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Mously Diakhaté : « Avec ou sans Lamine Diack, Wade allait perdre le pouvoir en 2012 »


Député et membre de la coalition « Bennoo Bokk Yaakaar », Mously Diakhaté déplore le fait que les acteurs politiques aient rangé, au second plan, les réalisations du chef de l’Etat dont le complexe multifonctionnelle installé à Tivaouane au profit de l’affaire Lamine Diack. La présidente du mouvement A3J soutient qu’avec ou sans l’appui de M. Diack, l’ex-président Wade allait perdre le pouvoir en 2012.

Rédigé par DakarFlash.com, le Mardi 22 Décembre 2015 || 97 Partages

 
Les aveux de Lamine Diack devant la justice française, notamment sur le financement de l’opposition en 2012, ont suscité un tollé au Sénégal. Quelle appréciation en faites-vous ? 

Au Sénégal, le financement des partis n’est pas encore autorisé. Pour permettre aux partis politiques d’être financés, il faut d’abord identifier les différentes formations politiques. Il ne s’agit pas seulement d’avoir un récépissé pour être un parti politique. J’avais interpelé le ministre de l’Intérieur lors de mon premier mandat de député. Dans la loi, il est interdit aux partis politiques de recevoir un financement extérieur. Le parti politique ne doit pas accepter qu’un étranger finance sa campagne. C’est ce qui est écrit. Cette Loi ne vise pas Lamine Diack qui est un Sénégalais. 
Lamine Diack était vu comme un homme crédible au Sénégal jusqu’à ce que cette affaire éclate. Il était un Sénégalais crédible. Personne ne doutait de sa crédibilité. Je ne vois pas pourquoi un candidat aurait refusé de prendre son soutien. Il était présenté comme un modèle de droiture, un homme crédible. Il n’est pas dit qu’un Sénégalais qui soutient un leader de parti politique ou un candidat à une élection doit justifier l’origine de cet argent. S’il soutient un candidat, ce dernier a le droit de prendre cet appui, parce que c’est un Sénégalais. Personne n’avait aucun indice qui met en cause la crédibilité de Lamine Diack. Il était respecté. Avant l’éclatement de cette affaire, tous les Sénégalais pensaient que Lamine Diack était un homme crédible. Cette crédibilité lui donnait la possibilité d’aider un Sénégal engagé à une élection dans le pays. C’est pourquoi, j’estime que le débat autour des fonds que Lamine Diack aurait donné à des partis politiques n’a pas sa raison.

Pourquoi ? 

Le débat public ne devait pas être orienté vers cette affaire. Ce qui devait faire l’actualité est l’importante infrastructure que le président de la République à mise à la disposition de la cité religieuse de Tivaouane. En moins de 11 mois, le président a construit une salle multifonctionnelle à Tivaouane. Tous les regards devaient se tourner vers cette grande réalisation. Le président se bat pour développer le pays en s’engageant dans la construction d’infrastructures de désenclavement pour aider les populations. Il est en train de refaire le tour du Sénégal avec des infrastructures pour satisfaire les doléances qu’il avait répertoriées lors de la tournée nationale qu’il avait effectuée avant son élection en 2012. 16 800 unités agricoles ont été données aux paysans. Les prix des denrées de première nécessité ont baissé. Le coût du loyer a chuté. Ce sont là autant de réalisations qui méritent d’être mises en exergue. Le président inscrit le travail au cœur de sa politique. Il exprime cela à travers ses faits et gestes. Macky Sall dit clairement ce qu’il pense pour le développement du pays. Le fait que les gens laissent de côté ces avancées significatives en insistant sur l’affaire Lamine Diack me dérange. Que Lamine Diack ait aidé des partis politiques ne me dérange pas. Il avait le droit de le faire. 

Est-ce que les gens doivent identifier l’origine de tout fond reçu par un homme politique ? 

La simple réponse à cette question peut clore ce débat inutile.

Que pensez-vous de l’arrestation d’Oumar Sarr après sa virulente sortie contre le régime ?

Je ne suis pas pour l’emprisonnement des journalistes ou des leaders de l’opposition qui ont parlé de cette affaire. Le dossier Lamine Diack est entre les mains de la justice. Qu’on laisse la justice faire son travail. Lamine Diack a bien dit qu’il ne connaissait pas Macky Sall. Il n’a approché le président Sall qu’après sa victoire à l’élection présidentielle de 2012. Des Sénégalais vivant dans le pays ont apporté leur contribution dans la campagne de Macky Sall et celle des autres leaders de près ou de loin. Le citoyen lambda qui achète un tee-shirt à 1 000 Fcfa pour accueillir un candidat a donné sa contribution. Cela doit pousser les citoyens à comprendre que l’affaire Lamine Diack ne concerne pas Macky Sall. Elle oppose Lamine Diack aux Russes. Personne ne doit profiter de ça pour ternir l’image du pays.

Pensez-vous réellement que la main de Lamine Diack a été décisive lors de la lutte de l’opposition contre le régime de Wade ?

Lamine Diack n’a comploté contre personne. Il a trouvé des citoyens engagés qui ont dit non à un troisième mandat, non à une succession monarchique à la tête du pays. L’opposition a mené le combat en 2012. Peut-être, Lamine Diack a apporté son soutien sans que les autres forces de l’opposition ne soient au courant. Lamine Diack ne faisait pas partie des principaux leaders qui ont mené le combat contre Abdoulaye Wade. Lamine Diack voulait même être candidat à la présidentielle de 2012. Nous étions partis voir des personnes à Yarakh lors des préparatifs des élections, mais celles-ci nous avait dit qu’elles soutenaient Lamine Diack. Je ne sais pas pourquoi il n’est pas allé jusqu’au bout en briguant les suffrages des Sénégalais. C’est le pays lui-même qui avait affiché sa détermination à se débarrasser de Wade. Avec ou sans Lamine Diack, Wade allait perdre le pouvoir.

Que doit être l’attitude de l’opposition et de la Mouvance présidentielle ? 

Les gens doivent garder la sérénité. Nous n’avons rien à nous reproché. L’opposition s’est battue pour gagner la présidentielle. Mon mouvement avait soutenu la candidature du président Sall. Nous avions dégagé des moyens pour battre campagne. D’autres leaders ont fait de même. Il faut de la sérénité. Le président a démarré des chantiers. Le pays a besoin de sérénité pour la réalisation de ces chantiers. Le pays a besoin de paix. Que le camp présidentiel œuvre pour la paix devant toutes les épreuves qui se présentent dans le pays, parce que le président doit terminer ses chantiers pour avoir un second mandat.

Vous parlez de sérénité, alors qu’à l’Assemblée nationale des invectives entre députés sont signalées…

C’est dommage que certains ne retiennent que les choses négatives qui se passent à l’Assemblée. Pourtant, nous avons des députés intègres qui font correctement leur travail sans insulter personne. Je rappelle que les problèmes ont commencé avec la crise au sein du groupe parlementaire de l’opposition. 
Il y avait des complots contre Modou Diagne Fada. Quand on complote, on perd souvent la raison. C’est pourquoi, les libéraux doivent porter leur propre combat. En 2007, Modou Diagne Fada est parti aux élections avec la liste war-wi. Il avait obtenu 3 députés. Quand Fada a rejoint le gouvernement, les députés de sa liste avaient rejoint le Pds. Ces députés devaient être exclus de l’Assemblée nationale, mais le Pds avait fermé les yeux. Pendant la même législature, Mbaye Ndiaye et Moustapha Cissé Lô ont été exclus parce qu’ils avaient participé à une réunion de l’Apr. Ce sont ceux qui étaient au cœur de ces manipulations qui s’illustrent dans la violence et le sabotage à l’Assemblée, mais les Sénégalais ont tout compris. Personne ne peut les manipuler. En ce qui concerne les insultes et les invectives, je dois avouer qu’elles n’honorent pas notre pays. Des rivalités au sein des parlements sont notées dans toutes les grandes démocraties, mais l’insulte n’est pas conforme à notre tradition. Mais quand on analyse bien ce qui se passe avec le groupe parlementaire de l’opposition, on se rend compte que notre démocratie manque de maturité pour avoir un régime parlementaire.

Pourquoi pensez-vous que la démocratie sénégalaise n’est pas prête pour inaugurer un régime parlementaire ?

Si l’opposition était majoritaire, elle ferait tomber le régime du président Sall depuis longtemps. Elle ne mettrait jamais en avant les intérêts des populations, mais ses propres intérêts. Notre démocratie n’a pas encore le niveau qui lui permet d’avoir un régime parlementaire. Un président élu a besoin d’une majorité à l’Assemblée nationale pour diriger le pays. Il y va de la stabilité du pays. Heureusement, les Sénégalais sont suffisamment avertis. Ils prennent la précaution de donner la majorité au président élu. 

Le Soleil

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