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Le Sénégal fait main basse sur les biens de Bibo Bourgi


Rédigé par DakarFlash.com, le Lundi 2 Novembre 2015 || 47 Partages

Le Sénégal fait main basse sur les biens de Bibo Bourgi
Il était millionnaire. Le voilà officiellement sans ressources. Sept mois après sa condamnation par la Cour de répression de l’enrichissement illicite (CREI), l’homme d’affaires Ibrahim Aboukhalil, alias Bibo Bourgi, a vu tous ses biens confisqués par l’État du Sénégal. Les sociétés dont il est actionnaire et le patrimoine immobilier qu’il détient sont désormais propriété de l’État. Et ses comptes bancaires, à Dakar comme à Monaco, ont également été saisis en vertu d’une disposition du jugement de la CREI rendu en mars contre Karim Wade et sept co-accusés.

« Il ne dispose plus d’aucun moyen de paiement au Sénégal, même pour le prélèvement automatique de son assurance médicale », s’indigne Me Corinne Dreyfus-Schmidt, membre de son pool d’avocats. Depuis la mi-septembre, l’agent judiciaire de l’État, Antoine Félix Diome, est en effet passé à l’offensive. Cet ancien adjoint du procureur spécial près la CREI, qui avait été le principal artisan de la procédure pour enrichissement illicite contre Karim Wade, a été nommé à cette fonction au lendemain du jugement.

C’est donc à lui que revient la tâche de défendre les intérêts du Sénégal en matière d’exécution de la condamnation, mais aussi de superviser l’action des avocats de l’État dans le cadre des recours déposés par Bibo Bourgi devant plusieurs instances arbitrales régionale ou internationales. Nouvelle controverse Or une fois de plus, la démarche des autorités sénégalaises en matière de traque aux biens mal acquis donne lieu à une controverse. Celle-ci a éclaté le 26 octobre dans les pages du Quotidien, sous la plume de son administrateur général et éditorialiste-phare, Madiambal Diagne, dont la proximité avec Macky Sall est de notoriété publique. Et pourtant, selon le journaliste, la saisie des biens de Bibo Bourgi « apparaît on ne peut plus illégale dans la mesure où l’arrêt de la CREI n’est pas encore définitif ».

Le 25 août, au lendemain de la décision de la Cour suprême rejetant le pourvoi en cassation de leur client, les avocats de Bibo Bourgi avaient en effet introduit un « rabat d’arrêt ». Or, comme le rappelle Madiambal Diagne, cet ultime recours, s’il n’est pas suspensif en matière d’intérêts civils (dommages et intérêts), l’est en revanche en matière pénale. Ce qui signifie que la confiscation des biens de Bibo Bourgi serait entachée d’une irrégularité flagrante. Piqué au vif, Antoine Félix Diome a aussitôt adressé au Quotidien une mise au point destinée à justifier son empressement.

Selon le magistrat, les avocats de Bibo Bourgi n’ont signifié leur demande en rabat d’arrêt à l’agent judiciaire de l’État que le 20 octobre, une fois les actes de confiscation accomplis. Ils ne sauraient donc se prévaloir de leurs propres turpitudes pour remettre en cause les mutations et saisies effectuées sur son patrimoine. JEUNE AFRIQUE
 
 

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