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Mauricio Macri élu président de l'Argentine


Rédigé par DakarFlash.com, le Lundi 23 Novembre 2015 || 5 Partages

Mauricio Macri élu président de l'Argentine

Le libéral Mauricio Macri a été élu dimanche président de l'Argentine lors du second tour de l'élection présidentielle, un scrutin marquant la fin de l'ère Kirchner et un virage à droite pour la 3e économie d'Amérique latine. Au moins quatre sondages réalisés à la sortie des urnes par des chaînes de télévision donnent la victoire au maire de Buenos Aires. Les premiers résultats officiels sont attendus à partir de 19h30 (23h30 HB).

Mauricio Macri, 56 ans, a battu celui qui était le favori du scrutin avant le 1er tour de l'élection, Daniel Scioli, candidat de la coalition gouvernementale au pouvoir. La présidente de gauche Cristina Kirchner, à la tête du pays depuis 2007 après avoir succédé à son mari, ne pouvait briguer un 3e mandat consécutif, selon la constitution.

Aussitôt après l'annonce des premiers résultats, les partisans du maire de Buenos Aires, réunis au quartier général de la coalition Cambiemos (Changeons, ndlr) de M. Macri, ont exulté et commencé à célébrer la victoire. Un quart d'heure après la fermeture des bureaux de vote, quatre personnalités centrales de Cambiemos, dont le futur chef du gouvernement Marcos Pena, sont montés sur la scène du QG de campagne pour remercier les électeurs et dire leur bonheur.

Les militants du Front pour la victoire (FPV, gauche) de Daniel Scioli et Cristina Kirchner, rassemblés devant le palais présidentiel à Buenos Aires, faisaient eux triste mine. Outsideur de cette élection, Mauricio Macri a bâti une coalition victorieuse autour du parti de droite qu'il a fondé, le PRO, en associant notamment les radicaux de l'UCR (centre-gauche), un parti historique en perte de vitesse qui a donné à Cambiemos une dimension nationale.

"C'est une journée historique qui va changer notre vie", avait-il déclaré dimanche matin, avant de voter dans une école de la capitale. Cet ancien président du club de football de Boca Juniors, le plus prestigieux d'Argentine, promet une rupture avec la politique économique protectionniste menée par les gouvernements de Nestor (2003-2007) et Cristina Kirchner, depuis 2007. Le nouveau président, qui prendra ses fonctions le 10 décembre, aura pour principale mission de redresser l'économie, au bord de la récession, après dix ans de forte croissance.

Le contrôle de l'accès aux devises étrangères, la limitation des importations, les barrières douanières, la surévaluation du peso argentin ou le conflit sur la dette avec des "fonds vautours", ont particulièrement compliqué le commerce avec la 3e économie d'Amérique latine. "Je suis là pour vous écouter. Ne nous disputons plus", a lancé Mauricio Macri dans son dernier discours de campagne, alors qu'il hérite d'une Argentine divisée entre pro-Kirchner et anti-Kirchner.

M. Macri est le fils d'un puissant homme d'affaires italien qui a fait fortune en Argentine. Né dans la ville de Tandil, à 400 km de Buenos Aires, il a grandi dans la capitale. Après des études dans un des établissements les plus huppés de la ville, il a suivi des études d'ingénieur avant de diriger des entreprises du Groupe Macri, créé par son père. Daniel Scioli, 58 ans, soutenu par la coalition de gauche de la présidente Cristina Kirchner, se présentait comme le défenseur des plus démunis, des aides sociales accordées par l'administration Kirchner, et s'érigeait en rempart "contre le capitalisme sauvage" incarné selon lui par Mauricio Macri.

En fin de campagne, M. Scioli avait durci le ton contre M. Macri, le traitant de "prétentieux" des beaux quartiers de Buenos Aires et l'accusant de vouloir imposer une politique néo-libérale, comme celle des années 1990 qui a conduit le pays à la crise économique de 2001/2002. Une campagne négative restée sans effet. Daniel Scioli a souffert, selon les experts, de la volonté d'alternance des Argentins et du rejet de la présidente sortante.

Mauricio Macri avait causé la surprise le 25 octobre lors du 1er tour. Alors que son parti se satisfaisait de 7 points de retard sur Daniel Scioli, il a obtenu 34% contre 37% pour le candidat du pouvoir. Mais sans majorité à la chambre des députés, ni au Sénat, Mauricio Macri devra tisser des alliances pour gouverner l'Argentine.


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