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La faim dans le monde recule comme jamais grâce à la démocratie


Des années 1980 à nos jours, la faim dans le monde a reculé de manière spectaculaire. Un mécanisme profondément lié à l’expansion simultanée de la démocratie.

Rédigé par DakarFlash.com, le Dimanche 15 Mai 2016 || 30 Partages

La faim dans le monde recule comme jamais grâce à la démocratie

La faim dans le monde recule, inexorablement. Elle recule tellement, même, qu’elle est aujourd’hui à son niveau le plus bas depuis plus de vingt-cinq ans, selon les chiffres du Global Hunger Index, baromètre de référence de la question. Si, en 1990, 17 pays étaient en situation de famine“extrêmement alarmante” et 25 autres en situation “alarmante” selon l’indicateur, seuls huit pays se voient encore attribuer ce dernier qualificatif en 2015, et plus aucun ne connaît de famine extrême.

Exemple de cette progression : l’Éthiopie, qui connut sa dernière grande famine entre 1984 et 1985, dans un contexte de guerre civile. Bilan: entre 600 000 et un million de morts, une série deconcerts de charité  titanesques, et un pays placardé comme symbole du sous-développement du continent africain. Depuis fin 2015, la population éthiopienne est à nouveau confrontée à la faim, une conséquence de la pire sécheresse de ces cinquante dernières années. Selon l’ONU, 10 millions de personnes, dont 400 000 enfants, sont menacées de malnutrition. Pourtant, comme le souligne Vox, cette crise alimentaire pourrait avoir une issue bien moins tragique que la précédente. Car entre-temps, la démocratie s’est installée.

“La famine est un outil de répression politique”

Dans un texte publié par le New York Times  le 9 mai, Alex de Waal, directeur de la World Peace Foundation, offre une analyse intéressante des mécanismes de création, d’entretien et d’éradication de la faim : pour lui, contrairement à la croyance populaire, la famine n’a rien d’une fatalité, et si elle trouve son origine dans des causes naturelles, elle se transforme ensuite en “un artefact et un outil de répression politique“. Durant la crise éthiopienne de 1984, par exemple, le régime militaire de Mengistu Haile Mariam  “bloqua le commerce, bombarda les marchés et retint les provisions d’urgence“. Quant à la nourriture récoltée par Bob Geldof et ses amis du Live Aid Concert, “elle était redirigée des civils vers l’armée et les milices gouvernementales”. En 2015, c’est une Éthiopie politiquement stable, dotée d’infrastructures restaurées et de programmes d’aide alimentaire, qui affrontait la sécheresse provoquée par un phénomène El Niño  gigantesque. Et la différence entre démocratie et régime militaire pourrait se compter en centaines de milliers de vies.

À l’échelle mondiale, la réduction de la faim dans le monde (l’un des 17 “objectifs de développement durable”  que s’est fixés l’ONU pour 2050) va de pair avec l’expansion de la démocratie, qui connaît à l’inverse un pic de croissance historique. Selon l’indice de démocratie, 80 pays utilisent aujourd’hui ce système politique, de manière totale ou partielle. Et comme l’explique Alex de Waal, “après qu’un pays a atteint un certain seuil de prospérité et de développement, la paix, le libéralisme politique et la responsabilité élargie du gouvernement sont les meilleurs garde-fous contre la famine. Il n’y a aucun précédent de mort de famine dans une démocratie.” À l’heure actuelle, cependant, une personne sur neuf souffre encore de la faim, soit 795 millions de personnes.


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