Menu
DakarFlash
DakarFlash.com



"Habré a égorgé mon mari de ses propres mains"


Rédigé par DakarFlash.com, le Jeudi 1 Octobre 2015 || 87 Partages

"Habré a égorgé mon mari de ses propres mains"

«Nous avons entendu dire que Hissein Habré l’a égorgé avec ses propres mains»

La première femme présumée victime du régime de l’ancien Président tchadien, Hissein Habré, a comparu, hier, à la barre de la Cour des Chambres africaines extraordinaires (Cae). Et c’était pour faire des déclarations fracassantes.

Mariam Hassan Abakar qui a été entendu, hier, était l’épouse de Hissein Saïd Nanga, plus connu sous le nom de Michelin.
Et si elle s’est constituée partie civile dans ce procès, c’est parce que son mari aurait mystérieusement disparu, après son arrestation.
«Mon mari a été arrêté en 1987 par des militaires. En ce moment, j’étais enceinte. Et depuis lors, nous n’avons plus eu de ses nouvelles. Personnellement, je me suis rapprochée de certains de ses amis pour savoir ce qui lui était arrivé, mais personne n’a jamais voulu me dire quoi que ce soit», a déploré la plaignante du jour, avant d’ajouter : «Nous avons entendu dire que Hissein Habré l’a égorgé avec ses propres mains».
Visiblement très touchée par la disparition de son mari, Mariam Hassan Abakar de déclarer : «Mon mari était un grand commerçant de véhicules, et il n’a jamais fait de la politique. Il entretenait des relations avec Hissein Habré. D’ailleurs, tous les véhicules de Hissein Habré, c’est mon mari qui les a apportés au Tchad. Il livrait aussi des véhicules à la Présidence. Hissein Habré venait aussi dîner à la maison».
Premier à poser des questions, le procureur Mbacké Fall a voulu en savoir davantage sur ce qui s’est passé entre les deux hommes. Il a ainsi décidé de poser la question directement à Hissein Habré : «Est-ce que c’est bien vous qui aviez tué le mari de cette dame ?».
Mais, sa question va rester sans réponse, puisque le principal concerné a préféré faire la sourde oreille. Hissein Habré s’est contenté d’ajuster ses lunettes et son turban.
Pour départager l’ex-Président tchadien et le procureur général, le président de la Cour des Cae a invité ce dernier à se limiter à poser des questions au témoin.
Mbacké Fall de lui rétorquer : «Il faut bien, par moment, qu’il soit interpellé. Il joue le beau rôle, quand même».
Selon Me Assane Dioma Ndiaye, un des avocats de la partie civile, la disparition du mari du témoin serait liée à son argent. «Une manne financière pour l’ethnie Hadjaraï qui était entrée en rébellion», a-t-il précisé.

Hissein Habré envoie balader Mbacké Fall
Une thèse qui sera confirmée par la plaignante : «La cause de sa disparition est son argent, car il était loin de la politique. Aussi, quand les militaires sont venus à la maison, ils se sont intéressés aux biens mobiliers. D’ailleurs, après son arrestation, la banque nous a informés que Habré a tout pris. Il avait aussi une entreprise à Douala, mais depuis sa disparition, personne ne m’a appelée pour me parler de cette entreprise, et je n’ai pas cherché à savoir. Pour finir, les militaires nous ont chassés de notre maison, et j’étais obligée d’aller me réfugier chez mon père».
Pour sa part, Me Mounir Balal, un des avocats commis d’office pour défendre Hissein Habré, a interpellé la plaignante sur les autres affaires de son mari, non sans manquer de souligner des contradictions concernant la date de naissance et l’adresse exacte de cette dernière.
En guise de réponse à l’interpellation de Me Balal, Mariam Hassan Abakar a déclaré : «Je n’ai aucune idée sur les autres affaires de mon mari. Je savais juste qu’il était un grand commerçant».
Un autre avocat commis d’office, Me Abdou Gningue, d’entrer dans la danse : «Est-ce que vous confirmez que vous considérez que votre mari est mort ?».
Le témoin de répondre sans sourciller : «Oui».
Refusant de lâcher le morceau, Me Gningue de revenir à la charge : «Sur la rumeur concernant votre mari qui aurait été égorgé par Hissein Habré, la personne à qui on a attribué cette rumeur a dit que c’est mal fondée».
L’avocat lui a également demandé, si elle a entamé une procédure pour constater la disparition de son mari. «Non, je n’ai jamais fait cela», lui a rétorqué le témoin.
Par Seynabou FALL


Dakarflash2



Nouveau commentaire :


Dans la même rubrique :
< >