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Moubarack Lo s’explique sur les raisons de son retour aux affaires : «J’ai mis en veilleuse mes positions politiques»


Rédigé par DakarFlash.com, le Vendredi 8 Janvier 2016 || 57 Partages

Moubarack Lo s’explique sur les raisons de son retour aux affaires : «J’ai mis en veilleuse mes positions politiques»

Son téléphone sonne une, deux, trois fois : au bout, une voix calme. L’homme a l’air dubitatif. «Pour l’instant, je préfère ne pas m’exprimer. Dès que possible, je vous rappellerai». Rendez-vous est pris avec l’ancien Directeur de cabinet adjoint du président de la République, Macky Sall. Quelques minutes après, le téléphone tonne, au bout du fil, l’économiste Moubarack Lô est coopératif. «Rappelez moi, pas de problème», dit-il. Un des artisans du programme «Yoonu yokuté», sur la base duquel Macky Sall a été élu, il a accompagné l’actuel chef de l’Etat durant ses premières années de magistère, avant de jeter l’éponge pour rejoindre l’opposition avec Idrissa Seck. Il  revient dans cet entretien express sur les raisons de son retour aux Affaires. Pour Moubarack Lô, désormais  Conseiller spécial du Premier ministre Mouhamad Dionne, servir l’Etat prime sur tout et plus particulièrement, si la Nation est en «guerre» contre le sous-développement. Son revirement à 360° s’explique par son rôle de serviteur de l’Etat.

Il y a près de deux ans, vous aviez démissionné de votre poste de ministre conseiller ; entre temps, vous êtes entré dans l’opposition, avec des déclarations fracassantes. Qu’est-ce qui explique votre retour aux affaires aujourd’hui ?
J’ai fait l’Ecole d’administration (actuelle Ena) où la formation, c’est pour servir l’Etat. Quand j’ai terminé ma formation, j’ai intégré le cabinet du ministère des Finances  de l’époque, Famara Ibrahima Sagna et nous avons accompagné l’Etat dans les années 93 et 94 lors de la dévaluation. Je suis par la suite allé dans le cabinet du Premier ministre, où j’ai passé 7 ans. Donc, je suis un serviteur de l’Etat. Et si aujourd’hui l’Etat me dit de venir servir, je réagis comme un militaire. En tant que serviteur de l’Etat, la République peut me réquisitionner et on n’a pas besoin d’explications pour cela. Maintenant, si c’est pour une cause juste, j’ai le devoir d’accepter de servir l’Etat. C’est pour servir l’Etat que j’ai répondu. Et l’Etat a le droit de me réquisitionner, puisqu’on est en guerre contre le sous-développement et qu’on doit le combattre sans état d’âme.  Je voudrais remercier le Premier ministre pour la confiance qu’il m’a accordée, en me demandant de venir servir l’Etat à ses côtés.
Après votre sortie du gouvernement, vous avez eu à tirer à boulets rouges sur Macky Sall et son régime. Vous ne craignez pas d’être discrédité ?
Il y a l’aspect serviteur de l’Etat et l’aspect politique. Maintenant, je ne suis pas dans un parti politique et j’ai le droit de servir l’Etat. Cependant, en cas de guerre, si on me demande de répondre à l’appel en tant que fonctionnaire de l’Etat, je suis obligé de répondre. Aujourd’hui, je peux avoir diverses facettes, mais c’est le serviteur de l’Etat qui prédomine. Par contre, l’aspect politique, c’est autre chose.
Donc, vous avez mis votre casquette politique de côté ?
Ça on verra plus tard. Aujourd’hui, je privilégie le service de l’Etat. Je considère que quand on est en guerre, on doit mettre en avant l’intérêt de l’Etat, qui est de lutter contre le sous-développement et d’accélérer l’émergence du Sénégal.
Quel sera votre rôle ?
Normalement, ce sera un rôle d’analyse économique et c’est ce que je fais depuis 20 ans à divers titres. L’essentiel c’est que je puisse le faire avec toute la rigueur qu’il faut.
Vous avez créé avec Idrissa Seck et d’autres membres de l’opposition, la coalition «Alternative 2017» pour combattre Macky Sall. Aujourd’hui, quelle suite allez-vous donner à cette alliance ?
L’Etat nous appartient à tous. Il n’appartient à personne, c’est pour tous les Sénégalais et moi je sers l’Etat du Sénégal. J’ai choisi de le faire et les deux casquettes (serviteur de l’Etat et homme politique) ne peuvent pas fonctionner ensemble. C’est pourquoi je suis obligé de mettre en veilleuse mes positions politiques et de redevenir un technicien. Car j’ai toujours considéré que servir l’Etat, c’est pérenne et ça prime sur tout. Donc, quand on choisit de servir l’Etat on le fait, mais on ne peut pas le mêler avec autre chose.
Aujourd’hui, quelle lecture avez-vous de l’économie sénégalaise ?
Certes, il y a une évolution, mais on n’a pas encore atteint la vitesse de croisière. Et il y a encore beaucoup de difficultés devant nous pour atteindre l’émergence. Et aujourd’hui, la seule chose qui vaille, c’est de se dire la vérité et d’attaquer les réformes pour atteindre les objectifs. Puisqu’on peut toujours dire : «nous sommes sur la bonne voie», mais on n’y arrivera pas.

Vous êtes d’accord avec le taux de croissance annoncé par le chef de l’Etat ?
Ceux qui connaissent les statistiques savent qu’il est plus facile de rebondir après une année difficile quand vous êtes déjà à un niveau élevé. Dans le domaine agricole, des chiffres ont été annoncés et ils ne proviennent pas de l’Ansd. On devait travailler à sécuriser les chiffres de toutes les productions pour avoir des données fiables. Cependant, le président de la République s’appuie sur le ministère des Finances, qui s’appuie sur la Direction de la Prévision, ainsi de suite. Si on veut fiabiliser toute cette chaîne, c’est à la base qu’il faut agir. Mais ce n’est pas quelque chose d’exceptionnel de passer de 4,7 à 6,4% du Pib. Donc premièrement, c’est possible que la croissance puisse augmenter fortement d’une année à une autre. Deuxièmement, c’est possible quand on sort du mois de décembre, que la prévision puisse augmenter de plus d’un point. Et troisièmement, il faut vérifier la rigueur sur laquelle cette prévision a été faite pour pouvoir la confirmer.

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