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La tentative d’assassinat de 50 Cent racontée par tous les protagonistes


Rédigé par DakarFlash.com, le Mercredi 20 Avril 2016 || 343 Partages

D’un côté, il y avait la Supreme Team, un gang de dealers du Queens fondé dans les années 1980 par Kenneth "Supreme" McGriff. Ils opéraient depuis Jamaica, l’un des quartiers les plus pauvres de la ville. A la fin des années 1990, alors que le gang se délitait, Supreme – ou "Preme", comme ils l’appelaient – ne s’est pas rangé pour autant, car il avait le gangstérisme dans le sang. De l’autre, il y avait Murder Inc. Records, un label fondé en 1997 par les frères Irv et Chris Gotti, qui voulaient jouer aux gangsters eux aussi. Mais tandis que pour Preme, cela rimait avec trafic de drogue et macchabées, pour Murder Inc. ça n’allait pas plus loin que les embrouilles entre rappeurs, dans lesquelles ils gonflaient le torse pour avoir l’air méchant.
Interrogée sur ses actes, la jeune étudiante a balayé d'un revers de main les propos de son amant. Elle a avoué qu'elle détenait l'arme mais qu'elle ne lui a jamais donné des coups avec. Elle a chargé son amant qu'elle accuse de s'en être pris à elle. A l'en croire, elle ne faisait que profiter de lui puisqu'elle ne pouvait pas satisfaire sa libido. 

Finalement, après délibéré, le tribunal l'a déclaré coupable, avant de la condamner à 3 mois de prison dont 15 jours ferme.

Autour d’eux gravitait un rappeur encore confidentiel à l’époque, qui n’a pas tardé à s’attirer la colère de Murder Inc. et de Preme. Il se faisait appeler 50 Cent. Curtis Jackson, qui vivait avec ses grands-parents dans le Queens, avait adopté le surnom de 50 Cent en référence à un jeune criminel à la Billy the Kid dont le nom de baptême était Kelvin Martin. Ce dernier venait des cités de Fort Green, à Brooklyn, où il s’était forgé une solide réputation de braqueur de rappeurs. Il s’est fait descendre à l’âge de 22 ans. "J’ai pris le nom de 50 Cent parce qu’il représente tout ce qui m’importe", explique-t-il. "Je suis le même genre de gars. Tous les moyens sont bons pour subvenir à mes besoins."

Dans le Queens, 50 Cent se construisait peu à peu une réputation de rappeur qui n’avait peur de rien, et surtout pas de la controverse. Au sein de l’industrie musicale, il pouvait compter sur le soutien de Jam Master Jay, de Run DMC et de Chaz Williams, de Black Hand Entertainment. 50 avait goûté une première fois au succès et à la notoriété grâce à la bande-originale de Black Gangster, et il en voulait davantage. Il est apparu sur les radars en 1999 avec le morceau "How to Rob" ou, comme on l’appelait dans le quartier, How to Rob an Industry Nigga ("comment braquer un mec de l’industrie").

 

Avec ce premier single, 50 a écrit le morceau ultime pour s’attirer des problèmes : dans ses lyrics, il s’en prenait à tous les rappeurs en vogue à l’époque, décrivant comment il les dépouillerait violemment. "How to Rob" l’a instantanément rendu célèbre dans le milieu, mais il a aussi fait de lui une cible. 50 voulait utiliser le beef pour faire avancer sa carrière, et les membres de Murder Inc. ont été les premiers à mordre à l’hameçon.

"Je crois que ça a commencé avec un clip que je tournais sur Jamaica Avenue", se souvient Ja Rule. "On vient tous les deux du même coin. Quand il a vu que les gens du quartier l’adoraient, il n’a pas supporté le fait qu’ils m’aimaient aussi."

Ja Rule (DR)

Irv Gotti, cofondateur de Murder Inc., confirme son analyse : "Si 50 avait la haine, c’était par pure jalousie. On était sur Jamaica Avenue en train de tourner le clip de 'Murder for Life', et tous les vrais gangsters du quartier étaient venus pour nous soutenir : Supreme, Slim et les autres. 50 est venu s’embrouiller avec Rule. Je ne sais plus si Rule a répondu ou pas. On savait à peine qui c’était. Et il est devenu le rappeur le plus populaire du monde, pas de chance. Ça s’est vraiment passé comme ça. C’est pour ça que quand on repense à cette embrouille avec Rule, on se dit qu’on aurait peut-être dû se contenter de lui faire un câlin."

"Me pourrir devant mes fans"

D’après l’associé de Supreme, Chaz "Slim" Williams, la vendetta de 50 vient du jour où Ja Rule lui a mis un vent. 50 s’est senti insulté et il a fait de Murder Inc. son ennemi juré. Qu’il s’agisse d’une véritable animosité ou d’opportunisme – car un beef avec le label pouvait l’aider à se faire un nom –, 50 n’en criait pas moins sa rancœur sur tous les toits. Mais pour lui visiblement, les choses étaient très sérieuses. "Il tournait un clip sur Jamaica Avenue et toute la clique était là. Ja a commencé à ouvrir sa bouche sur moi et à dire aux gens que je ne savais pas rapper. Il voulait me pourrir devant mes fans", raconte 50.

Selon lui, l’embrouille remonte au jour où un pote à lui a volé une chaîne à Ja Rule. "Ce type de la cité Baisley, Lil’ Troy, avait fauché des affaires à Ja. Ja m’a vu avec lui au club Amazura, dans le Queens, et quand il a vu qu’on était potes, il a commencé à se comporter différemment", raconte 50.

"Comme si je n’allais pas dire bonjour à un pote parce qu’il l’avait volé… Ja et ses potes étaient occupés à se frotter aux meufs sur la piste, ils avaient la dalle, et il en a profité pour voler une chaîne à ce trouduc. Mais il sait que je n’avais rien à voir dans l’affaire. Ensuite, quand je suis allé en coulisse pour le saluer, il a hésité à me répondre. A partir de là, je me suis dit : 'Qu’il aille se faire foutre.'"

Murder Inc. avait snobé 50, on avait volé une chaîne à Ja Rule : les hostilités pouvaient commencer. Rule a parlé du vol à Gotti, qui a passé le mot à Supreme, qui est allé trouver Lil’ Troy pour récupérer la chaîne de Ja. "Je n’ai même pas eu besoin de le menacer pour ça", dit Supreme. "J’ai lu plein d’articles dans lesquels 50 raconte que c’est son gars qui a volé Ja. Mais c’était le mien. C’est moi qui l’ai formé."

50 ne voulait pas en rester là. "Lil’ Troy et moi, on est de la même époque. On a fait des coups ensemble. Quand Preme dit qu’il a été formé par la Supreme Team, sous ses ordres, c’est la vérité. Mais on s’entendait bien lui et moi", raconte-t-il. L’incident a cristallisé les tensions entre Murder Inc. et 50 Cent. Il semble aussi confirmer la théorie selon laquelle Supreme avait été engagé pour assurer la protection du label en l’échange de financements pour son film.

"Il avait une petite batte"

"Après ça, j’ai eu une conversation avec Preme. Il m’a dit : 'Hey, laisse ce mec tranquille. Je sais que c’est une baltringue, mais c’est lui qui me fait bouffer.' Le message est passé. Ja venait de sortir 'Holla, Holla', il se sentait invincible. Juste après, j’ai sorti 'How to Rob'", dit 50. Le morceau a envenimé les choses entre lui et Murder Inc.

"On était supposé faire une date ensemble à l’Atrium", raconte 50. "Quand je suis arrivé à Atlanta, il y avait huit mecs qui m’attendaient devant mon hôtel. Je suis sorti de la voiture et j’ai commencé à me foutre de la gueule de Ja. Il avait amené une petite batte. On est entré dans l’hôtel et je lui ai tapé sur l’épaule pour lui dire : 'Mec, faut qu’on se parle.' Au début, tout se passait bien. Je lui ai expliqué pourquoi j’avais fait le morceau. Et là, il a commencé à dire : 'T’aurais dû me le dire en face comme un homme !' Il gesticulait avec ses mains, il parlait bien fort, en jetant des regards à ses potes pour qu’ils le voient bien me crier dessus… J’étais obligé de lui mettre mon poing dans la gueule. Et ils m’ont sauté dessus."

Par respect pour Supreme, 50 avait tenté d’apaiser la situation, mais il devait malgré tout se défendre. Il est sorti de la baston avec une autre chaîne de Ja – un détail qui a porté un coup supplémentaire à la street cred de Murder Inc. "J’ai arraché sa chaîne pendant qu’on se battait et je lui ai dit de venir la chercher", dit-il. "Mais la police allait débarquer et tout le monde s’est dispersé."

Quand 50 est retourné à New York, Supreme est venu le voir pour lui demander ce qui s’était passé. "Je lui ai expliqué franchement la situation", dit 50. "Du coup, il a compris. Il a dit qu’il ne pouvait pas m’en vouloir et il m’a filé une montre en or en échange de la chaîne." L’affaire ne s’est pas arrangée pour autant. Les gars de Murder Inc. étaient furieux, ils voulaient enterrer 50 Cent. Ils prévoyaient de ruiner sa réputation pour mettre un terme prématurément à sa carrière.


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