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Merci à l'école publique (par MBaye AW)


Rédigé par DakarFlash.com, le Jeudi 9 Juin 2016 || 39 Partages

Merci à l'école publique (par MBaye AW)
Je suis fils d'enseignant, toute ma scolarité a été effectuée dans le public. De l'école primaire à l'université, en passant par le collège et le lycée, j'ai pu bénéficier d'un encadrement et d'une formation de qualité sanctionnée par un doctorat d'Etat. Je suis reconnaissant envers le système éducatif sénégalais. Avec force,  je partage ma gratitude à l'endroit de ces femmes et de ces hommes de valeur. Passionnément, avec un sens de l'engagement admirable ils ont donné un sens à cette magnifique phrase de Albert Einstein selon laquelle "chaque homme a le devoir de rendre au monde au moins autant qu'il en a reçu". Chers maître, vous nous avez beaucoup donné, vous nous avez tout donné ! J’emprunte la langue et la bouche de chaque femme et de chaque homme de ma génération pour vous dire MERCI. Et soudain, je me surprends en train d'implorer le Tout Puissant de préserver toute ma descendance de "l'enfer" du système scolaire public. Ce même système public qui m'a fait et m'a tout donné. Que s'est il passé? Comment a-t-on fait pour brûler aussi brutalement, aussi froidement un tissu éducatif qui, jadis, faisait la fierté de tout un continent ? Je suis meurtri d’être spectateur impuissant devant le sacrifice programmé de toute une génération de jeunes sénégalais (nos fils et nos jeunes frères). Dans un pays pauvre comme le nôtre, ou tout est défi, tout est priorité, tout est urgence, comment pouvons nous avoir l'outrecuidance de jouer si outrageusement avec l'éducation de nos enfants, avec l'avenir ? De grève en grève, année après année, ne soyons pas surpris de voir demain une foultitude d’incompétents occuper de grandes responsabilités. Aucun secteur ne sera épargné : les tribunaux, les hôpitaux, les écoles, l'administration. Quelle horreur! Dans un monde de compétition ou les limites sont sans cesse repoussées, les tournants brusques, l'équilibre précaire, chaque nation a besoin de ses fils armés de connaissances et de compétences. En sommes nous suffisamment conscients? 
J'accuse l'Etat qui a le devoir impérieux d'assurer l’accès à une éducation de qualité à tous ses fils. Nous pouvons avoir des politiciens partout, parfois même médiocres, mais le danger est grand de tout vouloir politiser. Un Etat responsable doit savoir reconnaître les priorités du moment et les priorités de demain. 
J'accuse les enseignants de par leur incapacité à s'élever et entendre le Pape Jean-Paul II qui disait : "l'éducation est plus qu'un métier c'est une mission qui consiste à aider chaque personne à reconnaître ce qu'elle a d'irremplaçable et d'unique, afin qu'elle grandisse et s'épanouisse". 
J'accuse le peuple qui fait semblant de ne rien voir.

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