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Karim Wade de A à Z : L’Alphabet d’un homme-mystère


Rédigé par DakarFlash.com, le Lundi 27 Juin 2016 || 775 Partages

 

Sa libération était sur toutes les lèvres. Au finish, elle est survenue, ce jeudi nuit, désarçonnant les spéculations les plus folles. Au terme de 38 mois de prison et de la confiscation de ses biens, Karim Wade hume l‘air de la liberté, à la faveur d’une grâce présidentielle. Et s’envole, après un bref passage au domicile du Point E, en jet privé pour le Qatar. L’Obs revisite l’abécédaire de Karim, un parcours fulgurant où le politique et l’homme s’entrechoquent.

A comme Avenir, Arrangeur financier : Quel avenir politique pour Karim Wade ? Après sa libération survenue hier, c’est la grande question que se posent les partisans de Karim Wade, en attendant que le principal concerné, arrangeur financier de profession, édifie l’opinion. Oui, trouver des sous, c’est le fort de Karim Wade qui a travaillé, de 1993 à 1999, à la City de Londres, comme arrangeur financier. En 1995, Dess en Ingénierie financière en poche, il se voit proposer un poste de cadre au département fusion-acquisition, avant d’être recruté à Londres par la banque d’affaires Ubs Warburg, une filiale de l’Ubs. Après l’élection de son père à la magistrature suprême, en mars 2000, ses talents d’arrangeur financier seront mis à contribution dans le Continent et son statut de fils de chef d’Etat lui ouvrira les portes de nombreux états africains et ainsi, bonifier son carnet d’adresses.

B comme Bibo Bourgi : Il est le 2e à bénéficier d’une grâce présidentielle, en même temps que Karim Wade et Alioune Samba Diassé. Principal complice de Karim, il aura marqué ce feuilleton judiciaire, du fait de sa santé fragile et pour avoir comparu à l‘audience sur une civière. Après avoir obtenu la liberté provisoire pour raisons de santé, il sera évacué en France pour des soins médicaux. Depuis jeudi, il bénéficie d’une grâce présidentielle pour raison humanitaire.

C comme «Contes et Mécomptes de l’Anoci», Crei, Cheikh Diallo : Ce livre écrit par le journaliste Abdou Latif Coulibaly met à nu les manquements et dérives financières de l’Anoci (Agence nationale de l’organisation de la Conférence islamique). Structure dirigée par l’ancien courtier à la City de Londres, Karim Wade, sur ordre de son père, l‘ancien président de la République, Me Abdoulaye Wade. D’ailleurs, c’est cette gestion tant décriée qui a valu, en partie, à l‘ancien pensionnaire des Cours Sainte Marie de Hann (Maristes, Dakar) d’être attrait devant la barre de la Crei. Juridiction devant laquelle, son ami, le journaliste Cheikh Diallo lui plantera un couteau dans le dos, en lui attribuant la propriété de Cd Médias qui éditait le journal Le Pays et le site lesenegalais.net. Une dénonciation aux allures de «trahison» qui signera la fin du tandem qui aura marqué l’Anoci et la Génération du concret.

D comme Dévolution monarchique, Doha, Deal : Le «crime» dont on accusait Karim Wade et son père Abdoulaye Wade, alors qu’il voulait faire voter à l’Assemblée nationale le projet de loi instituant la Vice-présidence. Le projet du ticket présidentiel sera retiré dans la journée du 23 juin 2011, alors que le pays s’embrasait, suite aux manifestations de désapprobation populaire. D’ailleurs, le 23 juin restera une date symbolique, puisqu’il marque aussi une date importante pour Karim : le jour de sa libération. D aussi comme Doha, la capitale du Qatar, lieu où il se dit que Karim Wade s’est rendu, après sa libération. A propos de cette libération, Idrissa Seck, leader du Rewmi, parle de deal international. Vrai ou faux ? Wait and see…

E comme Enrichissement illicite ; C’est le délit imputé à l’ancien ministre d’Etat, ministre de la Coopération internationale, de l’Aménagement du territoire, des Transports aériens et des Infrastructures, par la Cour de répression de l’enrichissement illicite. Au terme d’un marathon judiciaire qui a duré du 31 juillet 2014 au 23 mars 2015, Karim sera condamné à 6 ans de prison ferme, en plus d’une amende de 138 milliards FCfa.

F comme Français : Le 1er septembre 1968, le couple Wade, Abdoulaye (assistant à la Faculté de Droits et sciences économiques Paris 1-Assas) et Viviane, naguère «camarades de faculté» à Besançon, accueille à Paris son premier enfant. Né français, Karim Meïssa Wade ne passera qu’un court moment dans la capitale hexagonale. En 1970, son papa, agrégé des Facultés de Droit et des Sciences économiques à Sorbone, décide de rentrer au Sénégal. Il est recruté comme Professeur à la Faculté des Sciences juridiques et économiques de l’Université de Dakar, dont il sera plus tard le Doyen.

 

G comme Grâce, «Génération du concret» : C’est avant-hier (jeudi) que le décret 2016-880 du 23 juin 2016, accordant la grâce présidentielle à Karim Wade, Ibrahima Abou khalil Bourgi dit Bibo et Alioune Samba Diassé a été signé par le président de la République. Ainsi donc, après 38 mois de prison, la tête de la «Génération du concret» recouvre la liberté.

 

H comme Henry Grégoire Diop : Président de la Crei, il est plus connu comme l’exécuteur de la sentence condamnant Karim Wade à six ans de prison et à une amende de 138 milliards. Tristement célèbre lors de sa présidence par ses écarts de langage et son manque de sérénité, on lui reproche de n’avoir pas su déjouer les stratégies de la défense qui, durant tout le procès, n’a cessé de le mettre hors de ses gonds.

 

I comme Inéligibilité : Karim, gracié et libre, pourra-t-il briguer un mandat électif, si l’on sait que la grâce n’épure pas son casier judiciaire ? C’est la question que se pose le Sénégalais lambda. En attendant d’être édifié sur l‘avenir politique du fils de Wade, les spéculations vont bon train.

 

J comme Jeudi, Jet privé : Ce jour restera gravé dans la mémoire du fils d’Abdoulaye Wade. En effet, c’est un jeudi (23 juin 2016) à 1H30 du matin que Karim Wade a humé l’air de la liberté, après plus de 3 ans de détention à Rebeuss. Il ne passera pas la nuit à Dakar et se rendra directement à l‘aéroport Léopold Sedar Senghor où un jet privé, spécialement affrété pour lui, l‘attend pour l‘emmener en France d’abord et au Qatar.

 

K comme Karine : En 1991, alors qu’il effectuait ses humanités à l’Université de la Sorbonne, Karim rencontre Karine Marteau, celle qui deviendra son épouse en 2001. Elle lui donnera trois filles, âgées respectivement de 3, 5 et 7 ans, avant de rendre l’âme le 10 avril 2009.

 

L comme Libre, Lettre, Locales : «Il est enfin libre» «Karim libéré», tels sont les titres qui ont fait la Une des différents quotidiens de la place, ce vendredi. Tard dans la nuit du jeudi, Karim a été exfiltré de Rebeuss, à la faveur d’une grâce présidentielle. L comme Lettre, en référence à la lettre ouverte que Karim a adressée, le 3 juillet 2011, soit une dizaine de jours après le retrait du projet de loi instaurant la Vice-présidence, au peuple sénégalais. Dans cette missive de 7052 signes aux allures de confession, il crie son statut d’incompris, de «mâle» aimé et dénonce l’ingratitude de certains de ses compatriotes, plus prompts à le jeter aux gémonies plutôt qu’à analyser le sens de ses actes. Des actes qu’il pose dans le sens d’apporter sa modeste contribution à l‘émergence du Sénégal. Comme cette malheureuse tentative aux élections locales de 2009 durant lesquelles, Karim avait affiché ses ambitions dese faire élire comme conseiller municipal au Point E, pour ensuite faire son Opa sur la mairie de Dakar. Il sera platement battu dans son propre bureau de vote et finira comme…simple conseiller de l’opposition à la mairie de Dakar.

M comme Mars, Malika : La 13e lettre de l’alphabet ne porte décidément pas chance au fils de Me Wade. En effet, c’est par un «maudit» lundi du mois de Mars 2015, précisément le 23 mars 2015 que le verdict condamnant Karim Wade à 6 ans de prison ferme et à une amende de 138 milliards est tombé. M comme Malika aussi. C’est dans ce lieu que Karim a vécu le premier drame de sa vie. Jeune ado friand de plage, Karim se rend, en compagnie de sa sœur Sindiely et de sa cousine, Ndèye Amy, fille de Doudou Wade, à la plage de Malika. Sur place, le chauffeur qui les y avait conduits, un certain Pathé Seck, décide de les rejoindre dans l‘eau. Ne sachant pas nager, il finit par perdre pied. La tentative de Karim de le sauver des eaux n’y fera rien. Pathé meurt noyé, Karim se sentant coupable, en sortira traumatisé et marqué à vie. Pour lui faire oublier ce drame, son père le fait exiler en France, après son Bfem (Brevet de fin d’études moyennes) en 1984.

N comme Ndongo Lô, Niary Tally : La pépite de la banlieue décédée le 16 janvier 1996 était le chanteur préféré de Karim Wade qui aimait se shooter aux sons de feu Ndongo. N aussi comme Niary Tally, grouillant quartier de la capitale sénégalaise où Karim aimait à se rendre pour visiter ses grands-parents, Momar Talla Wade, mais aussi pour effectuer à la mosquée dite «Diouma Niary Tally», les prières de Korité et de Tabaski.

O comme Orateur : De sa courte histoire politique, on retiendra de Karim Wade qu’il était un piètre orateur. Homme de peu de mots (publics), il ne lève presque jamais les yeux de ses feuilles, quand il discourt. Quant à la langue locale, le Wolof, Karim n’en connaissait que parcimonieusement les rudiments. Peut-être que son séjour carcéral lui aura permis d’affiner et bonifier son vocabulaire.

P comme Procès, Peine d’emprisonnement : Le procès Karim Wade s’est ouvert à Dakar, le 31 juillet 2014. Accusé de s’être enrichi illicitement, le fils de l’ancien président de la République a fait face aux juges de la Crei, avant de boycotter le reste du procès. Le 23 mars 2015, Wade-fils est condamné à une peine de 6 ans de prison ferme et à 138 milliards FCfa d’amende, dans le cadre de la traque des biens mal acquis, un engagement du Président Macky Sall, dans sa politique de reddition des comptes.

Q comme Qatar, Queen Biz : Le Qatar, un pays du Golfe, est l’Etat où Karim Wade s’est rendu, après son élargissement de prison, accompagné du Procureur général du Qatar, Ali Bin Fetais Al-Marri qui avait effectué tout récemment une visite à Dakar. Q aussi comme Queen Biz (Coumba Diallo, de son vrai nom), qui a proclamé tout haut son amour pour Wade-fils. Hasard ou coïncidence ? Moins d’une semaine après qu’elle lui a dédié une chanson «Lou méti Yagoul (Du courage)», l’ex-détenu le plus célèbre de Rebeuss, Karim Wade, a recouvré la liberté. Queen Biz porte-bonheur de Karim ? A voir…

R comme Recours, Rampino, Rebeuss : Karim est débouté de tous les recours que sa défense avait déposés devant la Cour suprême. Ainsi, la plus haute juridiction du Sénégal avait confirmé le verdict de la Cour de répression de l’enrichissement illicite (Crei) et Karim devait purger sa peine entière. R comme Rampino aussi. Son geste avait marqué les esprits. Arrêté en plein procès de Karim Wade, pour troubles à l’audience, Moïse Rampino avait traité les magistrats de la Crei de «corrompus». Ce jeune de 26 ans est le fils de la dame qui s’est suicidée devant l’ambassade d’Italie, sous ses yeux. Ramené au Sénégal, Moïse Rampino séjourne dans un centre d’accueil, avant d’être pris en charge par Karim Wade. Son geste était-il justifié ? Et R comme Rebeuss également. C’est la prison où a séjourné Karim Wade pendant près de 38 mois, après avoir été cueilli chez lui, le 15 avril 2013. Il pénètre à Rebeuss le mercredi 17 avril 2013.

S comme Sanctions financières : Même si le «futur» candidat du Parti démocratique sénégalais (Pds) à la prochaine élection présidentielle est élargi de prison, à la suite d’une grâce présidentielle, les sanctions financières contenues dans la décision de justice rendue le 23 mars 2015 par la Crei et la procédure de recouvrement déjà engagée demeurent.

T comme Traque : Avec la chute du régime d’Abdoulaye Wade, son successeur ressuscite la Cour de répression de l’enrichissement illicite (Crei), créée depuis 1981. Cette juridiction spéciale déclenche la procédure de la traque des biens mal acquis. Elle a dans sa ligne de mire, 25 dignitaires du régime libéral parmi lesquels, Karim Meïssa Wade. Wade-fils sera accusé, arrêté, jugé, condamné et emprisonné avant d’être gracié par le Président Macky Sall. Mais, cette libération ne sonne pas la mort de la Crei, d’après une déclaration du ministre de la justice et Garde des Sceaux, Sidiki Kaba.

U comme Ubs, la banque qui lui propose son premier poste de cadre : Après son Diplôme d’études supérieures spécialisées (Dess), Karim effectue un stage de 6 mois à Paris, à la Société de banque de Suisse qui lui propose, dans la foulée, un poste de cadre au département fusion-acquisition que Wade-fils occupe pendant un an, avant d’être recruté à Londres par la banque d’affaires Ubs Warburg, une filiale de l’Ubs. Ses activités se situent dans le secteur des mines, dans le conseil à plusieurs gouvernements africains, mais aussi en relation avec des sociétés multinationales, comme De Beers (diamants), Anglo American (mines) ou Texaco (pétrole).

V comme Verdict du procès : Une sentence prononcée, un marteau qui tonne dans la Salle 4 du Palais de justice de Dakar en cette matinée du mercredi 23 mars 2016, le sort de Karim Meïssa Wade est ainsi scellé, en son absence, par le Président de la Cour de répression de l’enrichissement (Crei). Deux tours d’horloge ont suffi au juge Henry Grégoire Diop pour livrer le verdict de la Crei, plongeant la Salle 4 du Palais de justice de Dakar dans une clameur indescriptible.

W comme Watchdog de son père : Il était méconnu du grand public, jusqu’à l’accession de son père à la magistrature suprême. Karim qui effectue de fréquentes navettes entre Londres et Dakar, décide de s’installer définitivement au Sénégal, à partir de 2002, pour assister son père. Il est nommé conseiller personnel du président de la République, chargé de la mise en œuvre de grands projets (Aéroport international Blaise Diagne, restructuration des Ics, …). Propulsé à la tête de l’Anoci, son étoile est de plus en plus scintillante. Wade-fils arpente les capitales étrangères et se fait connaître de ceux qui, de l’extérieur, font les rois. Il est au cœur du système financier du Sénégal et se pose en Watchdog de son père qui le nomme ministre d’Etat, ministre des Infrastructures, des Transports aériens, de la Coopération internationale et de l’Énergie.

X comme les X commissions rogatoires : Pour enfoncer le fils de l’ancien président de la République, Me Abdoulaye Wade, la Cour de répression de l’enrichissement illicite (Crei) a envoyé X commissions rogatoires à l’étranger aux fins de débusquer ses «trésors» cachés. Mais au finish, la montagne a accouché d’une souris. L’expert-comptable, Alboury Ndao, mandaté par la Crei, est revenu bredouille.

Y comme Yahya Abdoul Dia : Démissionnaire en plein procès, l’acte posé par le magistrat Yahya Abdoul Dia avait surpris plus d’un. Si les raisons de sa démission restent encore un mystère, Yahya Abdoul Dia fera les frais de son geste et la sentence ne s’est pas fait attendre. Démissionnaire de la Crei, Yahya Abdoul Dia, alors président du tribunal régional de Tambacounda, est nommé conseiller à la Cour d’appel de Ziguinchor. Une institution qui n’existait pas encore. Beaucoup voient dans cette décision du Conseil supérieur de la magistrature, une sanction contre le magistrat «rebelle». Yahya Abdoul Dia a été remplacé par le juge Tahir Ka pour la poursuite du procès.

Z comme Ziar : En bon talibé de Serigne Touba et fils adoptif du Khalife général des mourides, Cheikh Sidy Makhtar, Karim ne ratait jamais une occasion pour aller renouveler son allégeance au Khalife général des mourides. Et même si Wade-fils ne s’est pas rendu aussitôt à Touba après son élargissement, on nous apprend qu’il suit à la lettre les «Ndigueuls» (conseils) de Serigne Sidy Makhtar.

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