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MALI : Le capitaine Sanogo devant ses juges


Rédigé par DakarFlash.com, le Mercredi 30 Novembre 2016 || 697 Partages

Un procès très attendu au Mali et dans la sous-région… « C’est ce mercredi, pointe Le Républicain, que s’ouvre la cour d’assises de Bamako en transport à Sikasso. Au total, 18 accusés. Parmi eux, Amadou Haya Sanogo, l’auteur du coup d’Etat du 22 mars 2012, l’ancien ministre de la Défense, Yamoussa Camara et l’ancien chef d’Etat-major général des armées Ibrahima Dahirou Dembélé. Ils comparaissent pour l’affaire de la disparition des 21 bérets rouges. Ils sont accusés d’enlèvement de personnes, assassinats et complicité d’assassinats. »

Rappel succinct des faits : quelques jours après le putsch de Sanogo et de ses bérets verts, « le régiment des commandos parachutistes a tenté un coup de force contre les membres de la junte, explique Le Reporter, autre quotidien malien. C’est à la suite des violents affrontements qui s’en sont suivis que 21 bérets rouges ont été retrouvés ensevelis dans deux charniers situés à Diago », dans la banlieue de Bamako.
 
Ce procès s’ouvre donc après un long combat judiciaire, rappelle Le Républicain. « Cette date du 30 novembre n’a pas été fixée aussi simplement. Elle a été arrachée au bout de beaucoup d’efforts, relève le quotidien bamakois, menés par les proches des victimes regroupés au sein du Collectif des épouses et parents des bérets rouges disparus, des défenseurs des droits de l’homme, et des personnes de bonne volonté qui ont dû batailler sans relâche et dénoncer le manque de volonté de la justice malienne à juger le capitaine Amadou Haya Sanogo et complices. »
 
Un long combat
 
« Mieux vaut tard que jamais », s’exclame Le Pays au Burkina. « Il a aura fallu attendre trois longues années de procédures et de rebondissements, avant de voir l’ouverture de ce procès, pourtant très attendu. Enfin, pourrait-on dire ! Surtout pour les familles des victimes qui commençaient à trouver le temps long. »
Et Le Pays de s’interroger : « qu’est-ce qui a bien pu se passer pour qu’on en arrive à toutes ces atrocités ? […] Amadou Haya Sanogo est-il l’homme cruel et le vampire que d’aucuns décrivent ou bien est-ce de la simple médisance à son encontre ? Les Maliens attendent de savoir, et le monde entier, avec. Car, si tout ce qui a été dit d’horrible à son sujet devait se vérifier, c’est qu’il aura été véritablement l’enfant maudit par lequel tous les malheurs du Mali de ces dernières années sont arrivés. Car, en déstabilisant le pouvoir, il a fragilisé davantage le pays et l’a laissé à la merci des djihadistes. »
 
Et le Burkina ?
 
Pour Aujourd’hui, toujours à Ouaga, « nul doute que Sanogo ne pourra échapper à une dure condamnation. Après des crimes, il faut bien un châtiment. Avec la découverte de cette fosse commune, Sanogo ne pourra ni se dédouaner ni mettre la faute sur des éléments incontrôlés. Et au-delà de ce procès, poursuit Aujourd’hui, le Mali nous donne encore un exemple. Le message est clair : tout partisan du pouvoir kaki le fera à ses risques et périls. Tout comme Moussa Traoré dans la prison de Markala en 1993, Sanogo ira méditer sa forfaiture dans une geôle. 23 ans après ce procès-étalon, l’ex-Soudan français valide encore sa notoriété dans ce domaine. Et le Burkina Faso devrait s’en inspirer, pointe encore Aujourd’hui, car on attend toujours un début de procès du putsch manqué du 16 septembre 2015. Bravo au Mali pour cela ! »
 
Et la Guinée ?
 
Un procès « pour l’exemple », renchérit Ledjely.com en Guinée. En effet, affirme le site guinéen, « il n’y a pas qu’aux potentiels putschistes du continent que le jugement s’adresse. Il y a des raisons de penser qu’il vise davantage les autorités de la Guinée voisine. Parce que dans cet autre pays de l’ouest-africain, on a un autre contentieux qui attend d’être vidé. Il s’agit, précise Ledjely, de l’affaire des massacres du stade du 28 septembre. Là aussi, on était dans une transition que pilotait une junte tout aussi brouillonne. Junte à la tête de laquelle se trouvait également un capitaine aussi imprévisible que l’avait été Sanogo. […] Au stade du 28 septembre, on estime le nombre de victimes à plus de 15 morts et à une centaine de femmes violées. Pourtant, en Guinée, la procédure continue de trainer au point que certains pensent que la CPI devrait s’en charger. Dans un tel contexte, conclut le site conakrien, l’ouverture du procès de Sanogo sonne comme un rappel pour les autorités guinéennes. »

rfi


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