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Mansour Aw, promoteur du combat B52 / Balboa : «L'événement ne sera plus organisé en Suisse, mais en France»


Rédigé par DakarFlash.com, le Mercredi 4 Novembre 2015 || 35 Partages

Mansour Aw, promoteur du combat B52 / Balboa : «L'événement ne sera plus organisé en Suisse, mais en France»
Mansour Aw, c'est le nouveau promoteur qui s'est incrusté dans la lutte sénégalaise, au moment où les caciques Gaston Mbengue ou Aziz Ndiaye réitèrent leurs envies de la quitter. L'homme, pourtant inconnu du bataillon, a frappé un grand coup, en décrochant, pour 230 millions FCfa, le combat Bombardier-Rocky Balboa pour mériter l'attention.  

Le monde de la lutte ne vous a pas vu venir. Il a fallu que vous frappiez fort, en montant l’affiche Bombardier-Rocky Balboa pour attirer l’attention. Qui êtes-vous et quelles sont vos ambitions pour la lutte sénégalaise ?

Je suis un maître-tailleur sénégalais. Je suis établi au Sénégal, mais je voyage beaucoup, dans le cadre des affaires. A travers un mouvement, nous nous sommes lancés dans la lutte pour aider les jeunes de ce pays. Nous ne sommes pas venus pour gagner de l’argent. Comme tous les Sénégalais, la lutte est notre passion. Nous avons tenu à organiser le combat Bombardier-Rocky Balboa, parce que c’est une affiche dans l’air depuis quelques années. Rocky Balboa, qui vit en Suisse, n’arrête pas de défier le roi des arènes. Bombardier aussi a eu l’esprit sportif de lui tendre la perche. Ce n’était pas facile de ficeler cette affiche, les cachets sont gros. Mais Dieu merci, nous avons pu la concrétiser.

Il se dit que vous avez mis beaucoup d’argent sur la table. On parle de 150 millions FCfa pour Bombardier et 80 millions FCfa pour Balboa. Par quel montage avez-vous pu mettre autant d’argent dans ce combat ?

Nous avons des partenaires qui ne sont pas au Sénégal. Ce sont des gens vraiment riches. Le plus important, c’est qu’ils nous font confiance et ont accepté de mettre beaucoup d’argent pour organiser notre événement. En général, c’est l’argent qui est le facteur bloquant dans l’organisation des grands événements de lutte. Mais heureusement, nous avons des partenaires qui n’ont pas de problème d’argent. Personnellement, je travaille depuis 21 ans. Je ne dirai pas que j’ai beaucoup d’argent, mais Dieu merci, je ne me plains pas. Notre association a plus de 10 000 membres. Si nous voulons ensemble organiser un événement de cette dimension, ça ne sera pas difficile. Je confirme les cachets. Mais que personne ne doute de nous. Nous avons les moyens de financer cet événement. Nous avons derrière nous des partenaires très puissants. Si les Sénégalais nous aident, nous allons faire d’excellentes choses.

Est-ce que Rocky Balboa a joué un rôle pour l’organisation de ce combat en Suisse où il vit ?

Rocky Balboa est quelqu’un qui peut beaucoup apporter à la lutte sénégalaise. Il faut le côtoyer pour s’en rendre compte. Il a personnellement la possibilité et l’ambition d’aider les lutteurs sénégalais. C’est ce que nous voulons exploiter. En plus, opposer Rocky Balboa à Bombardier va permettre d’avoir d’autres combinaisons. Tous les ténors voulaient se frotter à Bombardier pour sa couronne. Maintenant qu’il est sous contrat, on peut trouver beaucoup de combinaisons entre les ténors. Nos partenaires nous ont demandé de contacter les ténors de l’arène. Nous allons ficeler d’autres affiches. Ce sera un grand événement qui va dépasser nos frontières. C’est l’intégration africaine qui sera mise en avant. Beaucoup de pays du continent, intéressés par cet événement, nous ont contactés. Dans la semaine, nous allons discuter avec Yékini. C’est quelqu’un qu’on respecte beaucoup. Pour cet événement, nous allons ficeler trois grands combats et trois petits combats. Il y aura également un combat qui opposera des lutteurs suisses qui vont présenter leur style. Nous travaillons sur tout ça. Yékini, Balla Gaye 2, Modou Lô et Gris Bordeaux sont tous dans nos plans. Mais nos partenaires ont beaucoup insisté sur Yékini. Cela dit, c’est Yékini qui sera donc servi en premier.

Pourquoi le choix d’organiser ce gala de lutte en Suisse et pas au Sénégal. Est-ce que ce choix est aussi guidé par vos partenaires ?

A travers cet événement, nous voulons faire passer des messages très importants. Et Rocky Balboa qui vit en Suisse peut nous servir. D’ailleurs, l’événement ne sera plus organisé en Suisse, mais en France. Nous aurons la confirmation entre le 5 et le 6 novembre prochain. La France est plus accessible pour les Sénégalais de la diaspora et nos partenaires veulent également que ce soit en France. Le thème de l’événement va porter sur le «Sénégal Emergent». Ça n’a rien de politique. Nous voulons juste inciter tout Sénégalais qui travaille à porter le combat de l’Emergence qui ne doit pas être l’affaire exclusive du président de la République.

Comment tout cela est arrivé, alors que vous n’avez pas beaucoup d’expérience dans le métier de promoteur de lutte?

Ce n’est pas la première fois. L’année dernière, nous avons organisé un gala de lutte simple doté du drapeau de la Première Dame. Il y avait 135 lutteurs. D’ailleurs, c’est la  réussite de ce gala qui nous a ouvert les portes et permis de susciter l’intérêt de nos partenaires. Nous sommes parvenus à les convaincre que la lutte est rentable et que c’est le sport le plus populaire au Sénégal. Ce sont ces gens très puissants qui sont derrière nous. Le mouvement que je préside a également mis ses propres moyens.

Sous quel label organisez-vous cet événement ? Avez-vous une licence du Cng ?

J’ai effectivement une licence du Cng. D’ailleurs, j’y ai été convoqué mercredi pour la renouveler. Il n’y a aucun problème à ce niveau. On va essayer de respecter les règles du Cng et le contrat qui nous lie aux lutteurs, pour réussir l’événement. Je ne suis pas un chasseur de primes qui vient gagner de l’argent et partir. Il y a des gens qui sont tellement puissants qui peuvent aider notre jeunesse plus que l’Etat. C’est pourquoi je m’investis, mais pas pour gagner de l’argent.

Qu’est-ce que le mouvement républicain et des tailleurs et stylistes professionnels du Sénégal et de la diaspora a à gagner dans cette affaire ?

Nous sommes des travailleurs, propriétaires d’entreprise, sans aide de l’Etat. Nous avons fédéré nos forces pour créer ce mouvement. Nous sommes en train de réfléchir à comment organiser, en marge de l’événement, un défilé de mode, pour vendre le produit Sénégal et présenter la mode africaine.

 

Après cet événement, allez-vous continuer à investir dans la lutte sénégalaise ?

Nous avons voulu commencer par la lutte, parce que c’est un milieu où nous pouvons lancer beaucoup de messages. Je suis un tailleur. Je n’ai pas fait d’études. Si aujourd’hui, j’ai la possibilité de collaborer avec des chefs d’Etat, c’est parce que j’ai bossé dur. J’ai appris le métier de tailleur auprès de mon maître, Fallou Diaw. Après, j’ai fait l’aventure au Mali. C’est là-bas que j’ai eu des ouvertures pour travailler avec des Présidents. J’ai travaillé avec Amadou Toumani Touré du Mali, Goodluck Jonathan (Nigeria), Hélène Johnson Sirleaf (Libéria)… C’est grâce à mes relations avec ces autorités que j’ai la possibilité de faire venir des partenaires. Après l’aventure, quand je suis rentré au Sénégal, j’ai travaillé avec la femme de Mamoune Cissé du Psd/Jant Bi. Mamoune Cissé, c’est quelqu’un que je respecte beaucoup. Si je suis arrivé aujourd’hui à ce niveau, c’est grâce à des gens comme lui. Aujourd’hui j’ai une entreprise qui emploie plus de 40 personnes et je forme des jeunes gratuitement. Je veux montrer à la jeunesse qu’on peut servir ce pays dans tous les domaines. Nous avons prévu de rendre hommage à des gens qui ont fait la fierté de ce pays. Quelqu’un comme le footballeur El Hadji Diouf sera honoré, parmi tant d’autres. A travers des gestes comme ça, nous voulons encourager les jeunes à se mettre au service de leur pays.


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