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"J'en ai marre d'être femme": le coup de gueule qui dénonce le sexisme


Une blogueuse a publié mardi un pamphlet sur les réseaux sociaux pour dénoncer le sexisme dont elle est victime depuis son enfance. En deux jours, des milliers de femmes ont réagi pour s'associer à cette dénonciation des discriminations entre les sexes. Un carton.

Rédigé par DakarFlash.com, le Mercredi 18 Mai 2016 || 631 Partages

"J'en ai marre d'être femme". Voici le titre volontairement provocateur d'un post publié lundi sur la page Facebook de Paye ta shnek, un tumblr féministe qui recense des témoignages de harcèlements de rue ou d'agressions dans l'espace public.

Un coup de gueule qui cartonne sur les réseaux sociaux: en deux jours, la publication a été "likée" à plus de 23.000 reprises et commentée près de 10.000 fois. Anaïs Bourdet, initiatrice du blog créé il y a quatre ans et auteure de ce post, y explique ce que signifie pour elle être une femme aujourd'hui. Tout en détaillant les discriminations et violences subies dès l'enfance.

"Se battre deux fois plus pour gagner tout de même moins"

"Etre une femme, dans mon cas, c'est être sexualisée par des inconnus avant même d'envisager la sexualité. C'est découvrir le harcèlement à 11-12 ans, et vivre avec ensuite. Etre une femme, c'est être cataloguée faible et fragile dès le plus jeune âge. C'est être cataloguée physiquement inférieure, quelles que soient ses capacités. C'est savoir depuis toujours, que dans la famille les femmes ont dû tirer un trait sur leurs ambitions pour servir l'ego de leurs conjoints. C'est se battre deux fois plus pour faire reconnaître ses compétences, pour gagner tout de même moins ou être traitée comme une stagiaire toute sa carrière."
 

Loin d'être destiné à devenir viral sur les réseaux sociaux, ce pamphlet était avant tout pour elle l'expression d'un besoin.

"J'avais un trop-plein ces derniers jours, analyse Anaïs Bourdet pour Bfmtv.com. Ces derniers jours, j'ai été suivie par un homme et j'ai dû rentrer chez moi en courant pour le semer. Puis, il y a eu l'affaire Denis Baupin, les témoignages de nombreuses femmes sur le sexisme en politique et toutes ces réactions d'hommes et de femmes complètement à côté de la plaque, comme celle de Christine Boutin. Il fallait que j'exprime ce sentiment de ras-le-bol."

Après les accusations de harcèlement sexuel visant le député écologiste Denis Baupin la semaine dernière, 17 anciennes ministres françaises, dont l'actuelle directrice du FMI Christine Lagarde, ont publié une tribune appelant à briser le silence sur le sexisme en politique. Une initiative qui n'a pas été au goût de Christine Boutin. La présidente du Parti chrétien-démocrate a déclaré sur Twitter avoir "honte de ces anciennes ministres qui laissent entendre que les hommes sont des obsédés".

#Sexisme : Honte de ces anciennes anciennes ministres qui laissent entendre que les hommes sont des obsédés ! Marre vraiment marre

Honte de cette politicienne qui ne comprend rien à rien et laisse entendre que les autres mentent. Marre, vraiment marre.@christineboutin

 
 

"Un indice sur la gravité du problème"

Anaïs Bourdet se dit très étonnée de la résonance qu'a pris son post et ne pensait pas susciter autant de réactions. Mais selon elle, ce retentissement est symptomatique.

"C'est très révélateur et cela prouve bien que le problème est étendu. Et cela donne un indice sur la gravité des choses." 
 

"Etre une femme, c'est mériter la lune et la décrocher"

Elle se réjouit cependant des nombreuses réactions bienveillantes, qui "donnent de la force pour continuer à se battre". Son post se conclut d'ailleurs par un message positif:

"Je suis femme et fière, fière de voir que nous sommes de plus en plus nombreuses à nous battre partout dans le monde, avec nos spécificités, avec nos obstacles, avec nos moyens. Je suis fière de nous voir parler de plus en plus fort, rire, râler, hurler, faire du bruit. Etre une femme, c'est mériter la lune. Et aller la décrocher soi-même."
 

Pour la féministe qu'elle est, cette publication était aussi une forme de test. "On médiatise beaucoup les prises de parole masculines sur ce sujet, rarement celles des femmes, qui sont pourtant les principales concernées." Peut-être un début de changement.


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