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L'entourage encombrant de Karim Benzema


Rédigé par DakarFlash.com, le Mercredi 11 Novembre 2015 || 93 Partages

L'entourage encombrant de Karim Benzema
Quand Karim Benzema rentre au bercail, il crèche chez son frère, Gressy, au Terraillon, dans l’appartement où il a grandi. Les gosses du quartier considéré par les policiers lyonnais comme « le plus dur de la région » se regroupent alors pour contempler et toucher la dernière voiture grand luxe du footballeur. La Ferrari, surtout, les a impressionnés. En 2011, après avoir tourné dans sa cité toute la nuit, Karim Benzema abandonne le bolide, réservoir vide, au pied des immeubles. Il ne reviendra jamais la chercher.

Le quartier du Terraillon, à Bron, autrefois appelé « la caravelle », est un des rares quartiers de la région lyonnaise qui n’a pas changé. La route de Genas en marque la limite et le sépare de Vaulx-en-Velin. Les deux communes vivent en interaction. Dans le système lyonnais, il y a toujours eu des rivalités mais aussi des associations entre quartiers. Opposés et le lendemain associés, selon les circonstances. Cela dépend des individus et des liens qu’ils nouent, dès le plus jeune âge. Les équipes naissent dans les écoles. Quand leurs membres sont répartis sur plusieurs communes, on les appelle des « équipes à tiroirs ». L’entrée en délinquance se fait toujours de la même façon selon un système très structuré: les enfants commencent en faisant des vols à la roulotte, cassent des vitres de voitures pour aller tirer des postes radio. Ensuite ils montent en grade et c’est le vol de voitures: ils amènent les voitures volées à ceux qu’ils appellent les « grands », qui s’en servent pour faire des braquages ou autres pour, ensuite, les rendre aux gamins qui les désossent et en vendent des parties. Les familles qui s’imposent sont celles où il y a plusieurs frères. Quand l’aîné va au trou les autres reprennent. Les interventions pour de petits délits sont assez rares, les gros bonnets ne tiennent pas à attirer l’attention des autorités.

« Pris tout seul, Karim Benzema était un gamin plutôt correct, décrit une source qui a longtemps travaillé au Terraillon. Son problème ce sont ses relations, même si quand on parle de ses amis d’enfance, il ne faut pas oublier que Karim a quitté très tôt le quartier en rentrant à l’OL ». Là, l’entraîneur Bernard Lacombe veille à lui imposer des limites, à le cadrer, à le tenir éloigné de ses mauvaises fréquentations. Comme tous les gamins avec lesquels il a grandi, Karim Benzema est arrogant, voire provocateur avec ceux qu’il ne connaît pas. Et sa bande de « potes » reste la même. A part avec Franck Ribery, il n’a pas noué de liens d’amitié solides ni avec les joueurs de l’équipe de France, ni avec ceux du Real Madrid. S’il ne chante pas la Marseillaise avant les matchs, ce n’est pas par bravade, ni pour effectuer un geste politique, mais pour honorer un pari lancé avec ses copains. « Il reste un gamin de quartier blindé de pognon qui dit « je vous emmerde tous ». Mais ce n’est pas un môme qui va chercher les problèmes », même s’il aime se la péter » décrit la même source. A Lyon, il n’hésite pas à s’arrêter en double file pour aller s'acheter une montre à la bijouterie de luxe Maier. Les gens klaxonnent, en vain… « Il aime les boîtes où on rencontre que des mecs bizarres », explique un connaisseur de la nuit lyonnaise, « il reste un gamin de la rue ». Les responsables de l'Imprévu, une boite de nuit située à Massieux, à une trentaine de kilomètres de Lyon, le savent bien. La place devant l'établissement lui est réservée.

Avec ses proches, Karim Benzema est connu pour sa générosité. A ses parents, décrits comme des gens « très gentils et corrects », il a offert une maison, située entre Genas et Chassieux, dans un quartier résidentiel. Mais Hatif, son père ancien employé municipal et Wahida, sa mère, femme au foyer, mettront du temps à s’y installer. La maman confie à une connaissance : « là-bas, on n’était pas bien». Elle se sent coupée de ses amies et proches, de ceux qui partagent sa culture, celle du quartier. Lorsqu’ils finissent par quitter le Terraillon, Gressy reprend l’appartement familial. Gressy a fait un peu parler de lui notamment en paradant dans le quartier avec les belles voitures offertes par son frère. Il traîne avec une bande de Vaulx-en-Velin, joue un peu au foot et n’est pas mauvais. L’une des soeurs aurait pu entrer en équipe de France de basket, mais, ingérable, violente, elle a été renvoyée de son club. La fratrie compte neuf enfants dont les deux aînés sont issus d’une première union de Wahida.


Il offre à une autre de ses soeurs la voiture que lui a donné le FC Lyon en 2008 pour la victoire en coupe de France. Il avait également pris des parts dans un restaurant asiatique monté avec ses beaux frères, aux centre commercial des sept chemins à Bron, près du quartier. Il les a retirées depuis, mais aurait participé au financement de la mosquée du quartier inaugurée cette année. En 2013, sept de ses copains ont un tragique accident de voiture, lors duquel l'un d'entre eux perd la vie. Karim Benzema paie les funérailles en Algérie, ainsi que les frais de celui qui conduisait sans assurance. Idem pour les frais d’avocats déboursés pour son jeune beau-frère. Tombé pour le braquage d’une bijouterie lyonnaise et condamné à dix-huit ans de prison, le jeune homme aurait pu faire appel de sa condamnation grâce à la générosité du footballeur qui lui aurait permis de se doter des services de pontes parisiens du pénal. Une générosité parfois mal recompensée: en 2012, l’une de ses tantes dénonce dans la presse l’assignation par Karim Benzema de toutes ses tantes, les soeurs de sa mère, en justice. La démarche n’est pas hostile: elle vise uniquement à clarifier la situation sur l’aide matérielle et financière qui doit être apportée à la grand-mère maternelle avant une éventuelle mise sous tutelle. De fait, le footballeur et sa mère, paient alors chaque mois à la vieille femme son loyer et tous les frais de la vie courante. Et ce depuis 2007.

"KARIM BENZEMA EST DÉCONNECTÉ DE LA VIE RÉELLE"

Parmi les mauvaises fréquentations de Benzema, certaines sont amicales, d’autres familiales.« Le problème de Benzema c’est surtout sa belle-famille »décrit une source judiciaire. L’une des sœurs de Karim est mariée à l’un des frères de la famille la plus compliquée du quartier, connue pour son implication dans le grand banditisme et le trafic de stupéfiants au niveau international. Cette famille tient le quartier et le domine. Ceci explique, entre autres, que Karim Benzema puisse se sentir comme chez lui aux Terraillons, y circuler librement, sans sécurité et sans que personne ne songe à l’y menacer. Parmi les amis, on trouve un certain Karim Zenati, accusé d’avoir pu servir d’intermédiaire entre Benzema et les hommes faisant chanter Valbuena.  Arrêté le 5 novembre dernier à l’aéroport de Lyon, il a plus le profil « d’un suiveur que d’un caïd », décrivent des proches. Mais le système est ainsi fait qu’une fois les caïds en prison, les autres prennent la place et la tiennent.

La longévité paie. C’est comme cela que Karim Zenati est monté en grade après avoir commencé par le petit deal de quartier. En 2003, Zenati est arrêté pour le braquage de plusieurs supérettes dans le Rhône, la Loire et l'Isère. Des attaques éclairs commises avec des armes de gros calibres et trois complices de Bron-Terraillon. Il est condamné en 2006 à huit ans de prison. En novembre 2009, rebelote : il est arrêté à nouveau pour un Go fast, et le transport de 210 kilos de cannabis. Cette interpellation sur l’autoroute A7 n’est pas un hasard: le 17 novembre, un informateur anonyme signale aux autorités qu'Osman T, 27 ans demeurant à Meyzieu et son ami Karim Zenati, 26 ans, résidant à Bron s'apprêtent à partir pour l'Espagne à bord d'une Audi TT blanche immatriculée en Allemagne. La DIPJ met alors en place une filature. Les enquêteurs laissent le véhicule passer la frontière espagnole et le reprennent en chasse quelques heures plus tard à son retour sur le territoire national. C'est en pleine nuit, sur une aire de station-service de Porte les Valence, qu'ils interviennent. Osman T. et Zenati parviennent à s’enfuir mais une des roues de leur véhicule crève rapidement. Après une course poursuite d’une trentaine de kilomètres, ils sont interpellés. Ils n'ont pas d'armes mais dans le coffre, reposent des « valises marocaines » dans le jargon, deux cent dix kilos de résine de cannabis. Trois ans plus tard, Karim Zenati s’associe avec Abdelkader Boussora et Sabri Salem Boussora, attaquant au FC Montreuil. Le 29 mais 2012, ils déposent au Registre National des Marques les marques « Lafrap’ », « KB9 » et « Lafrap’KB9 ». La marque « Lafrap’ » a conçu une cinquantaine de modèles de vêtements sportswear dont Karim benzema et d’autres joueurs de l’Olympique Lyonnais mais aussi des Parisiens ou des Stéphanois ont fait la promotions en les portant.

Mal conseillé, mal entouré, « Karim Benzema est déconnecté de la vie réelle et pense que tout s’achète », commente un journaliste sportif. Pour son ancien agent de 2002 à 2004, Frédéric Guerra, qui l’a connu à seize ans, « le principal problème de Karim Benzema est d’être resté très proche de la mentalité des quartiers. Il ne s'est jamais adapté au milieu dans lequel il évolue aujourd’hui. Pour lui, c'est un dilemme de choisir "son camp". Tiraillé entre ces deux mondes que tout oppose, il sait que choisir c'est renoncer… et il n'a pas choisi ».

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