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Guigui, artiste chanteuse : L’égérie du Pop-Mbalax


Rédigé par DakarFlash.com, le Samedi 26 Septembre 2015 || 103 Partages

Guigui, artiste chanteuse : L’égérie du Pop-Mbalax

Malgré un début un peu tardif, l’artiste-chanteuse Guigui, originaire de Fadiouth, a su tirer son épingle du jeu après la sortie de trois single (« Li ci Mbeugel », « Jotna » et «What’s your name »). A l’origine du concept pop mbalax, elle fait désormais partie des valeurs sûres de la musique sénégalaise.

Un seul coup de fil aura suffi pour décrocher un rendez-vous avec la chanteuse Ramatoulaye Clémentine Sarr, plus connue sous le sobriquet de Guigui (surnom de son homonyme). Début d’après-midi d’un vendredi, la jeune chanteuse profite de ses heures creuses pour s’entretenir avec nous dans les locaux d’une agence de micro-crédit où elle travaille depuis 2012 en qualité d’agent marketing. Habillée d’une tunique rouge avec des strases dorées, coiffure en mode Mireille, l’artiste semble respirer une grande forme malgré une journée à moitié bouclée. Dans son bureau situé au troisième étage et donnant sur l’Avenue Bourguiba, règne une atmosphère ouatée qui contraste avec l’ambiance électrique des embouteillages visibles tout au long de cette même artère. Sourire aux lèvres, regard de braise, allure somptueuse, Guigui n’est pas seulement une belle fille. Elle est aussi un artiste talentueux, une « showoman » qui a fini de conquérir son public. Son mérite aura été, sans doute, son sens de l’originalité. Bref, sa témérité. Les Sénégalais l’ont découverte en 2013, à travers son premier single : « Li ci Mbeugel », un tube magnifiant l’amour dans sa forme la plus parfaite. Depuis, elle crève l’écran de certaines chaînes de télévision et fait le « buzz » sur les réseaux sociaux. Quelques milliers d’amis ou d’abonnés sur Facebook (compte plein), plus de 80.000 vues sur Youtube… Sur la toile, les statistiques de Guigui sont plus qu’encourageantes. Et ce, d’autant plus qu’elle n’a fait à peine que deux ans et demi sur la scène musicale nationale.
C’est en 2013 que la chanteuse a commencé à professionnaliser sa musique. Aujourd’hui, elle détient à son actif trois singles dont les deux derniers sont intitulés : « Jotna » et « What’s your name ». Le premier est une dénonciation des maux de la société, une invite au travail et à la re-mobilisation pour la construction de « notre » pays. Enfin, le troisième single sorti sur le marché national en décembre 2014 est une chanson dont l’objectif est de permettre à l’artiste d’expliquer ses racines, son identité aux Sénégalais. Elle est synonyme d’un retour, d’un « come-back». Guigui s’était éclipsée de la scène un moment, en 2014, pour des raisons professionnelles. Lesquelles ont failli l’écarter définitivement du milieu de la musique au grand dam des mélomanes. « En un moment, j’ai pensé mettre un terme à ma carrière musicale pour des raisons professionnelles, mais sous la pression de mes fans, j’ai décidé de revenir sur ma décision », avoue-t-elle.

Les études avant tout…
Originaire de la Petite Côte, plus précisément de Fadiouth, dans la région de Fatick, Guigui a très tôt nourri une passion ardente pour la musique. Mais ce n’était guère facilement de la pratiquer sous l’ombre titulaire d’un père si ancré au plus profond de ses racines. « Mes parents souhaitaient que je fasse des études poussées et que j’aie des diplômes qui me permettront de trouver un bon travail. Je pense que la société africaine en général est régie de la sorte », explique-t-elle. La maman de Ramatoulaye Clémentine Sarr était la première à s’opposer au fait que sa fille se lance dans une carrière musicale au détriment des études. « Quand j’ai voulu faire de la musique, ma mère a toute de suite refusé. Pour elle, une fille de bonne famille ne devait pas faire de la musique », raconte-t-elle les yeux rivés sur son ordinateur.
En bonne fille, l’interprète de « Li ci Mbeugel » choisit de jeter l’éponge pour suivre à la lettre les recommandations de ses parents. Mais en tête, elle guettait le moment opportun pour se lancer dans sa passion. « La musique est une passion qui dormait en moi. Je voulais juste attendre le moment opportun, après mes études. Tout s’est finalement fait avec la bénédiction de mes parents qui, au départ, ne voulaient pas que je fasse de la musique », soutient-elle. Femme dévouée et charismatique, la native de Grand-Yoff voulait montrer à ses pairs qu’il était bien possible d’allier le travail et le métier de la musique. D’ailleurs, avance-t-elle, c’est ce qui justifie son choix d’agent de marketing. « J’ai bataillé ferme pour montrer aux jeunes qu’on peut étudier, travailler et, en même temps, vivre sa passion. C’est dommage que la plupart des jeunes, en échouant à l’école, préfère se lancer dans la musique ou la danse », souligne-t-elle. La chanteuse a fini de faire de son talent une véritable mission. Elle profite des week-ends et des « after work » pour faire ses répétitions. Polyglotte, cet agent de marketing chante en anglais, français et wolof, dans le souci d’accrocher un public divers…
A part son parcours de choriste à la chorale Saint Paul de Grand Yoff où elle habite, Guigui n’a jamais fait auparavant de la musique avant son premier single. Le quotidien de la chanteuse était plutôt centré autour des études. Histoire de montrer une dévotion sans faille à papa et maman… En débarquant dans un milieu déjà saturé, l’artiste savait que la seule façon d’exister et de continuer à marquer de son empreinte le monde de la musique, c’était de créer quelque chose d’originale, d’atypique. C’est dans ce sens qu’elle va porter sur les fonts baptismaux un concept musical singulier : « Pop-Mbalax » un mélange de pop musique, Rnb, Jazz, blue et discover. « J’ai voulu faire cette réconciliation de cultures entre l’Occident et l’Afrique. Le Pop-Mbalax est une façon pour moi d’innover, de verser dans l’originalité. Au Sénégal, on a l’habitude d’entendre les mêmes sonorités. Donc, j’ai voulu personnellement essayer de moderniser ma musique pour pouvoir permettre aux autres de l’écouter », laisse-t-elle entendre. La singularité de Guigui ne réside pas uniquement dans son style musical ou son look qui nourrit souvent une kyrielle de commentaires à travers les réseaux sociaux.
Dans le milieu musical sénégalais, elle fait partie des rares artistes ayant fait un cursus universitaire digne de ce nom. Nombreux sont ceux qui n’ont pas pu boucler le cycle primaire ou secondaire.

Etre sexy pour montrer sa féminité
Le bac en poche, la jeune chanteuse débarque à l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar (Ucad) en 2011. Après une année au département d’Anglais, elle tourne le dos aux grèves sempiternelles du Temple du savoir et intègre l’Institut supérieur de management (Ism) où elle décroche trois ans après une licence en contrôle de gestion. Mais ce n’est que partie remise. Guigui ne compte pas s’arrêter en si bon chemin. Elle passe de l’Ism à l’Ensup avec, à la clé, un master en marketing et communication. Actuellement, Ramatoulaye Clémentine Sarr est en train de préparer une thèse de doctorat. Un bon exemple de combativité et d’abnégation féminine dans une société où, malgré la modernité, les femmes continuent toujours de se battre pour trouver une place à la mesure de leur représentativité. « Je trouve que dans la vie, il faut être entreprenant. J’ai choisi de travailler pour avoir de l’expérience afin que demain, je puisse gérer ma propre entreprise. La musique, ce sont parfois des contrats, ce n’est pas fixe. Avec ce travail, c’est sûr que j’aurai mon salaire à la fin du mois », avance-t-elle.
La chanteuse a su importer son genre musical dans la sous-région (Mauritanie) et en France. Elle s’enorgueillit d’avoir joué au Zenith, de répondre aux sollicitations à l’étranger. Ses références dans la musique sénégalaise ont pour noms Coumba Gawlo Seck et Youssou Ndour. Tous des grands noms qui sont rentrés dans l’histoire pour toujours.
Sa musique qu’elle pimente sous un air gouaille avec différentes sonorités, alliant tradition et modernité, parle de la jeunesse, de la paix, de la citoyenneté. Et, forcément… de l’amour.
Guigui n’aime pas être jugée par son apparence mais plutôt par ce qu’elle est, ce qu’elle fait. Néanmoins, elle reconnaît comme tout être humain avoir des défauts. L’artiste croit stoïquement au dicton selon lequel « l’habit ne fait le moine ». Elle s’estime suffisamment disposée à faire la part des choses entre la musique et la vie quotidienne. Et comme pour répondre à ceux qui lui reprochent d’être trop coquette, la jeune dame lance : « La musique demande d’être un peu extravagante pour marquer la différence, mais également d’être sexy pour montrer sa féminité. Je suis une femme normale dans la vie quotidienne ».
Avec l’ambition de sortir un prochain album, le tout premier de sa carrière, Guigui entend peaufiner son style musical, pour continuer à bercer de sa voix de velours un public presque conquis.
Le Soleil

 

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