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Liaison Dakar-Rufisque: Les raisons de l’échec du projet des bateaux taxis


Rédigé par DakarFlash.com, le Vendredi 9 Octobre 2015 || 50 Partages

Liaison Dakar-Rufisque: Les raisons de l’échec du projet des bateaux taxis
Rufisque attend toujours ses bateaux-taxis. Ce projet initié par l’ancien régime, tarde à voir le jour. Plusieurs centaines de millions ont déjà été dépensées sans aucun résultat. Les Rufisquois restent toujours dans les bouchons. Sur le quai de pêche de Rufisque, au milieu des petites embarcations artisanales, se dresse un imposant bâtiment bleu et blanc. Une belle infrastructure reliée à l’océan par un pont solidement ancré dans la mer à l’aide de poteaux en acier. C’est la gare maritime de Rufisque construite au bord de la plage sous le magistère de feu le maire Ndiawar Touré.
Plus de 6 ans après, les Sénégalais s’interrogent encore sur ce projet, qui devait permettre aux usagers de rallier Dakar via l’océan, avec un gain de temps considérable. « Le gouvernement doit concrétiser ce projet pour alléger les souffrances causées aux Rufisquois par les embouteillages entre Rufisque et la capitale », déclare le longiligne Ousmane Samb, trouvé au rond-point Diouti-Ba à côté des taxis «jaune et noir».
Sur les raisons de ce retard, certains indexent un défaut de fabrication du ponton. A quelques mètres de la gare, dans la bâtisse qui sert de lieu de repos aux travailleurs fatigués de la mer, le président du quai de pêche, Pierre Mboup, vêtu d’un sous-vêtement perforé, semble éprouvé par la forte canicule de l’après-midi du mercredi 30 septembre. Il revient sur les maux qui affectent l’infrastructure. Le pont, dit-il, «devait être conçu de sorte que les bateaux qui accostent soient face aux vagues, comme la chaloupe à Gorée. Mais de cette manière (une aile face aux vagues), ils risquent d’être coincés entre la houle et le pont. Ce qui peut les endommager». Un point de vue partagé, à tort ou à raison par bon nombre de pêcheurs trouvés sur la plage. Aujourd’hui, «c’est tout ce qui empêche ce projet novateur de prendre forme», poursuit Déthié Dieng, capitaine de pirogue.
A la direction générale du Conseil sénégalais des chargeurs (Cosec), on confirme la nécessité de réhabiliter le ponton afin que le nouveau bateau «Mame Coumba Lamb» d’un coût de 1,7 milliard et qui a été réceptionné en avril 2015 puisse y accoster. Le Directeur général du Cosec, Abdoulaye Diop, en tenue décontractée, réaffirme toute la «volonté de l’Etat de poursuivre ce projet important pour les populations. Nous avons dégagé une provision de 750 millions Cfa pour le financement des travaux».
En attendant cette reconstruction, l’infrastructure risque de tomber en ruines, du fait de l’oxydation. Déjà, des fenêtres et des portes rouillées, des douilles gâtées et un environnement envahi par les ordures, campent le triste décor de cette gare qui a coûté 896 millions de FCfa au contribuable. Mais cette impasse va bientôt être surmontée, selon le Dg. «Les rotations de Mame Coumba Lamb vont commencer dès que le ponton sera réhabilité», annonce-t-il.
Le directeur technique de la boîte est quant à lui revenu sur les études de faisabilité en cours. D’après Demba Faye, «le bureau d’étude hollandais, Royal haskoning, a été désigné suite à un appel d’offres international, pour réaliser les études préalables à la construction du ponton. Il a déjà effectué l’essentiel du travail. Actuellement, il ne reste plus que la solution technique».
En ce qui concerne les 4 bateaux réceptionnés en 2008 par l’ancien Premier ministre Souleymane Ndéné Ndiaye, «ils ont été réaffectés au transport fluvial car ils ne sont pas adaptés à la ligne maritime Dakar-Rufisque», explique le directeur technique du Cosec. Pourtant, leur réception avait été faite en grande pompe par Me Souleymane Ndéné Ndiaye, alors ministre de l’Economie maritime. Ce dernier s’était même permis de lancer des piques aux détracteurs de leur régime que «les éléphants blancs sont devenus bleus» (la couleur du Parti démocratique sénégalais -Pds). Il révélait par la même occasion le nom des vedettes qui avaient coûté plus d’un milliard : «Ndatté Yalla, Guélowar, Mélax et Maalaw.»
La gare maritime devrait servir au projet des bateaux-taxis, initié par le régime de Me Abdoulaye Wade. Un projet qui à l’époque, avait fait couler beaucoup d’encre. Qualifié d’éléphant blanc par les détracteurs de l’ancien régime, il tarde toujours à prendre son envol, plus de 6 ans après la pose de la première pierre. Les bateaux ne sont toujours pas mis à flot.

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