennes.

Chose inimaginable il y’a quelques semaines; dans un pays dirigé par un égocentrique président qui a construit son mythe sur le culte de la personnalité, aucune affiche de Yahya Jammeh n’est visible nulle part. Le seul poster qu’il nous a été donné de voir est une vielle esquisse dessinée à l’entrée du camp militaire de Kéréwan. Et librement les Gambiens commencent à dire tout le mal qu’ils pensent du « dictateur déchu ».

Comme si elles ne veulent pas que des témoins gênants puissent assister à ce qu’elles préparent contre le peuple de Gambie, les autorités policières ont procédé, ce matin, à des rafles de journalistes étrangers. Des Sénégalais identifiés comme journalistes ont été arrêtés et conduits dans des commissariats de police en vue de leur expulsion.

Aussi, Adama Barrow qui ne se cachait pas dans Banjul a été obligé, pour des mesures de sécurité, à limiter à ses déplacements. Et, un discret service de sécurité veille sur son intégrité.

Du côté du Sénégal les contrôles se sont renforcés sur toute la Transgambienne (La N4 sénégalaise) entre Sénoba et Ziguinchor et des armes lourdes ont fait leur apparition. Sur l’axe Djiboro, Baïla, Diouloulou, Bignona, (La N5 sénégalaise), les militaires Sénégalais veillent avec un contrôle d’identité de plus en plus musclé.

Même décors du côté gambien avec des postes militaires renforcés avec des sacs de sables érigés sur ce qui pourrait être des postes de combats. Aussi, des tranchés sont creusés, parfois, même sur les carrefours stratégiques. Si, d’habitude, ils travaillaient dans la discrétion, les agents de la NIA, -National Intelligence Agency- aujourd’hui, pillèrent dans la capitale et ne se cachent plus.

A coté des policiers et en civil, ils interpellent et procèdent à des fouilles complète; même s’ils restent corrects et présentent, d’abord, leurs cartes professionnelles. Et s’excusent lorsque le suspect ne représente aucun danger et ne transporte pas d’objets prohibés: ça peut être des armes comme des tee shirts à l’effigie de Adama Barrow ou une note manuscrite avec l’inscription « Gambia Has Decided ».

Même si c’est le calme plat qui règne en Gambie, nombreuses sont les populations qui ont choisi de quitter les grandes villes pour se réfugier dans les villages qu’ils croient à l’abri de possibles troubles. Déjà, de nombreux réfugiés sont, ces derniers jours, arrivés à Ziguinchor, au sud du Sénégal, et des dizaines d’étrangers, Ghanaéns, Nigérians, Sierra Léonais ont abandonné Banjul pour se réfugier dans les églises catholiques et anglicanes hors de la capitale. Le choix des juges venant de leur pays d’origine pour composer la Cour Suprême a mis ces paisibles commerçants dans la ligne de mire des protagonistes.

Une semaine auparavant, un grand commerçant guinéen qui voulait mettre les siens à l’abri a décidé de quitter Banjul, à bord d’un véhicule 7 places, avec sa femme et ses enfants. Mais, après avoir réussi à sortir de la Gambie et à traverser le Sénégal, son véhicule s’est renversé sur les falaises de la Guinée. Toute la famille a été décimée, seul le chauffeur a pu échapper à la mort. Ils croyaient pouvoir fuir les dangers qui guettent Banjul….

Kewoulo


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