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MODOU LO VOLE AU SECOURS DU 3ÈME TIGRE: «Gris Bordeaux ne mérite pas un tel traitement»


Rédigé par DakarFlash.com, le Mercredi 3 Août 2016 || 599 Partages

MODOU LO VOLE AU SECOURS DU 3ÈME TIGRE: «Gris Bordeaux ne mérite pas un tel traitement»

«Gris Bordeaux ne mérite pas un tel traitement»

En plus d’être un champion, Modou Lô a un grand cœur. Bourreau de Gris Bordeaux dimanche dernier, il a tenu à défendre le troisième tigre de Fass contre ses détracteurs. Selon lui, la défaite et la victoire vont de pair et les supporters fassois doivent le comprendre ainsi et se rappeler les belles soirées que leur lutteur leur offrait. Parlant de ses prochains adversaires, il se dit prêt à affronter Bombardier, Balla Gaye, Lac 2 ou même Ama Baldé.

L’As : Pourquoi ce long sommeil ?

Modou Lô : L’attente a été très longue, mais j’avais trop sommeil. La nuit a été trop longue, je me suis couché vers 7 heures du matin (hier lundi). Mais ça va, je suis d’attaque et prêt à vous répondre (il sourit).

Que représente cette victoire pour vous ?

Je dis Al hamdoulilahi! Chacun voulait la gagne et comme Dieu me l’a donnée, je ne peux que Lui rendre grâce. Je suis très content. J’ai travaillé très dur pour la victoire, malgré les prières et autres. Je pense que cette victoire est méritée.

La préparation a été très longue. Pouvez-vous y revenir un peu ?

Cela s’est bien passé. Je ne suis plus un novice dans ce milieu et je connais donc le chemin. J’ai continué le travail et le résultat est là. Il faut souligner aussi que cette année, la grande nouveauté, c’est qu’on a un nouveau coach Alioune Ndione. Ce dernier est un grand-frère pour nous et il fait partie des meilleurs coachs africains. Il m’a beaucoup apporté et cela m’a rendu très confiant pour la suite.

Justement qu’est-ce qu’il vous apporté sur ce combat ?

Je dirai plus sur la lutte libre, mais aussi sur d’autres domaines. Mais vous savez, la lutte libre est plus difficile que la lutte simple. Il a aussi beaucoup contribué aux contacts et tout. Tout comme le staff technique de Rock Energie (Pape Mbaye et Ibou). C’est un plus d’avoir ce grand coach avec nous.

Avez-vous lutté avec consigne face à Gris ?

Non. Mon staff me prodigue des conseils, mais le plus souvent je fonctionne avec mes idées. Il y avait beaucoup de bruits à propos de ce combat. Et mon adversaire m’avait promis l’enfer au coup de sifflet de l’arbitre. Mais je savais qu’il parlait juste pour amuser la galerie. Lorsqu’on est devant les caméras, on peut dire ce que l’on veut, mais une fois dans l’enceinte, on sera seul. D’ailleurs, j’attendais qu’il tienne parole en m’attaquant au début, mais lorsque l’arbitre a sifflé le coup d’envoi, il est resté. Je l’ai observé aussi, car c’était un grand événement. Donc, il ne fallait pas vendanger le combat. Etre sûr de ses actions.

Pourquoi avoir lutté très bas ?

Il fallait le faire pour le déstabiliser. Et je crois que j’ai réussi, car mon adversaire ne savait pas si j’allais me bagarrer ou prendre ses jambes. Je l’ai gêné. Et comme nous étions très près l’un de l’autre, les coups ne pouvaient pas m’atteindre. Il a lancé des frappes, mais je n’en ai ressenti aucune. Je ne calcule jamais mes adversaires. J’ai fait ce qu’il fallait, c’est tout.

Mais vous avez réussi à le toucher à l’arcade sourcilière.

Oui, je lui ai donné un crochet du gauche qui a fait mouche. Comme je dis, c’est la lutte. J’avais la ferme conviction que si le combat durait jusqu’au lendemain, je le battrais. C’est ma mentalité et ma marque de fabrique. J’ai battu Gris par conviction, mais surtout grâce à mon travail. On a effectué une préparation intense. Le mystique existe, mais le plus important c’est le travail.

Nous avons vu un Modou plus calme, moins provocateurs que d’habitude. Est-ce dû à quoi ?

L’enjeu était de taille, si bien qu’il ne fallait pas faire du n’importe. C’est vrai que j’étais plus bouillant que ça, mais il fallait de la sérénité et beaucoup de concentration pour gagner. Il ne fallait pas créer de boucan. D’ailleurs, c’est moi qui tempérais mes accompagnateurs.

Selon vous, la première chute était valable ou pas ?

Moi, je n’écoute que l’arbitre, comme c’est lui le maître du terrain. Chute ou pas, je n’en savais rien. L’action s’est déroulée de façon rapide. Jusqu’à maintenant, je n’ai pas encore visionné le film du combat. Lorsque cela s’est déroulé, j’ai regardé l’arbitre qui a ordonné qu’on continue. Je me suis exécuté. S’il fallait le faire dix fois, mais je le ferai. Je ne vais jamais gâcher la lutte.

Vous avez réussi à le battre sur la même action.

Oui et on m’avait dit avant le combat que mon adversaire a du mal à défendre dans l’axe. Il peut résister dans les flancs et autres, mais pas dans l’axe. C’est son point faible et je l’ai exploité pour le battre. C’est la raison pour laquelle je faisais du «nodiou» ou du «fakhate» pour le battre.

On parle maintenant de votre revanche contre Bombardier ou Balla Gaye ou même un combat de clarification avec Lac 2. Qu’en dites-vous ?

Je le dis et je le répète, ce ne sont plus les promoteurs qui plébiscitent les affiches. Chacun fait son petit bonhomme de chemin jusqu’à ce qu’il croise un autre. Je ne fais de fixation sur personne. Mes potentiels adversaires sont nombreux. Tout peut arriver dans la lutte. Tout le monde peut affronter tout le monde. Il y a une redistribution des cartes dans l’arène.

Mais Lac 2 est un client très sérieux pour vous…

Je ne défie personne et je crois n’avoir mentionné le nom d’aucun lutteur. Mais si cela doit se faire, ça se fera, c’est tout.

Votre ambition a toujours été le titre de roi des arènes. Etes-vous prêt contre Bombardier ?

Tout lutteur rêve de devenir roi des arènes. Dans tout ce que je fais, je vise le sommet. Je ne fais de fixation sur personne. Si un promoteur m’offre un bon cachet, je vais lutter. Mes potentiels adversaires sont très nombreux, mais je ne cite pas de nom.

Etes-vous prêt à accorder une chance à un jeune comme Ama Baldé?

Lui, il est dans la cour des grands. Je le dis et je le répète, je ne fais de fixation sur personne et je suis prêt à affronter tout le monde.

Et pour Gris Bordeaux…

Oui ça se peut. Je prie pour qu’il revienne dans la course.

Donc, il ne fait plus partie de la course…

Si. Mais lorsqu’on perd, on recule d’un cran. Il fait partie toujours de la course et je n’exclus personne.

Vous aviez encouragé Yekini après sa défaite. Est-ce qu’il vous a appelé pour vous féliciter ?

Oui. Il fait partie des personnes qui m’ont envoyé des messages de félicitation. Je prie pour lui et je l’encourage. Yekini est mon idole et cela date de longtemps. Il a marqué à jamais la lutte en restant invincible pendant 15 ans. Ce qu’il a fait, personne ne l’a encore fait.

Est-ce qu’il t’a conseillé lors de ce combat ?

On se capte souvent au téléphone (texto et tout). C’est mon grand et on discute de tout et de rien.

Qu’est-ce qu’il vous a dit ?

C’est privé. Et je ne vais pas dévoiler nos discussions sur la place publique, mais il m’a donné des conseils et je le remercie du fond du cœur. Tout comme les lutteurs des Parcelles assainies. Nous sommes un et indivisibles. J’ai cheminé avec Zoss, Garga et Cie.

Quel commentaire faites-vous de la neutralité de Papa Sow ?

Peut-être que c’est cela qui l’arrange. Il y a des choses qu’on ignore. Il a peut-être des problèmes avec son écurie, je n’en sais rien, mais ce n’est que du sport. Malgré la tension, la rivalité et autre, le sport n’est qu’un jeu. Il faut donc savoir raison garder, car tout va passer.

Etes-vous prêt accueillir Papa Sow s’il venait à quitter Fass ?

Rock Energie ne m’appartient pas. Je suis un lutteur parmi tant d’autres. Lorsqu’on créait l’écurie, on a fait du porte-à-porte chez tous les lutteurs natifs des Parcelles Assainies. La lutte ne me lie pas à Papa Sow. On avait une relation amicale très forte avant la lutte. On se fréquentait parfois chez lui ou chez moi. Donc, tout est rentré dans l’ordre.

Avez-vous appelé Gris Bordeaux pour l’encourager ?

Non, mais je vais le faire. Car, la défaite et la victoire vont de pair. Que les fans sachent que ce n’est que du sport. Pendant longtemps, Gris leur a procuré du plaisir. Personne n’est invincible. Il faut que les supporters sachent raison garder et se rappeler les bons moments qu’il leur avait donnés au lieu de le critiquer. Il ne mérite pas un tel traitement.

Comment a vécu votre femme, le combat à distance ?

Très difficile. Cela été très dur pour elle. Et je tiens à m’excuser auprès d’elle. Car, il m’arrivait de ne pas l’appeler parce que la préparation était très difficile. Mais elle savait dans quoi elle s’embarquait. J’irais bientôt aux Etats-Unis pour la voir.

Parlez-nous un peu de votre marque (XLO)

C’est un projet que je veux lancer au Sénégal et partout dans le monde. On a juste dévoilé quelques échantillons, mais on veut créer des vêtements, des chaussures et tout. La marque m’appartient.

Votre plat préféré ?

Arrêter de me taquiner, vous le savez mieux que moi, c’est le mafé (avant de se tordre de rires).

Mansour SAMB (L’AS)


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