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Les minutes de la rencontre entre Me Sidiki Kaba et les détenus grévistes de Rebeuss


Rédigé par DakarFlash.com, le Vendredi 30 Octobre 2015 || 29 Partages

Les minutes de la rencontre entre Me Sidiki Kaba et les détenus grévistes de Rebeuss

Depuis trois jours, les détenus de la Maison d’arrêt de Rebeuss observent une grève de la faim. Ils protestaient contre les longues détentions préventives et exigeaient de parler avec le ministre de la Justice, Me Sidiki Kaba. Le Garde des Sceaux s’est rendu sur les lieux et s’est entretenu pendant une heure avec les grévistes.

Les détenus de Rebeuss se sont radicalisés dans leur mouvement d’humeur. La grève de la faim s’est poursuivie et ils ont réclamé la présence du ministre de la Justice qu’ils présentent comme étant leur unique interlocuteur. Même s’il s’était rendu sur les lieux au premier jour de cette grève, Me Sidiki Kaba n’a pas hésité, quand il a appris la requête des prisonniers. Le ministre a ainsi quitté King Fahd Palace où il présidait la Commission des droits de l’Homme de la Francophonie, pour se rendre directement à la Maison d’arrêt de Rebeuss. C’est vers 15 heures que Me Sidiki Kaba est arrivé sur les lieux où il a trouvé sur place le procureur de la République, Serigne Bassirou Guèye, le directeur de l’Administration pénitentiaire, le directeur de la prison, des agents de l’Administration pénitentiaire et le Secrétaire général du ministère de la Justice.

Au début, il y avait une petite incompréhension, car les autorités de la prison avaient voulu que la rencontre se tienne dans les locaux du directeur de la Mar où une salle avait été aménagée. Cependant, le ministre a décidé que la rencontre se fasse au sein même de la prison. Dès que la délégation amorce la traversée pour se rendre dans un local où la réunion allait finalement se tenir, les détenus criaient pour exiger du ministre qu’il vienne voir l’état des cellules. Partout il est passé, le ministre a levé la main, comme pour calmer les ardeurs de ces détenus. Arrivés dans une salle à l’intérieur de la prison, le ministre et sa délégation trouvent sur place un groupe d’environ 20 détenus, portant des brassards rouges. Après les salutations, comme s’ils s’étaient passé le mot, les détenus enlèvent les brassards qu’ils jettent par terre. Un bon signe que la bombe est désamorcée, car les protestants ont eu une première satisfaction, avec la présence de Me Sidiki Kaba. Pour organiser les discussions, les pensionnaires choisissent trois parmi eux pour porter leur parole. Le premier explique que la première exigence, c’est-à-dire la présence du ministre par le fait que Me Sidiki Kaba bien avant d’être ministre, est satisfaite. Il ajoute que Me Kaba rendait visite régulièrement aux détenus dans les différentes prisons du pays et plaidait pour une meilleure prise en charge.

Les cellules comme des négriers

Les récriminations des détenus ont tournée autour des longues détentions et la promiscuité dans la prison. Un témoignage émouvant qui a choqué le ministre et sa suite. Il a comparé la vie dans les cellules comme celle des esclaves qui étaient entassés dans les cellules des négriers. Pour lui, il est impossible de dormir dans des conditions pareilles. Autres griefs soulevés par les détenus, ce sont les misérables conditions alimentaires. Les porte-parole ont aussi déployé la ségrégation dans la gestion de la liberté conditionnelle.

Prenant la parole, le ministre a axé son intervention sur le dernier point soulevé par les détenus. Et c’est pour faire un cours de Droit aux détenus en leur rappelant que ce n’est pas parce qu’un détenu a fait 2 ans ou a purgé la moitié de sa peine qu’il doit bénéficier automatiquement d’une liberté conditionnelle. Il a rappelé qu’il y a certains délits qui, quand on les commet, on ne peut pas bénéficier de la libération conditionnelle. Tout dépend du délit, ensuite il faut avoir une bonne tenue dans la prison. Me Sidiki Kaba a expliqué qu’avant son arrivée à la tête du ministère, il n’y avait pas de libération conditionnelle. Depuis son arrivée, rappelle-t-il, quelque 94 détenus en ont bénéficié. Sans compter les grâces présidentielles dont plus de 3 000 détenus en ont bénéficié. Pour régler la question déplorable des longues détentions avant jugement dues surtout à un déficit de magistrats, le Garde des Sceaux a révélé que le président de la République a été sensible à cette situation, d’où l’autorisation qu’il a donnée pour un recrutement annuel de 30 magistrats et de 30 greffiers par concours. La mise en place des Chambres criminelles est aussi une réponse concrète à ces longues détentions préventives. Aussi révèle-t-il qu’il est convenu, pour certains délits mineurs, d’éviter la prison aux auteurs en leur assignant les travaux d’intérêts publics. Le ministre a aussi déclaré que la réforme du Code pénal et du Code de procédure pénale qui prévoit maintenant l’assistance d’un avocat dès l’interpellation. Sur la ration alimentaire, le ministre a rappelé les efforts consentis par le Gouvernement pour régler de manière définitive ce problème. Il a expliqué que la ration alimentaire journalière par détenu est passée de 300 à 726 FCfa. Un chiffre qui va augmenter, car il est inscrit dans le budget de 2016 qu’elle passe à 1 000 FCfa. Le ministre est aussi revenu sur le projet de construction d’une nouvelle prison à Sébikotane après que celle de Dakar aura été vendue. Mais, le projet est retardé par la clause selon laquelle, l’acquéreur des locaux qui abritent cette prison devra attendre deux ans, le temps que les travaux de Sébilokane finissent, pour disposer de son bien.

Avant de quitter, le ministre a promis de revenir les voir dans leurs cellules. Me Kaba a pris congé des pensionnaires sous des applaudissements nourris des détenus restés dans les cellules. A l’issue de la rencontre, les prisonniers ont décidé de suspendre le mot d’ordre de grève et d’attendre la concrétisation des promesses du ministre. Un vent de paix à Rebeuss.
L'obs


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