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ICI, ON SE TUTOIE – GUIGUI : « Il faut que l’état subventionne les écoles coraniques pour que le petit talibé ne… »


La trentaine, Guigui est arrivée sur la scène musicale sénégalaise, il y a à peine, trois années. Très spéciale dans sa percée artistique, l’artiste n’en demeure pas moins une professionnelle des Finances. En effet, la passionnée d’art, on connait, mais peu se sont fait cette image de l’intellectuelle bien instruite et très portée sur les grands combats sociaux. PEOPLE SENEGAL est allée à sa rencontre pour la découvrir autrement. Propos.

Rédigé par DakarFlash.com, le Jeudi 21 Juillet 2016 || 521 Partages

Guigui, comment vas-tu ?

Je vais bien. Et toi ?

Nous, ça va. On rend grâce à Dieu. Est-ce que tu veux bien te présenter à nos visiteurs et lecteurs ?

Je m’appelle Clémentine Sarr de mon vrai nom. Je suis native de Grand Yoff (quartier périphérique de Dakar). J’ai eu mon baccalauréat au lycée Maurice Delafosse, ma licence à ISM et mon master 2 en Communication à ESUP Dakar. Je suis agent marketing chargée de l’Innovation des produits dans une institution financière de la place. J’ai commencé à travailler à l’âge de 18 ans, juste après le baccalauréat. C’est ensuite que je me suis inscrite à l’université en département anglais avant de m’inscrire à ISM, vue les nombreuses grèves de l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar UCAD.

Tu nous la diras plus tard, ton entreprise, Clémentine Sarr. En voilà que les sénégalais vont découvrir… Est-ce que l’artiste peut revenir sur son enfance ?

J’ai eu une enfance très calme ; une enfance dont les études ont été primordiales, jusqu’à ma licence. Et c’est à cette période que j’ai commencé la musique qui a toujours été une passion pour moi.

Elle est venue comment cette passion ?

C’est inné. C’est depuis ma tendre enfance.

Et depuis… Quand est-ce que le projet artistique a démarré ?

En 2013, avec la sortie de mon premier single « li ci mbëggel ». Et ensuite la sortie de mon album « Jotna » en février 2016.

Dis-moi, ma grande, peux-tu revenir sur ton trophée reçu en Europe les mois derniers?

C’est un trophée de révélation de l’année pour l’Afrique de l’Ouest, que le label Lion of Africa, en partenariat avec Burning Record, a organisé, en vue de permettre aux jeunes talents d’avoir une ouverture internationale et comme récompense le trophée, un montant de 10 millions FCFA comme perdium des festivals et un enregistrement. D’ailleurs, je suis en pleine préparation pour aller faire les signatures du contrat et commencer les festivals.

Et c’est qui l’artiste au travail, à l’entreprise où elle officie ? Elle est comment avec ses collègues et comment ces derniers vivent-ils son art ?

Je suis toujours à l’heure. Je fais mon travail comme il se doit ; même si j’ai pris une disponibilité pour faire la promotion se mon album et mes incessants voyages. Là, je vais bientôt reprendre. Parfois, ils me taquinent en m’appelant ” la star”. Je reste toujours Madame Sarr, leur aimable collègue et j’avoue qu’ils sont mes premiers fans et les premiers à m’encourager, ou à me féliciter, surtout mon directeur M. Gassama, à qui je fais un petit « coucou » ; je fais un « coucou » à tous mes collègues aussi…

Ne te gêne pas pour nous dire le nom de l’entreprise où tu travailles.

PAMECAS (rire). Je suis au Département d’Etudes et de Développement Commercial.

Comment tu y es entrée et depuis quand ?

J’y suis depuis 6ans. Juste après la licence. Après un mois de stage, le directeur de l’agence à, immédiatement, appelé le service des Ressources Humaines pour leur dire de renouveler mon stage ou même de me copter, vu le travail extraordinaire que j’avais réalisé en un 1 mois. J’ai pu faire adhérer plus de 100 personnes dans la zone où j’habite. Je prenais la peine d’aller voir les gens jusqu’à chez eux pour les convaincre de venir ouvrir leur compte. Et le Directeur, voyant ce travail m’avait promis de faire tout son possible pour un renouvellement si jamais je parvenais à avoir les 90 nouveaux membres qui constituaient l’objectif de la caisse. J’ai fait plus, car j’en suis arrivé à 162. De bouche à oreille, mes mérites sont vendus et après 6 mois de contrat à l’essai, je suis embauchée. Juste pour dire que seul le travail paie.

Du talent de vendre à celui de chanter, Guigui est « puissante », pour ne pas dire indispensable ?

Oui. Exactement (Mashallah ! – sourire).

Et, certainement, tu es bien rémunérée ?

Ah bien sûr que oui ! Je suis cadre supérieur avec un CDI, en plus de tous les avantages.

Très bien. Et quelle note donnerais-tu à ton entreprise dans le cadre de ses activités financières ?

Oui (elle rigole) – 100% ! Si le demandeur présente un projet qui est bien fait ou si c’est commercial, que ça génère des revenus, il est financé. PAMECAS, c’est la Finance sociale.

Et quel aperçu la professionnelle des finances que tu es as, en général, sur les PME au Sénégal et leurs rapports avec les institutions comme la tienne ?

Notre démarche est de participer au développement de la population ; donc notre seul objectif est d’accompagner les PME à émerger. PAMECAS est un système financier décentralisé, différent des banques et autres établissements financiers. Il appartient à ses membres qui ont accepté de verser un droit d’adhésion de 6000 F CFA et de de libérer une part sociale de 4000 F CFA.

Qui a créé PAMECAS? Nous t’offrons la publicité.

Merci (Rires). Bon : nous sommes une mutuelle, mais PAMECAS a une histoire bien connue par certains dirigeants. PAMECAS est une entreprise née à la suite de la convention signée entre les gouvernements du Canada et du Sénégal en Novembre 1994. Ce projet financé par l’ACDI, est exécuté par Développement International Desjardins (DID) et a démarré effectivement ses activités en début 1995. La mission du PAMECAS consiste à « promouvoir l’amélioration du bien-être économique et social de ses membres et des communautés de base, dans un esprit de solidarité, de responsabilité et de gestion démocratique par : Le développement de Mutuelles d’Épargne et de Crédit Viables; La mobilisation de l’épargne locale et la recherche de ressources extérieures; La mise en œuvre de politiques administratives, comptables et financières performantes dans le respect de la réglementation en vigueur; La promotion et la gestion rationnelle de services financiers accessibles et adaptées; La formation permanente et de qualité du personnel et des dirigeants; La coopération locale, sous régionale et internationale.»

Aujourd’hui, tu es une femme heureuse – je suppose – comment vois-tu la situation des femmes, en général, au Sénégal, en Afrique et dans le reste du monde ?

Comme on le voit, le monde avance et les femmes sont souvent jugées de sexe faible. Elles s’imposent et en tant que femme je suis rassurée de la dimension de cette ascension fulgurante des femmes à travers le monde. On a vu avec la chancelière allemande Angela Merkel qui fait un travail extraordinaire…

Et pour les « Talibé », les mendiants ? Que penses-tu de la mesure étatique de les retirer de la rue et le semblant de reculade suite à la rencontre entre le Premier ministre et les maîtres coraniques?

Les talibés sont comme des « cars rapides ». Je parle au sens figuré. Ils font parties du décor de notre cher pays. Par ailleurs, il faut souligner qu’ils sont des enfants et ils ont droit à l’éducation, à la jouissance et à la protection. Dès lors, la modernisation des « daaras » serait la bienvenue. Mais, il faut que l’état subventionne les écoles coraniques pour que le petit talibé ne passe pas son temps à quémander pour survivre.

Un mot sur le bel exemple bien sénégalais de la vie en communauté entre les musulmans et les chrétiens, pour toi la croyante chrétienne très proche des musulmans ?

Moi, je suis chrétienne, de père et de mère. Mais, dans notre famille, on a des parents musulmans et nous vivons en parfaite symbiose. C’est ça la beauté de notre cher pays.

Ta vie privée est vraiment privée. Je n’y touche pas, même curieux. Ou as-tu envie de faire un clind’oeil à quelqu’un ?

Ton équipe et toi, vous avez sûrement du remarquer un changement sur mon port vestimentaire. C’est à lui, l’homme de ma vie, qui m’a sermonné à être plus sobre et plus décente sur le côté habillement que je le dois. Je pense qu’il ne me veut que du bien. Il ne me le dit pas par jalousie.

Au fait, pour toi, il est ou doit être comment l’homme “idéal” ?

L’homme idéal doit être pieux, fidèle, responsable, respectable et aimant.

Guigui, merci pour ces belles minutes d’échanges. PEOPLE SENEGAL te félicite et te souhaite une bonne continuation.

Merci à toi et à toute l’équipe de PEOPLE SENEGAL.

Entretien par PAS


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