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Les rescapés du Bataclan reviennent sur les lieux de la tuerie


Rédigé par DakarFlash.com, le Mercredi 19 Octobre 2016 || 85 Partages

Il y a celui qui s'est figé, celle qui a pleuré, ceux qui ont refait le chemin emprunté pour s'échapper ce soir-là. Des rescapés de la tuerie du Bataclan ont pu retourner dans la salle de concert parisienne, des mois après le 13 novembre.

"J'avais quitté un Bataclan monstre sanguinaire avec des dents qui essayaient de me bouffer", se souvient Caroline Langlade, vice-présidente de l'association de victimes Life for Paris. "Et c'était juste une salle avec des murs où il s'est passé quelques chose de tragique. C'est pas le bâtiment qui est tragique", poursuit, stoïque, celle dont l'association a organisé ces "moments de recueillement, confidentiels et intimes", avec l'autre organisation de victimes, "13 novembre: fraternité et vérité". 

"Une forme de victoire"
Les escaliers qu'elle avait montés pour se réfugier dans les loges étaient dans ses souvenirs en colimaçon et en bois. Sur place, elle s'aperçoit qu'ils sont "comme ils ont toujours été: droits et en béton". "La salle n'était plus comme je l'avais laissée, il me fallait reprendre des dimensions et des espaces. L'issue de secours était à sept mètres, mais dans mes souvenirs ça me paraissait une distance infinie", raconte aussi Maureen, 28 ans, qui avait besoin de "remettre les murs à leur place" et "reprendre possession des lieux": "j'y retourne, ça ne m'est pas imposé, c'est une forme de victoire sur ce qu'on a vécu ce jour-là". 

"Effet apaisant"
Selon une organisatrice, "certains ont été jusqu'à s'allonger dans la fosse, à ramper pour refaire le chemin, se placer là où ils s'étaient cachés". Cette réappropriation de l'espace a un "effet apaisant", constate Florence Deloche-Gaudez de la cellule d'urgence médico-psychologique, présente à chaque visite. Cela "a pu leur faire revivre l'événement, leur faire ressentir les sensations: les bruits, les odeurs, les images, la peur? Certains se sont figés, d'autres allaient et venaient, refaisaient le chemin parcouru". Mais, explique-t-elle, "cette fois, le lieu était sûr", les rescapés "ont pu s'y préparer" et étaient accompagnés par des psychologues. 


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