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Habib Beye : « Ma plus grande émotion a été la Coupe du monde 2002 avec le Sénégal »


Rédigé par DakarFlash.com, le Vendredi 23 Octobre 2015 || 30 Partages

Habib Beye : « Ma plus grande émotion a été la Coupe du monde 2002 avec le Sénégal »
Consultant au Canal Football Club sur Canal+ et Talents d'Afrique sur Canal+ Afrique, l'ex-International sénégalais Habib Beye se dévoile et nous parle de ses coups de cœur. 

Le CFC, une belle expérience ?

Cela a été une immense surprise pour moi qu’on me propose le CFC, après deux ans de collaboration en tant que consultant. Toutes les personnes avec qui j’ai pu en discuter à Canal savent bien mais ce métier de consultant est un vrai moteur pour moi. C’est une vraie marque de confiance de la part de la chaîne. J’estime que c’est une plus value pour moi et visiblement pour mes recruteurs aussi. Mais ce n’est pas à moi d’en juger. Etre sur un support aussi important, avec autant d’audience (environ 1,4 M de téléspectateurs,NDLR), avec autant d’exigence en termes de qualité et sans flagornerie, le CFC, c’est le graal, l’émission top du football. D’ailleurs, des amis officiant sur d’autres chaînes m’en parlent également. Faire cette émission aux côtés de gens comme Hervé Mathoux, Pierre (Ménès) ou Christophe Dugarry, Daniel Bravo, Mickaël Landreau…c’est super pour moi. Ma chance à Canal, c’est que tous les gens avec qui je travaille m’apportent quelque chose. C’est un vrai plaisir d’aller dans la rédaction et de discuter avec l’équipe. C’est un vrai métier, consultant. Parler de foot avec quelqu’un dans la rue, je sais le faire. Mais en parler à la télé, c’est beaucoup plus difficile. Quand vous avez trente secondes pour parler sur quatre-vingt-dix minutes de jeu, il faut être punchy, réagir vite et juste. C’est un métier qui s’apprend. Et pour moi, tant que j’y prends du plaisir, je continue.

Tu es aussi sur Talents d’Afrique…

Oui, je ne voulais pas abandonner cette émission quand Yves Kupferminc (Directeur des antennes Sports à Canal) m’a proposé le CFC. Talents Afrique a un impact énorme en Afrique et pour moi, c’est une manière de continuer à exister aux yeux de mon pays et même de l’Afrique pour quelque chose de constructif. Je suis content lorsqu’on me dit «t’es un bon consultant ». C’est un métier pour lequel je n’étais pas formé et peut-être même je n’étais pas fait au départ. Quand je retourne dans mon pays et on me dit « on t’entend sur Talents d’Afrique ou bien c’est une vraie fierté d’avoir un Sénégalais au Canal Football Club », c’est génial. Il arrive qu’on utilise le mot « quota » que je n’aime pas, et encore moins le terme « race ». Il faut arrêter tous ces débats stériles. On est dans un monde de mixité. Sans me prévaloir d’être un porte-drapeau, je suis content de représenter l’Afrique, le métissage au sein du CFC. Je dis aussi aux gens qui trouvent le PAF trop monochrome de changer leur manière de voir les choses. Bien sûr, ils ont raison mais il faut penser en termes de compétences. Si tu te donnes les moyens, que tu sois Blanc, Noir, vert ou jaune, tu auras forcément un jour ta vraie place quelque part.

Quel est ton plus beau souvenir de foot ?

J’en ai pleins de souvenirs de foot mais si je devais en retenir un, c’est mon premier titre avec Strasbourg. L’objectif d’un footballeur est de gagner des titres ou des trophées. Ce titre est significatif pour moi dans la mesure où c’est le seul en Club que j’ai gagné. J’étais aussi tout jeune footballeur, en début carrière, et c’est surtout la mythique Coupe de France. Avec tous les gens qui l’ont gagné avant moi, c’était une vraie fierté.

C’est avec ce titre que tu as eu la plus grande émotion de ta carrière ?

Pas forcément. Même s’il a été très symbolique, ma plus grande émotion a été la Coupe du monde 2002 avec le Sénégal parce que je jouais la plus grande compétition qui puisse exister avec mon pays, même si pour être honnête, mes vraies racines sont françaises. Petit, je n’ai connu le Sénégal qu’à travers mon père mais c’est un pays que j’ai découvert qu’à 17 ans. Mais amener ce tout petit pays en quart de finale a été exceptionnel.

Quand as-tu décidé de devenir footballeur professionnel ?

Depuis tout petit. Vers l’âge de 5 ans ou même avant…Quand je voyais mon père jouer au foot (Abdou Beye, ex-International également), cela me donnait envie d’en faire de même. Dès que j’ai eu un ballon dans les mains, je me suis dit que je serai footballeur professionnel comme mon père et c’est ce qui a fait ma force.

Est-ce qu’enfant quelqu’un a essayé de t’en dissuader par un commentaire désobligeant ?

Oui, une instit a essayé. Cela m’a à la fois traumatisé et encouragé. J’étais même rentré de l’école en pleurant de rage et j’ai raconté à ma mère ce que cette maîtresse m’avait fait. C’était une prof de Français qui s’appelait Madame C….z et à sa demande, j’avais noté sur un bout de papier ce que je voulais faire plus tard. Elle passait les fiches en revue et une fois sur la mienne, elle rigole en lisant « footballeur professionnel ». Puis elle va au tableau, et me demande combien de joueurs compte une équipe ? Je lui dis 20. Et combien d’équipes y a-t-il en France ? : 20. Elle pose alors la multiplication 20×20, ce qui fait 400. Et elle conclut : sur les 57 millions de Français, toi tu veux faire partie des 400 ? Mais tu rêves mon enfant, dit-elle avec une mimique désagréable qu’elle faisait toujours (il l’imite, NDLR) . Aujourd’hui, j’aimerais la revoir pour lui dire : « bah vous voyez Madame, j’ai réussi à être le 399ème joueur ! » Sauf que je ne sais pas si elle existe toujours cette dame.

Qu’aurais-tu fait si tu n’avais pas réussi ce métier ?

C’est une question difficile. J’ai fait un bac pro de comptabilité mais je ne me voyais pas dans un bureau. Déjà petit, j’ai été diagnostiqué hyperactif par un psy donc je ne me voyais pas dans un métier statique. J’aurais été prof de sport, éducateur auprès des jeunes ou un métier de terrain. Cela dit, à 18 ans, j’étais loin de mon rêve mais ce n’est pas pour autant que je l’ai abandonné….

Quelle a été ta plus belle rencontre dans ton parcours ?

J’en ai trois. Il y a Rachid Khendek, ex-entraîneur du CFA 2 de Paris-Saint-Germain. Il me prenait après les cours et me faisait travailler mes gammes (contrôle-passe) pendant deux-trois mois. C’est quelqu’un qui m’a toujours encouragé. Ensuite, il y a eu Claude Le Roy et Pierre Mankowski, actuellement sélectionneur des Espoirs. Ils ont tous les trois joué un rôle déterminant dans ma vie et je ne leur dirai jamais assez merci. Ils m’ont fait confiance, ont cru en moi à une époque où personne ne pariait sur moi.

Aujourd’hui, acceptes-tu les critiques sur les réseaux sociaux ? T’est-il arrivé d’avoir un commentaire vraiment drôle ou affligeant ?

Oui, je regarde un peu mais 80% des commentaires sont plutôt positifs. Les critiques, je les accepte si elles sont argumentées. Ce que je trouve affligeant, ce sont les insultes sur la mère ou la couleur de la peau. J’en ai déjà eu mais en général je ne m’attarde pas sur ces commentaires puérils. C’est inutile de leur donner du crédit en y répondant. Des fois aussi, on me critique parce que j’aime l’OM.

C’est ton Club de cœur, Marseille ?

Oui, carrément. On me l’a souvent reproché mais c’est comme ça. J’y ai passé quatre ans exceptionnels. J’ai été capitaine de cette équipe, j’ai vécu trois finales en quatre ans, c’est un club où les supporters m’ont aimé. Etre devant 60 000 personnes qui scandent votre nom, cela donne de grosses émotions. C’est le club où j’ai pris le plus de plaisir, où ma carrière est le plus aboutie. Aussi parce que ma fille est née à Marseille. Mon seul regret est de ne pas avoir gagné de trophée avec cette équipe.

Mercredi, on a une très belle affiche. Tu es PSG ou REAL ?

PSG forcément. Je ne suis pas supporter du PSG mais ce n’est pas un club que je hais. Je suis Français et j’ai envie que mon pays réussisse en Ligue des Champions.

wiwsport avec Spheremetisse


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