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La folie Pokémon GO amuse et inquiète en Égypte


La Pokémon mania a atteint le pays des pharaons, semant la panique chez les officiels, qui mettent en garde contre une potentielle menace sur la sécurité nationale...

Rédigé par DakarFlash.com, le Mardi 19 Juillet 2016 || 286 Partages

La folie Pokémon GO amuse et inquiète en Égypte

Elle n’a pas encore été lancée officiellement en Égypte qu’elle déchaîne déjà les passions. Pokemon Go, l’application lancée par Nintendo et Niantic  début juillet et qui rend fou le monde entier, amuse ses utilisateurs autant qu’elle inquiète les autorités égyptiennes.

Malgré son indisponibilité sur les stores Android et iOS depuis l’Égypte, de nombreux Égyptiens sont tout de même parvenus à se la procurer, grâce à des tutorials postés en ligne par des geeks adeptes des VPN et du torrent. « J’y joue depuis 6 ou 7 jours. J’ai réussi à télécharger le jeu via une source inconnue sur un site de peer-to-peer », explique Leïla, qui abreuve depuis une semaine son compte Twitter de ses chasses dans le centre-ville du Caire.

Panique à bord

En moins de 48 heures, le jeu a d’ailleurs pulvérisé les compteurs des recherches Google, dépassant les deux clubs de football nationaux Zamalek et Al-Ahly, d’habitude premiers dans les Top Trends. Mais l’engouement pour PokemonGo dérange. Représentants religieux, politiques et personnalités médiatiques mettent en garde contre le jeu.

« Il pousse les gens à se comporter comme des ivrognes dans la rue. Leur yeux sont collés à leur écran de téléphone à la recherche d’endroits où se trouvent des Pokemons virtuels dans l’espoir de les attraper  », a commenté Abbas Shuman, adjoint du cheikh d’Al-Azhar, Ahmed al Tayeb. « Si un tel jeu peut tromper les jeunes, je ne sais pas où l’esprit des adultes a disparu ».

La rumeur bidon d’une fatwa anti-Pokémon

Dans la presse égyptienne, la rumeur d’une fatwa anti-Pokémon s’est d’ailleurs répandue comme une traînée de poudre avant d’être démentie par l’agence de presse gouvernementale al-Ahram. Une information virale car plausible puisqu’en 2001, l’institution islamique sunnite avait publié un texte contre la version plus ancienne du jeu, l’accusant de propager des idées darwinistes.

Risque d’espionnage ? 

Plus inquiétant encore, les réactions ont été nombreuses quant à la potentielle menace sur la sécurité nationale que l’application pourrait représenter. Hani al-Nazer, ancien président du National Research Centre (NRC), affilié au ministère de la Recherche scientifique, a mis en garde dans les médias égyptiens contre « l’utilisation de l’application à des fins d’espionnage et de collecte d’information sur ses utilisateurs (…) Lorsqu’il est actif, le jeu en utilisant Google Maps suit toutes les étapes des utilisateurs, ce qui pourrait fournir des informations pouvant être utilisées pour cartographier les activités des joueurs sur une base nationale et mondiale », a-t-il affirmé, sous-entendant le risque d’espionnage par des puissances étrangères.

Les autorités planchent d’ailleurs sur une enquête pour déterminer les dangers du jeu. Le porte-parole, Hossam al-Qawish, a ajouté que le gouvernement envisageait également de nouvelles réglementations sur les jeux en ligne pour limiter les menaces possibles sur la sécurité nationale.

«  C’est complètement débile », assure Leïla. « Contrôler quoi ? Le jeu n’a même pas été officiellement lancé ici. En plus, il fonctionne sur la base de données GPS qui existent déjà et sont accessibles sur tous les smartphones. Rien de nouveau à découvrir ou à cacher ! »

Chasse aux Pokémons

La suspicion se propage aussi dans les rues du Caire, face à des joueurs adoptant des comportements inhabituels ou se rendant dans des zones sensibles : « la nuit dernière, le jeu m’a emmenée jusqu’aux portes de l’université du Caire. Les gardes ont commencé à avoir peur et sont venus me poser des questions pour savoir ce que je faisais », raconte Leïla. « L’autre jour, j’ai aussi trouvé un tas de Pokémons près d’un bâtiment de l’armée, les soldats n’ont pas compris et ont commencé à charger leurs armes ».

Une réaction peu étonnante dans une Égypte frappée de paranoïa sécuritaire.

Jeune Afrique


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